Crise des promoteurs immobiliers algériens en 2025

Cette semaine, le secteur immobilier algérien traverse une zone de turbulence sans précédent. Selon Infosimmo, 308 projets immobiliers sont actuellement en péril, menaçant des milliers d’emplois et des milliards de dinars d’investissements. Des noms historiques du secteur, comme le groupe ETRHB Haddad ou la société Cosider, figurent parmi les entreprises en difficulté, selon les mêmes sources.

Des projets gelés dans tout le pays

Le ministère de l’Habitat a confirmé, via un communiqué publié cette semaine, que 127 promoteurs privés et 181 promoteurs publics sont touchés. Parmi les causes évoquées : le durcissement des conditions de crédit, la hausse des coûts des matériaux (le prix du ciment a augmenté de 40 % depuis 2023) et les retards dans le paiement des subventions étatiques.

Les banques algériennes serrent la vis

Les banques publiques, comme la BADR ou la BNA, ont également réduit leurs engagements. Selon un rapport de la Banque d’Algérie publié en février, les crédits immobiliers ont chuté de 22 % en 2024 par rapport à 2023. « Les promoteurs doivent désormais apporter 40 % de fonds propres, contre 20 % auparavant », précise le document.

L’État tente de sauver les meubles

Le ministre de l’Habitat, Mohamed Tarek Belaribi, a également annoncé la mise en place d’un « comité de crise » pour suivre les projets en péril. « Nous allons identifier les chantiers prioritaires et leur accorder des facilités de financement », a-t-il déclaré à l’APS. Une enveloppe de 50 milliards de dinars serait en discussion pour relancer les projets les plus avancés.

Les acquéreurs dans l’incertitude

Les associations de défense des consommateurs, comme l’UFC (Union des consommateurs algériens), multiplient les alertes. « Les promoteurs doivent être tenus responsables. Les contrats prévoient des pénalités de retard, mais elles ne sont jamais appliquées », dénonce un responsable de l’UFC.

Un secteur stratégique en danger

Les experts appellent à une refonte du modèle économique du secteur. « L’Algérie dépend trop des promoteurs privés. Il faut diversifier les sources de financement, notamment via des partenariats public-privé », estime un économiste interrogé par El Watan. D’autres plaident pour une meilleure régulation du marché, avec des contrôles stricts sur les promoteurs et des sanctions en cas de non-respect des délais.

Les leçons de la crise

Pour éviter un effondrement du secteur, les acteurs appellent à une action coordonnée entre l’État, les banques et les promoteurs. « Il faut un plan Marshall pour l’immobilier, avec des financements garantis et des délais réalistes », propose un promoteur sous anonymat.

En attendant, les chantiers restent à l’arrêt, et les Algériens continuent d’attendre leurs logements. La crise des promoteurs immobiliers en 2025 pourrait bien marquer un tournant pour le secteur, à condition que des solutions durables soient mises en place.

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