Kamel Diguer prédit une année 2022 équilibrée pour l’Algérie

L’expert international en finance Kamel Diguer a dressé un bilan optimiste pour l’économie algérienne en 2022, qualifiant cette année de « période équilibrée » malgré les défis persistants. Selon L’Algérie Aujourd’hui, ses analyses, présentées récemment, mettent en lumière une stabilisation des indicateurs macroéconomiques, soutenue par une reprise progressive des secteurs clés et une gestion prudente des finances publiques.

Une reprise sectorielle en marche

Parallèlement, le secteur non pétrolier montre des signes de relance. Les industries locales, notamment l’agroalimentaire et la pharmacie, enregistrent une croissance modérée grâce à des politiques de substitution aux importations. Le gouvernement a d’ailleurs maintenu des mesures incitatives, comme les crédits à taux préférentiels pour les PME, pour stimuler la production nationale. Diguer note cependant que cette dynamique reste fragile, dépendante d’une amélioration durable de la demande intérieure et d’un environnement réglementaire plus stable.

Une gestion budgétaire sous contrôle

Le système bancaire algérien joue un rôle central dans ce rééquilibrage. Les banques publiques, comme la Banque Extérieure d’Algérie (BEA) et la Banque Nationale d’Algérie (BNA), ont accru leur soutien aux entreprises via des lignes de crédit ciblées. Les prêts à l’investissement, notamment dans les secteurs prioritaires comme les énergies renouvelables et les infrastructures, ont connu une hausse de 15 % en 2021. Diguer insiste sur la nécessité de renforcer la transparence dans l’octroi de ces financements pour éviter les dérives et garantir leur efficacité.

Les défis structurels persistent

Un autre point de vigilance concerne la dette publique. Bien que maîtrisée à court terme, elle pourrait devenir un fardeau si les recettes pétrolières venaient à chuter. Diguer recommande une diversification accélérée de l’économie, notamment via le développement des énergies vertes et du numérique. « L’Algérie dispose d’un potentiel énorme dans ces secteurs, mais il faut des incitations fiscales et un cadre juridique attractif pour attirer les capitaux », souligne-t-il.

Le rôle des banques dans la transition économique

La Banque d’Algérie a déjà engagé des réformes, comme l’assouplissement des conditions d’accès au crédit pour les start-up. Cependant, Diguer estime que ces mesures restent insuffisantes. Il propose la création d’un fonds souverain dédié aux projets innovants, financé par une partie des recettes pétrolières. « Cela permettrait de canaliser les ressources vers des secteurs à haute valeur ajoutée, tout en réduisant la dépendance aux hydrocarbures », suggère-t-il.

Un équilibre fragile à consolider

Kamel Diguer appelle à une approche pragmatique, combinant prudence budgétaire et réformes audacieuses. « L’Algérie a les moyens de réussir sa transition économique, mais cela nécessite une vision claire et une exécution rigoureuse », conclut-il. Les prochains mois seront déterminants pour vérifier si les annonces se traduisent par des résultats tangibles, notamment en matière de création d’emplois et de diversification économique.

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