La Centre National du Registre du Commerce (CNRC) a dévoilé cette semaine sa feuille de route pour 2024, centrée sur trois axes majeurs : la simplification administrative, l’accompagnement des startups et le renforcement de la transparence des données. Présentée par le directeur général du CNRC, Mustapha Benbada, lors d’une conférence de presse à Alger, cette stratégie s’inscrit dans le cadre des objectifs fixés par le ministère du Commerce et de la Promotion des exportations. Pour les entrepreneurs algériens, cette initiative représente une opportunité concrète de réduire les délais de création d’entreprise et d’accéder à des outils numériques modernisés.
Une accélération des procédures en ligne
Le CNRC mise sur la digitalisation totale des démarches pour 2024. Selon Benbada, 90% des formalités liées à l’immatriculation des entreprises et à la modification des statuts seront désormais réalisables en ligne d’ici la fin de l’année. Cette mesure s’ajoute à la généralisation de la plateforme « Mon Espace CNRC », lancée en 2023, qui permet déjà aux entrepreneurs de suivre l’avancement de leurs dossiers en temps réel. « L’objectif est de passer de 15 jours à 48 heures pour l’obtention d’un extrait de registre du commerce », a précisé le responsable, citant des chiffres encore provisoires pour 2024.
Pour les porteurs de projets, cette évolution est cruciale. En 2023, plus de 60 000 entreprises ont été créées en Algérie, un record depuis dix ans, mais les délais administratifs restaient un frein pour beaucoup. Les jeunes entrepreneurs de la diaspora, souvent confrontés à des contraintes géographiques, y verront un atout majeur. « Un Algérien résidant en France peut désormais immatriculer son entreprise sans se déplacer, simplement en validant son identité via la plateforme », explique un cadre du ministère du Commerce.
Un soutien ciblé aux startups et aux femmes entrepreneures
Le CNRC a réservé une part importante de son budget 2024 à des programmes d’accompagnement spécifiques. D’abord, un fonds de garantie de 500 millions de dinars a été alloué pour faciliter l’accès au crédit des startups innovantes. Ce montant s’ajoute aux 2 milliards déjà engagés en 2023 dans le cadre du programme « Start-Up Algeria », piloté par l’Agence Nationale de Valorisation des Résultats de la Recherche (ANVREDET).
En parallèle, le CNRC renforce son partenariat avec l’Agence Nationale de Soutien à l’Emploi des Jeunes (ANSEJ) pour encourager l’entrepreneuriat féminin. En 2023, seulement 30% des créateurs d’entreprise étaient des femmes, malgré leur forte représentation dans les secteurs informel et agricole. « Nous visons 40% d’entreprises dirigées par des femmes d’ici 2025, avec un accompagnement personnalisé via des incubateurs régionaux », indique une source proche du dossier.
Les secteurs prioritaires identifiés incluent les technologies vertes, les énergies renouvelables et l’agroalimentaire. Le CNRC collabore avec des acteurs comme le Centre de Développement des Énergies Renouvelables (CDER) pour former les entrepreneurs aux normes internationales. « Un entrepreneur spécialisé dans le recyclage des déchets électroniques peut désormais bénéficier d’un accompagnement technique et financier via un guichet unique », précise Benbada.
Une transparence accrue pour lutter contre l’informel
L’un des chantiers les plus ambitieux du CNRC concerne la lutte contre l’économie informelle. En 2023, le secteur informel représentait encore 35% du PIB algérien, selon la Banque d’Algérie. Pour y remédier, le CNRC a lancé un audit complet des entreprises non déclarées, en s’appuyant sur les données fiscales et les registres bancaires.
Un système de détection automatique des anomalies dans les déclarations a été mis en place, en collaboration avec la Direction Générale des Impôts (DGI). « Les entreprises qui régularisent leur situation bénéficieront d’amnisties partielles sur les pénalités et d’un accès prioritaire aux subventions », détaille un communiqué du ministère du Commerce. Les entrepreneurs informels sont encouragés à se déclarer via une campagne nationale lancée cette semaine, avec des spots télévisés et des ateliers en wilayas.
Cette mesure pourrait libérer des milliers d’emplois formels, mais elle suscite aussi des inquiétudes parmi les petits commerçants. « Certains craignent une hausse des contrôles fiscaux, mais les exonérations proposées pour les petites structures devraient limiter l’impact », tempère un économiste de l’Université d’Alger.
Un impact direct sur la diaspora algérienne
Pour la diaspora, le CNRC 2024 ouvre des perspectives inédites. Le lancement d’un portail dédié aux investisseurs résidant à l’étranger permet désormais de créer une entreprise en Algérie sans passeport algérien, sous réserve de fournir un justificatif de nationalité. En 2023, seulement 5% des entreprises créées impliquaient des membres de la diaspora, malgré leur capacité financière avérée.
Le CNRC a aussi simplifié les démarches pour les rapatriements de fonds. Les entrepreneurs de la diaspora peuvent désormais ouvrir un compte professionnel en dinars convertibles via des banques partenaires, facilitant les transferts sans passage par le marché parallèle. « Un investisseur basé à Montréal peut rapatrier jusqu’à 50 000 dollars par an sans justification supplémentaire », précise un responsable de la Banque d’Algérie.
Cette ouverture s’inscrit dans la stratégie nationale de mobilisation des capitaux de la diaspora, avec un objectif de 3 milliards de dollars de rapatriements annuels d’ici 2025. Le ministère des Affaires étrangères a d’ailleurs annoncé cette semaine une série de webinaires pour expliquer les nouvelles procédures aux Algériens de l’étranger.
À retenir pour les entrepreneurs
Le CNRC 2024 prévoit 90% de démarches en ligne pour les créateurs d’entreprise, réduisant les délais à 48 heures. Un fonds de 500 millions de dinars est dédié aux startups, avec un accent sur les femmes entrepreneures et les technologies vertes. Les investisseurs de la diaspora bénéficient de comptes professionnels en dinars convertibles et de rapatriements facilités jusqu’à 50 000 dollars par an.
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