La dissolution de la LADDH, un recul pour les droits des femmes en Algérie
Une décision judiciaire aux motifs flous, une légitimité contestée
Cette décision s’inscrit dans une tendance plus large : celle d’un État qui restreint progressivement l’espace associatif. Les amendements récents à la loi sur les partis politiques, analysés par El Watan, montrent une volonté de contrôle accru sur les structures indépendantes. La LADDH, fondée en 1989, était un pilier pour la surveillance des libertés fondamentales. Sa disparition crée un vide juridique, surtout pour les femmes, dont les droits sont déjà fragilisés par des lois et des normes sociales rigides.
Les observateurs, comme Human Rights Watch, soulignent que cette dissolution n’est pas un cas isolé. Elle s’ajoute à une série de restrictions visant les organisations de la société civile. En 2012, tv5monde décrivait déjà quatre visages de cette société civile algérienne : entre engagement citoyen et répression. Aujourd’hui, le quatrième visage semble dominer – celui d’un État qui étouffe les initiatives indépendantes.
Un vide juridique qui pèse sur les femmes
Les femmes algériennes font déjà face à des obstacles juridiques et sociaux persistants. Le Code de la famille, hérité de l’époque coloniale et révisé en 2005, maintient des disparités dans le mariage, le divorce ou la transmission des biens. Les militantes de la LADDH documentaient ces injustices et plaidaient pour des réformes. Leur disparition laisse les femmes sans recours structuré face à ces problèmes.
Les institutions internationales, comme la Fédération internationale pour les droits humains, ont souvent critiqué ces lacunes. Pourtant, aucune structure ne semble prête à combler ce vide. Les programmes d’inclusion financière pour les femmes, comme ceux mentionnés par Investir au Cameroun (via la SFI et la BVMAC), restent marginaux en Algérie. Les droits reproductifs, déjà limités, pourraient devenir encore plus difficiles à défendre sans une organisation comme la LADDH pour les porter devant les tribunaux ou les médias.
Réactions et mobilisations : entre résistance et impuissance
En Algérie, les militantes se retrouvent sans filet. Certaines tentent de se réorganiser en petits groupes informels, mais ces initiatives manquent de moyens et de visibilité. D’autres se tournent vers des alliances transnationales, comme le montre l’exemple des programmes de l’IPAS en Côte d’Ivoire pour la justice reproductive, cités par koaci.com. Pourtant, ces modèles ne sont pas directement transposables : le contexte algérien, marqué par une méfiance envers les ONG étrangères, rend ces partenariats complexes.
La question de la souveraineté revient souvent dans le débat. Certains y voient une manœuvre politique pour affaiblir les critiques internes. D’autres y perçoivent une répression ciblée, visant spécifiquement les organisations qui osent aborder des sujets sensibles, comme les droits des femmes ou ceux des minorités (comme le soulignait tv5monde en 2016 avec le cas des personnes LGBTI).
Quelles alternatives pour les militantes ?
Cependant, ces solutions restent fragiles. Les lois algériennes imposent des procédures administratives longues et coûteuses pour la création d’associations. De plus, le climat politique actuel décourage les investissements dans des structures perçues comme fragiles. Les entrepreneurs sociaux, souvent issus de la société civile, se retrouvent ainsi dans une position délicate : soit ils s’adaptent à un cadre répressif, soit ils quittent le pays.
L’appel à la mobilisation internationale se renforce. Des organisations comme Amnesty International ou la Fédération internationale pour les droits humains pourraient jouer un rôle en mettant la pression sur les autorités algériennes. Mais sans changement structurel, ces appels risquent de rester lettre morte.
À retenir pour les entrepreneurs
Sources
- El Watan
- tv5monde
- Investir au Cameroun
- koaci.com
- Human Rights Watch
- Fédération internationale pour les droits humains