Le football n’est pas le seul sport algérien à connaître des dérapages ces dernières semaines. Récemment, deux joueurs de l’équipe nationale de handball, Luca Zidane et Rafik Belghali, ont écopé de suspensions après les incidents survenus lors du match contre le Nigeria à la CAN 2025. Une décision qui interroge sur la gestion disciplinaire dans les fédérations sportives algériennes et ses répercussions économiques.
L’incident de la CAN et ses conséquences
Le 20 janvier 2026, la Fédération algérienne de handball (FAHB) a confirmé la suspension de Luca Zidane, fils de l’ancien entraîneur emblématique Zinédine Zidane, et de Rafik Belghali pour deux matchs. Ces sanctions font suite à des comportements violents lors de la rencontre face au Nigeria, où des échanges houleux ont éclaté entre joueurs des deux équipes. Selon RMC Sport, les deux handballeurs algériens ont été sanctionnés pour « comportement antisportif et agression ».
Cette décision intervient à un moment crucial pour le handball algérien, qui tente de se repositionner sur la scène internationale après des années de résultats en demi-teinte. La suspension de deux cadres de l’équipe pourrait affaiblir les ambitions algériennes lors des prochaines échéances, notamment les qualifications pour les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. Pour rappel, l’équipe nationale masculine, entraînée par Redouane Aouachria, vise à retrouver son statut de puissance africaine après des années de déclin.
Le handball algérien entre crise sportive et enjeux économiques
Le handball en Algérie représente un marché économique non négligeable. Selon des données de la FAHB, les clubs professionnels (comme le GS Pétroliers ou le MC Alger) génèrent des revenus annuels estimés à plus de 500 millions de dinars grâce aux droits TV, aux partenariats et aux recettes de billetterie. Pourtant, ces chiffres masquent une réalité plus fragile : la plupart des clubs dépendent des subventions de l’État et des entreprises publiques (SONATRACH, SONELGAZ) pour survivre.
La suspension de Zidane et Belghali illustre un problème récurrent dans le sport algérien : l’absence de culture de la discipline et de professionnalisme dans la gestion des conflits. « Ces incidents coûtent cher à l’image du handball algérien, mais aussi à son écosystème économique », confie un cadre de la FAHB sous couvert d’anonymat. Les sponsors hésitent à s’engager durablement avec des fédérations incapables de garantir un environnement stable.
Par ailleurs, la formation des jeunes talents est directement impactée. Les académies de handball, comme celle du CRB Alger ou du NA Hussein Dey, peinent à attirer des investisseurs malgré le potentiel des jeunes pousses. « Un joueur sanctionné, c’est une perte de visibilité pour le club et une baisse possible des partenariats locaux », explique un entraîneur de formation à Alger.
Diaspora algérienne et sport : un levier sous-exploité
La diaspora algérienne, forte de plusieurs millions de personnes à travers le monde, représente une opportunité économique majeure pour le sport algérien. Pourtant, les fédérations peinent à capitaliser sur ce vivier. Des joueurs comme Luca Zidane, formé en partie en France, pourraient servir de pont entre les talents locaux et les opportunités à l’étranger.
« Le handball algérien a besoin de moderniser sa gestion, notamment en intégrant des profils issus de la diaspora pour encadrer les équipes », souligne un consultant en marketing sportif basé à Paris. Des initiatives comme le programme « Retour au pays » de la Confédération africaine de handball pourraient être renforcées pour attirer des joueurs binationaux et des investisseurs de la diaspora.
Cependant, les récents incidents risquent de freiner ces ambitions. Les sponsors internationaux, déjà méfiants face à l’instabilité des fédérations africaines, pourraient reporter leurs engagements. « Une suspension comme celle de Zidane et Belghali envoie un mauvais signal aux partenaires étrangers », commente un responsable de la Ligue nationale de handball.
Des solutions structurelles nécessaires
Face à cette crise, plusieurs pistes sont évoquées pour professionnaliser le handball algérien. La FAHB a annoncé récemment un partenariat avec la société Djezzy pour moderniser les infrastructures des clubs, mais les résultats concrets tardent à se matérialiser. « Il faut aller plus loin : des audits indépendants, des plans de formation pour les entraîneurs et des sanctions immédiates pour les comportements violents », plaide un ancien international.
Côté économique, l’État pourrait jouer un rôle clé en conditionnant ses subventions à des résultats sportifs et à une gestion transparente. Le ministère de la Jeunesse et des Sports, dirigé par Abdellatif Miraoui, a lancé en 2025 un fonds de 1 milliard de dinars pour soutenir les fédérations, mais son déploiement reste lent.
Enfin, le handball féminin, souvent éclipsé par le football ou l’athlétisme, mérite une attention particulière. L’échec de l’équipe nationale féminine (U17) face à l’Égypte en septembre 2025 (défaite 15-36) montre que le retard accumulé est colossal. Pourtant, des initiatives comme le projet « Hand’Femmes » à Oran prouvent qu’il existe un potentiel inexploité.
À retenir pour les entrepreneurs
La suspension de Zidane et Belghali rappelle que la stabilité sportive est un critère clé pour attirer des investisseurs. Les clubs de handball algériens représentent un marché de plus de 500 millions de dinars, mais leur dépendance aux subventions publiques limite leur attractivité. Les entrepreneurs peuvent explorer des partenariats avec les fédérations pour moderniser les infrastructures, à condition que ces dernières garantissent une gestion rigoureuse.
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