CAN 2025 Algérie en embuscade selon Opta

L’Algérie se positionne comme un outsider sérieux pour la Coupe d’Afrique des Nations 2025, selon les dernières analyses du groupe Opta, spécialisé dans les données sportives. Publiée cette semaine par RMC Sport, l’étude place le Maroc en favori pour le titre, mais souligne la progression constante des Fennecs, qualifiés pour les quarts de finale après une phase de groupes maîtrisée. Une reconnaissance qui intervient dans un contexte où l’équipe nationale, dirigée par Djamel Belmadi, cherche à confirmer son retour au premier plan continental après une décennie en dents de scie.

Un statut d’outsider assumé
Opta, dont les prédictions s’appuient sur des modèles statistiques intégrant performances récentes, effectifs et historique des confrontations, attribue à l’Algérie une probabilité de 15 % de remporter la CAN 2025. Un chiffre qui la place derrière le Maroc (28 %), le Sénégal (22 %) et l’Égypte (18 %), mais devant des nations comme la Côte d’Ivoire (12 %) ou le Nigeria (10 %). « L’Algérie a montré une solidité défensive remarquable lors des éliminatoires, avec seulement deux buts encaissés en six matchs, et une attaque équilibrée, portée par des joueurs comme Riyad Mahrez et Ismaël Bennacer », précise le rapport. Les Verts ont en effet terminé premiers de leur groupe lors des qualifications, devant la Tanzanie et l’Ouganda, sans perdre le moindre match.

Belmadi et son système en question
Le sélectionneur Djamel Belmadi, en poste depuis 2018, mise sur un 3-5-2 flexible, adapté aux profils de ses joueurs. Une tactique qui a permis à l’Algérie de dominer son groupe lors de la CAN 2021 (victoire 3-0 contre la Côte d’Ivoire, 2-0 face à la Sierra Leone), avant une élimination en huitièmes de finale contre la Côte d’Ivoire. Pour 2025, Opta met en avant deux atouts majeurs : la complémentarité entre Mahrez, capitaine et créateur, et Bennacer, milieu relayeur au jeu complet, ainsi que la montée en puissance de jeunes comme Rayan Aït-Nouri (Wolverhampton) ou Adam Ounas (Lille). « Le collectif algérien est l’un des plus homogènes du continent. Belmadi a su intégrer des joueurs formés en Europe sans perdre l’identité défensive qui a fait le succès de l’équipe en 2019 », analyse le rapport.

Les quarts de finale, un test décisif
L’Algérie affrontera en quarts de finale le vainqueur du match entre le Nigeria et l’Angola, prévu cette semaine. Un duel qui s’annonce serré : le Nigeria, finaliste de la CAN 2023, dispose d’un effectif talentueux avec des joueurs comme Victor Osimhen (Naples) ou Ademola Lookman (Atalanta), mais reste irrégulier. « Si l’Algérie parvient à neutraliser Osimhen et à contrôler le milieu, elle aura une réelle chance de se qualifier pour les demi-finales », estime Opta. Les Verts n’ont plus atteint ce stade depuis leur victoire en 2019, et une performance en 2025 pourrait relancer les ambitions pour les éliminatoires de la Coupe du Monde 2026, où l’Algérie affrontera le Mali, le Ghana et le Centrafrique.

Les défis en coulisses
Malgré ces perspectives encourageantes, l’équipe nationale fait face à des défis structurels. La Fédération Algérienne de Football (FAF), présidée par Charaf-Eddine Amara, a été critiquée pour son manque d’organisation lors des dernières compétitions. En 2023, les joueurs avaient dénoncé des retards dans le versement des primes, et des tensions avaient éclaté entre Belmadi et certains cadres, comme Sofiane Feghouli. « La FAF doit garantir des conditions optimales pour que l’équipe se concentre sur le terrain. Les problèmes logistiques ne doivent pas se répéter », avait déclaré Mahrez en conférence de presse après la CAN 2023.

Autre enjeu : la gestion des joueurs binationaux. Plusieurs éléments de l’équipe, comme Aïssa Mandi (Villarreal) ou Saïd Benrahma (West Ham), ont été courtisés par d’autres sélections. La FAF a récemment durci sa position, refusant les convocations de joueurs ayant déjà porté les couleurs d’un autre pays, comme c’est le cas pour Houssem Aouar (France). « Nous voulons construire une équipe stable, avec des joueurs engagés sur le long terme », a expliqué Amara dans une interview accordée à El Watan en décembre 2025.

Un public exigeant
Les supporters algériens, connus pour leur ferveur, attendent des résultats concrets. Après l’échec de la qualification pour la Coupe du Monde 2022 et l’élimination précoce lors de la CAN 2023, la pression est montée d’un cran. Les réseaux sociaux algériens regorgent de débats sur la composition de l’équipe, certains réclamant plus de jeunes, comme Mohamed Amoura (Union Saint-Gilloise), tandis que d’autres défendent l’expérience de joueurs comme Islam Slimani. « Les fans veulent voir une équipe qui gagne, mais aussi qui joue bien. Belmadi doit trouver le bon équilibre », résume un supporter interrogé par DZfoot.

Prochaines étapes
Si l’Algérie franchit l’obstacle des quarts de finale, elle pourrait affronter en demi-finales le Sénégal ou l’Égypte, deux des favoris du tournoi. Une victoire contre l’une de ces équipes serait un exploit, mais aussi une confirmation du travail accompli depuis 2018. Pour Belmadi, l’objectif est clair : « Nous ne sommes pas là pour faire de la figuration. Nous visons le titre, et nous avons les moyens de l’obtenir. » Les prochains matchs, diffusés en Algérie sur la chaîne EPTV, seront scrutés de près par des millions de supporters, dans l’espoir de voir les Fennecs écrire une nouvelle page de leur histoire.

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