Diaspora algérienne : pourquoi les transferts s’effondrent alors que les voisins explosent

Un déséquilibre criant en Afrique du Nord

Ce contraste pose une question cruciale : pourquoi la diaspora algérienne, l’une des plus importantes au monde (estimée à 5 millions de personnes), ne finance-t-elle pas davantage son pays d’origine ?

Des freins structurels qui étouffent les virements

Ensuite, la méfiance envers les banques algériennes persiste. Beaucoup d’Algériens de l’étranger préfèrent envoyer de l’argent via des circuits informels (espèces, virements entre particuliers) pour éviter les blocages ou les contrôles. Or, ces flux ne sont pas comptabilisés dans les statistiques officielles.

Enfin, l’instabilité économique locale décourage les envois. Avec un taux de change fixe mais peu compétitif (le dinar algérien reste sous-évalué), les fonds reçus perdent rapidement de leur valeur. Un entrepreneur marocain ou tunisien, lui, voit ses transferts mieux valorisés sur place.

Un manque à gagner qui pèse sur l’entrepreneuriat local

Or, avec 1,8 milliard de dollars par an, l’Algérie ne représente que 4 % du total des transferts vers l’Afrique du Nord. À titre de comparaison, le Maroc, avec 13,6 milliards, pourrait financer 7 fois plus de startups ou de PME que l’Algérie sur la même période.

Les entrepreneurs algériens dépendent aussi de ces fonds pour importer des matières premières ou lancer des projets. Un artisan qui veut acheter des machines en Europe, ou un jeune qui veut monter un café connecté, a moins de ressources qu’un homologue tunisien ou marocain, où les transferts sont plus abondants.

Que faire pour inverser la tendance ?

La diaspora algérienne, très présente en France, en Espagne et en Italie, pourrait aussi être mobilisée via des incitations fiscales : exonérations partielles sur les transferts, ou accès facilité à des prêts bancaires pour les projets locaux financés par l’étranger.

Enfin, renforcer la confiance dans l’économie algérienne est crucial. Si les entrepreneurs locaux voient leurs affaires prospérer, les membres de la diaspora seront plus enclins à investir plutôt qu’à envoyer de l’argent sans contrepartie.

À retenir pour les entrepreneurs
Les transferts de la diaspora algérienne restent un levier sous-utilisé pour financer des projets locaux. Avec des coûts élevés et une méfiance persistante, les porteurs d’affaires doivent explorer des alternatives (crowdfunding, partenariats avec des fintechs) pour compenser ce manque. Une réforme des règles de change et une réduction des commissions pourraient aussi libérer des centaines de millions de dollars par an.

Sources
tsa-algerie.com

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