Les projets de gazoducs transnationaux en Afrique révèlent des dynamiques géopolitiques complexes, où la coopération énergétique se mêle aux tensions entre États. Selon Portail de l’IE, ces infrastructures, censées renforcer l’intégration continentale, deviennent des outils de rivalité, notamment entre l’Algérie et le Maroc. L’analyse met en lumière les enjeux stratégiques pour Alger, dont la position de premier exportateur gazier d’Afrique est à la fois un atout et une source de vulnérabilités.
Une compétition gazière aux frontières
Parallèlement, le Maroc mise sur le gazoduc Nigeria-Maroc, un projet de 5 660 km visant à acheminer le gaz nigérian vers l’Europe via plusieurs pays africains. Ce méga-projet, soutenu par la Banque africaine de développement, place Rabat en position de hub énergétique régional, au grand dam d’Alger. Selon Portail de l’IE, cette initiative est perçue comme une tentative de marginaliser l’Algérie dans le marché gazier méditerranéen, d’autant que le Nigeria, premier producteur africain, pourrait diversifier ses débouchés.
L’Algérie entre souveraineté et dépendances
Ensuite, la rivalité avec le Maroc s’étend au-delà des infrastructures. Alger accuse Rabat de saboter ses intérêts, notamment via des alliances avec des pays comme Israël, qui a signé un accord de coopération énergétique avec le Maroc en 2022. Pour l’Algérie, cette dynamique menace sa position de fournisseur privilégié de l’Europe, alors que l’UE cherche à diversifier ses approvisionnements après la guerre en Ukraine.
Le Nigeria-Maroc, un projet qui divise
Pourtant, l’Algérie dispose d’atouts. Ses réserves gazières (2 500 milliards de m³) et son expérience dans le transport du gaz en font un acteur incontournable. Le pays mise sur des partenariats avec l’Italie, via le gazoduc Transmed, et sur des projets comme le Galsi (Algérie-Sardaigne), pour renforcer sa position. Mais ces initiatives se heurtent aux réalités du marché : l’Europe privilégie désormais les énergies renouvelables, réduisant sa dépendance aux hydrocarbures.
Enjeux sécuritaires et diplomatiques
Sur le plan diplomatique, Alger tente de contrer l’influence de Rabat en Afrique. En 2023, l’Algérie a relancé son adhésion à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), une zone où le Maroc est très actif. Cette stratégie vise à affaiblir la légitimité du gazoduc Nigeria-Maroc, en promouvant des solutions régionales sous son égide.