Des escrocs ont profité de l’engouement pour la pâte à tartiner algérienne El Mordjene pour soutirer de l’argent à des clients via des sites frauduleux et des réseaux sociaux. Selon BFM, cette affaire révèle les failles dans la protection des consommateurs en ligne et pose la question de la sécurité des transactions numériques en Algérie.
Récemment, plusieurs victimes ont signalé avoir acheté ce produit phare sur des plateformes en ligne et des groupes Facebook, avant de réaliser qu’elles avaient été victimes d’une arnaque. Les arnaqueurs utilisaient des noms de marques, des logos et des photos similaires à ceux de la célèbre pâte à tartiner pour tromper les acheteurs. Certains sites, créés spécifiquement pour l’occasion, promettaient des livraisons rapides et des promotions alléchantes, avant de disparaître une fois les paiements effectués.
L’entreprise El Mordjene, qui fabrique et commercialise la pâte à tartiner depuis plusieurs années, a rapidement réagi en démentant tout lien avec ces sites frauduleux. Dans un communiqué, la direction a appelé les consommateurs à vérifier l’authenticité des vendeurs et à privilégier les canaux officiels de distribution. Pour les entrepreneurs algériens, cette affaire met en lumière un enjeu majeur : la nécessité de sécuriser leur présence en ligne et de protéger leur réputation.
Le commerce en ligne en Algérie connaît une croissance rapide, mais cette tendance s’accompagne d’un risque accru de fraudes. Selon les chiffres de l’Office national des statistiques (ONS), le volume des transactions électroniques a augmenté de 25 % entre 2022 et 2023, reflétant l’essor des plateformes locales et des réseaux sociaux comme canaux de vente. Pourtant, peu de consommateurs sont formés pour identifier les arnaques, et les mécanismes de protection restent limités. Les entreprises, quant à elles, doivent investir dans des outils de cybersécurité et de traçabilité pour éviter d’être associées à des pratiques frauduleuses.
Un autre aspect préoccupant est l’impact sur les acteurs légitimes du marché. Les petits entrepreneurs et artisans qui vendent des produits similaires ou complémentaires voient leur activité perturbée par la méfiance des consommateurs. Les plateformes de vente en ligne, comme Jumia ou Yassir, tentent de limiter les risques en vérifiant les vendeurs, mais leur contrôle reste partiel. Les consommateurs, eux, se tournent vers des alternatives moins risquées, comme l’achat en physique, ce qui freine la digitalisation du commerce.
Pour la diaspora algérienne, cette arnaque pose un problème supplémentaire : celle de la confiance dans les produits algériens disponibles en ligne. Beaucoup de membres de la diaspora cherchent à se procurer des produits du pays, mais craignent désormais de tomber sur des contrefaçons ou des sites frauduleux. Cela pourrait réduire les opportunités pour les entrepreneurs algériens à l’étranger, qui misent sur l’e-commerce pour exporter leurs produits.
Les institutions publiques tentent de réagir. Le ministère du Commerce a récemment rappelé l’importance de signaler les fraudes via des plateformes dédiées, comme la plateforme « Sawt El Mouwatin » (Voix du Citoyen), qui permet aux consommateurs de déposer des plaintes en ligne. Cependant, les délais de traitement et le manque de moyens pour les enquêtes limitent l’efficacité de ces dispositifs.
À retenir pour les entrepreneurs
Les escroqueries en ligne ciblent particulièrement les produits populaires, comme El Mordjene, en exploitant leur notoriété. Les entrepreneurs doivent vérifier régulièrement l’utilisation de leur marque sur le web et coopérer avec les plateformes pour retirer les contenus frauduleux. La sécurité des transactions et la protection des données clients doivent être une priorité absolue pour préserver la confiance des consommateurs.
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