Inclusion des jeunes entrepreneurs dans la préinscription universitair

L’École supérieure des sciences et des technologies d’encadrement de la jeunesse (ESSTEJ) a été intégrée cette semaine dans la circulaire ministérielle relative à la préinscription des bacheliers. Une décision qui pourrait transformer l’insertion professionnelle des jeunes Algériens, selon les experts du secteur de la formation et de l’emploi.

Cette inclusion, annoncée par l’APS, intervient dans un contexte où l’Algérie enregistre un taux de chômage des jeunes estimé à 30% en 2025, d’après les dernières données du Bureau international du Travail. L’ESSTEJ, établissement public basé à Alger, forme depuis 2016 des jeunes dans les domaines de l’entrepreneuriat, du numérique et des nouvelles technologies. Les diplômés de cette école bénéficient depuis sa création de programmes spécifiques axés sur l’auto-emploi et la création d’entreprise, avec un taux d’insertion professionnelle avoisinant les 65% à 12 mois après la sortie, selon les chiffres communiqués par l’établissement.

Pour les jeunes entrepreneurs algériens, cette mesure représente une opportunité concrète. « L’accès direct à la préinscription pour les bacheliers issus de l’ESSTEJ place cette formation sur un pied d’égalité avec les autres filières universitaires classiques », explique Dr. Amine Benali, économiste à l’Université d’Alger. « Cela envoie un signal fort aux jeunes qui envisagent une carrière entrepreneuriale plutôt qu’un passage par l’emploi public traditionnel. » L’ESSTEJ propose des parcours diplômants de deux à trois ans dans des secteurs comme le développement web, la gestion de projets innovants ou encore l’économie sociale et solidaire.

Une réponse à la crise de l'emploi des diplômés

Le taux de chômage des jeunes diplômés en Algérie atteint 25% en 2025, un chiffre qui place le pays parmi les plus touchés dans la région Maghreb, selon la Banque mondiale. Face à ce constat, les autorités ont multiplié les initiatives ces dernières années pour encourager l’entrepreneuriat chez les jeunes. Le programme « Aghrir 2030 » lancé en 2023 par le ministère de l’Industrie et des Mines a par exemple alloué 120 milliards de dinars algériens à la création de 50 000 startups d’ici 2030. Pourtant, les résultats restent en deçà des attentes : seulement 15% des projets financés par des dispositifs publics atteignent la phase de stabilisation après trois ans.

L’inclusion de l’ESSTEJ dans la circulaire de préinscription pourrait contribuer à inverser cette tendance. « Cette école forme des jeunes capables de créer leur propre emploi, ce qui répond directement à un besoin criant du marché », souligne Fatima Zohra Boukhelifa, directrice de l’incubateur Startup Your Life à Alger. « Contrairement aux filières universitaires classiques qui préparent principalement aux concours administratifs, l’ESSTEJ mise sur des compétences immédiatement exploitables dans l’économie réelle. »

Des parcours adaptés aux réalités du marché

Les programmes de l’ESSTEJ se distinguent par leur approche pratique. Par exemple, les étudiants en entrepreneuriat numérique suivent des ateliers de développement d’applications mobiles en partenariat avec des entreprises locales comme Djezzy ou Algérie Télécom. « Nos partenariats avec le secteur privé nous permettent de garantir que nos formations correspondent aux besoins actuels des employeurs », précise le directeur de l’école, M. Rachid Hamidi, dans une déclaration à l’APS.

Pour les jeunes entrepreneurs, cette intégration dans la circulaire représente un avantage supplémentaire : l’accès facilité à l’enseignement supérieur sans passer par les critères de sélection classiques, souvent très sélectifs pour les filières techniques. « Beaucoup de jeunes talents se retrouvent bloqués dans leur parcours entrepreneurial faute de diplôme reconnu », explique Yacine Touati, fondateur d’une startup spécialisée dans les énergies renouvelables. « Avec cette mesure, l’État reconnaît enfin que le talent et l’initiative comptent autant que les diplômes traditionnels. »

Un modèle à reproduire ?

L’initiative de l’ESSTEJ pourrait inspirer d’autres établissements similaires. En 2025, l’Institut national de la productique industrielle (INPI) a lancé un programme pilote de préinscription pour ses filières en robotique et automatisation. « Si l’expérience ESSTEJ s’avère concluante, il serait judicieux d’étendre ce modèle à d’autres écoles spécialisées dans les métiers d’avenir », propose l’économiste Benali.

Cependant, des défis persistent. Le financement des startups reste un obstacle majeur pour les jeunes diplômés. « Même avec une formation adaptée, le passage à l’acte entrepreneurial nécessite souvent un accompagnement financier et technique que les dispositifs actuels peinent à offrir de manière stable », note Boukhelifa. Le programme « Fonds National d’Appui aux Entrepreneurs » (FNAE) dispose d’un budget de 20 milliards de dinars en 2025, mais les délais d’obtention des financements dépassent souvent six mois.

À retenir pour les entrepreneurs

L’intégration de l’ESSTEJ dans la circulaire de préinscription facilite l’accès à l’enseignement supérieur pour les bacheliers souhaitant se former à l’entrepreneuriat. Les programmes de l’école mettent l’accent sur les compétences directement applicables dans l’économie réelle. Cette mesure s’inscrit dans une volonté plus large de l’État de promouvoir l’emploi par la création d’entreprise, tout en reconnaissant la valeur des parcours non traditionnels.

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