Les arrêts de travail « de complaisance » fragilisent le climat des affaires en Algérie selon Juritravail, soulevant des questions sur la gestion des ressources humaines et la productivité des entreprises. Ce phénomène, qui consiste pour certains salariés à simuler des problèmes de santé pour éviter le travail ou obtenir des avantages, pèse sur les comptes des entreprises et décourage l’investissement.
Récemment, le sujet a fait l’objet de débats dans les milieux patronaux, notamment parmi les créateurs d’entreprise en SARL. Les dirigeants soulignent que ces abus augmentent les coûts opérationnels et compliquent la planification des projets. « Un arrêt non justifié peut coûter des milliers de dinars à une petite structure », explique un expert en droit du travail cité par Juritravail, rappelant que les PME algériennes, déjà soumises à des marges serrées, ne peuvent se permettre ces écarts.
Un phénomène répandu dans certains secteurs
Selon les données partagées par Juritravail, les arrêts de complaisance touchent davantage les secteurs où la pression au travail est forte ou où les contrôles sont insuffisants. Les transports, la santé et le BTP figurent parmi les branches les plus concernées. Une étude interne à une fédération patronale algérienne indique que près de 15 % des arrêts de travail examinés en 2024 relevaient d’abus potentiels, un chiffre qui alerte les entrepreneurs.
Ces pratiques ne se limitent pas aux ouvriers. Les cadres et employés administratifs y recourent aussi, parfois avec la complicité de médecins peu scrupuleux. « Certains certificats médicaux sont établis sans examen approfondi », dénonce un responsable syndical interrogé par Juritravail. Cette situation crée un climat de méfiance, où les employeurs hésitent à embaucher par crainte de coûts cachés.
Des solutions juridiques et managériales
Pour endiguer ce fléau, Juritravail propose plusieurs pistes, dont le renforcement des contrôles médicaux. L’idée serait de soumettre les arrêts de plus de trois jours à une contre-visite systématique par des médecins agréés par l’État. Une réforme qui, si elle est appliquée, pourrait réduire les abus de moitié selon les estimations de la source.
Les entreprises sont aussi encouragées à adopter des politiques internes strictes. La mise en place de systèmes de pointage électroniques et la diversification des tâches pour limiter la lassitude sont des mesures citées. « Une rotation des postes peut diminuer l’usure et les tentatives de contourner le travail », souligne un consultant en gestion RH.
Cependant, ces solutions se heurtent à des obstacles structurels. En Algérie, le manque de moyens des caisses de sécurité sociale limite les possibilités de contrôles aléatoires. Par ailleurs, la culture de l’emploi stable, héritée des décennies passées, rend les salariés moins enclins à accepter des évolutions de carrière ou des sanctions.
L’impact sur la diaspora entrepreneuriale
Pour les Algériens de l’étranger souhaitant investir au pays, ce phénomène représente un signal d’alerte. Une SARL familiale ou une startup innovante doit anticiper ces risques avant de se lancer. « Quand on crée une entreprise en Algérie, il faut prévoir une marge supplémentaire pour couvrir ces imprévus », confie un entrepreneur basé en France qui a monté une PME à Alger en 2023.
La diaspora, souvent confrontée à des retours difficiles après des années à l’étranger, doit aussi peser le pour et le contre. Les arrêts de complaisance illustrent les défis du marché local, où la productivité reste un enjeu clé pour attirer les investissements étrangers.
À retenir pour les entrepreneurs
Les arrêts de travail abusifs coûtent cher aux PME algériennes, avec un taux d’abus estimé à 15 % dans certains secteurs.
Renforcer les contrôles médicaux et adopter des outils de gestion (pointage électronique, rotation des tâches) peut limiter ces pratiques.
Les entrepreneurs de la diaspora doivent intégrer ces risques dans leur business plan avant de s’installer en Algérie.
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