DGI 2026 : ces délais fiscaux piègent-ils les entrepreneurs algériens ?

La Direction générale des impôts (DGI) a fixé une échéance commune pour les déclarations 2024 et 2025 : le 30 septembre 2026. Une mesure qui surprend les entrepreneurs, surtout ceux sous régime du bénéfice réel. Pourquoi ce report prolongé ? Quels risques encourent les créateurs d’entreprise qui ne respectent pas ce délai ? Et comment la diaspora algérienne, souvent en télétravail à l’étranger, peut-elle s’adapter ?

Un report qui divise les professionnels du chiffre

La DGI a décidé de regrouper les déclarations des exercices 2024 et 2025 sous une seule échéance : le 30 septembre 2026. Une décision qui s’appuie sur les articles 18 et 151 bis du Code des impôts directs. Pourtant, cette mesure soulève des questions chez les experts-comptables et les dirigeants de PME.

« Ce report peut sembler avantageux, mais il crée une confusion administrative », explique un responsable fiscaliste à Alger. « Les entrepreneurs doivent désormais gérer deux exercices en une seule déclaration, ce qui complique la tenue des livres comptables. » Certains craignent aussi une surcharge de travail en fin de période, surtout pour les petites structures.

La DGI justifie cette décision par une volonté de simplifier les procédures, mais les retours du terrain montrent une réalité différente. Les délais serrés et les obligations accrues pèsent sur les épaules des créateurs d’entreprise, déjà confrontés à un environnement économique difficile.

Qui est concerné par cette obligation ?

Tous les contribuables sous le régime du bénéfice réel doivent souscrire leur état récapitulatif annuel (ERA) avant le 30 septembre 2026. Cela inclut :
– Les sociétés commerciales (SARL, SA, etc.)
– Les professions libérales soumises à l’impôt sur les sociétés
– Les auto-entrepreneurs dont le chiffre d’affaires dépasse les seuils légaux

Pour les exercices 2024 et 2025, la DGI a précisé que la télé-déclaration reste obligatoire. Une mesure en phase avec la digitalisation des services publics, mais qui exclut de facto ceux qui n’ont pas accès à une connexion stable ou à des outils numériques.

« Beaucoup d’entrepreneurs, surtout dans les régions éloignées d’Alger ou d’Oran, rencontrent des difficultés techniques », souligne un responsable associatif. « La DGI devrait prévoir des alternatives pour éviter de pénaliser ceux qui ne peuvent pas se connecter. »

La diaspora algérienne en première ligne

Les Algériens de la diaspora, nombreux à gérer des entreprises à distance, sont particulièrement touchés. Beaucoup résident dans des pays où les horaires de travail diffèrent de ceux d’Alger. Comment déclarer ses revenus si l’on est basé à Paris, Lyon ou même en Amérique du Nord ?

La DGI n’a pas encore clarifié les modalités spécifiques pour ces contribuables. Pourtant, selon les estimations, près de 30 % des entrepreneurs algériens opèrent depuis l’étranger, souvent dans des secteurs comme le numérique, la restauration ou le conseil.

« Sans accompagnement, ces entrepreneurs risquent des sanctions automatiques », avertit un avocat fiscaliste spécialisé dans les cas transfrontaliers. « La DGI doit publier des guides clairs et des créneaux horaires adaptés pour éviter les erreurs. »

Quels risques en cas de retard ou de non-déclaration ?

Le non-respect des délais fixés par la DGI entraîne des pénalités immédiates :
– Majorations de 5 % par mois de retard (avec un plafond de 30 %)
– Intérêts de retard calculés sur le montant dû
– Possibilité de blocage des comptes bancaires pour les entreprises

« En 2025, nous avons vu des cas où des entrepreneurs ont reçu des avis à taxer après plusieurs années de retard », rappelle un inspecteur des impôts sous couvert d’anonymat. « La DGI est de plus en plus stricte sur le respect des échéances, surtout depuis la réforme fiscale de 2023. »

Pour les entrepreneurs, le message est clair : mieux vaut anticiper et se mettre en conformité avant le 30 septembre 2026. Les retards peuvent coûter cher, surtout dans un contexte économique déjà tendu.

Comment s’organiser pour éviter les pièges ?

Les experts recommandent plusieurs étapes clés :
1. Vérifier son régime fiscal : Certains entrepreneurs sont encore sous le régime du bénéfice forfaitaire et ne sont pas concernés par cette échéance.
2. Conserver toutes les preuves : Factures, relevés bancaires et justificatifs doivent être archivés pour éviter les redressements.
3. Utiliser des outils de comptabilité en ligne : Des logiciels comme QuickBooks ou Sage Intacct permettent de suivre ses déclarations en temps réel.
4. Anticiper les délais : La DGI conseille de commencer les préparatifs dès maintenant, surtout pour les exercices 2024 et 2025.

« La clé, c’est la rigueur », résume un expert-comptable basé à Constantine. « Les entrepreneurs qui prennent leur fiscalité à la légère finissent toujours par payer le prix fort. »

À retenir pour les entrepreneurs
Les délais de la DGI pour 2024 et 2025 sont fixés au 30 septembre 2026, mais les retards entraînent des pénalités lourdes. Les créateurs d’entreprise doivent vérifier leur régime fiscal, archiver leurs documents et utiliser des outils numériques pour éviter les erreurs. La diaspora algérienne doit se renseigner sur les modalités spécifiques pour déclarer à distance.

Sources
algerie360.com
algerie-eco.com

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