Bénin nomme un gouvernement paritaire sous Wadagni

Le Bénin a récemment dévoilé la composition de son premier gouvernement sous la direction du Premier ministre Romuald Wadagni, marquant une étape notable dans la représentation politique des femmes en Afrique de l’Ouest. Selon Jeune Afrique, l’équipe compte 24 ministres, dont 12 femmes, soit une parité parfaite. Cette décision place le pays parmi les rares en Afrique à atteindre cet équilibre, un exemple qui pourrait inspirer d’autres nations, y compris l’Algérie, où la question de la participation féminine aux instances décisionnelles reste un sujet de débat.

Une parité inédite en Afrique francophone

Pour l’Algérie, où les femmes représentent seulement 26 % des députés à l’Assemblée populaire nationale (APN) et 8 % des maires, cette avancée béninoise soulève des questions sur les mécanismes permettant d’atteindre une telle parité. Le code électoral algérien impose un quota de 30 % de femmes sur les listes électorales, mais ce seuil n’a pas suffi à garantir une représentation équilibrée dans les exécutifs locaux ou nationaux. Le Bénin, lui, a opté pour une approche volontariste, avec des nominations directes par le président Patrice Talon, sans passer par un système de quotas.

Des ministères régaliens confiés aux femmes

Cette répartition des rôles au Bénin pourrait servir de modèle pour l’Algérie, où les associations féministes réclament depuis des années une meilleure représentation des femmes dans les sphères du pouvoir. Le Collectif pour la promotion des droits des femmes (CPDF) a d’ailleurs salué, dans un communiqué récent, les « progrès significatifs » réalisés par certains pays africains, tout en appelant l’Algérie à « aller au-delà des quotas pour instaurer une véritable culture de la parité ».

Un signal pour les réformes électorales algériennes

Le cas béninois montre qu’une parité effective est possible sans attendre des décennies de réformes progressives. En Algérie, où les femmes représentent 52 % de la population, leur sous-représentation dans les instances politiques reste un paradoxe. Les partis pourraient s’inspirer de l’exemple béninois en réservant des postes clés à des femmes, notamment dans les exécutifs locaux, où leur présence est quasi inexistante.

Les défis de la mise en œuvre

Par ailleurs, la parité numérique ne garantit pas une influence réelle. Au Bénin comme en Algérie, les femmes ministres doivent encore faire face à des résistances culturelles et institutionnelles. En Algérie, certaines élues ont dénoncé des pressions pour les écarter des décisions stratégiques, malgré leur présence dans les assemblées. Le Bénin devra prouver que sa parité se traduit par des politiques publiques inclusives, un enjeu qui concerne aussi l’Algérie.

Un exemple à suivre ou une exception ?

Pourtant, les arguments en faveur de la parité sont nombreux : études après études, il est prouvé que les gouvernements plus inclusifs prennent des décisions plus équilibrées, notamment en matière de politiques sociales et économiques. En Algérie, où les inégalités de genre persistent dans l’accès à l’emploi et à l’éducation, une meilleure représentation féminine pourrait accélérer les réformes nécessaires.

Le Bénin a franchi une étape symbolique, mais c’est à l’Algérie et aux autres pays de la région de transformer cet exemple en norme. Les prochaines élections locales et législatives seront un test pour mesurer l’engagement des partis algériens en faveur d’une démocratie plus représentative.

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