L’Algérie accélère la modernisation de ses infrastructures maritimes avec un chantier clé à Annaba. Les travaux d’extension du port de la ville, lancés en 2022, doivent s’achever fin 2026, selon une annonce récente relayée par Tunisie Numérique. Ce projet, d’un coût estimé à plus de 50 milliards de dinars, vise à doubler la capacité d’accueil du port et à renforcer son rôle dans les échanges commerciaux méditerranéens.
Un port stratégique pour l’Est algérien
Le projet s’inscrit dans la stratégie nationale de développement des ports, pilotée par le ministère des Travaux publics et des Transports. Il répond à une demande croissante en trafic maritime, notamment pour les exportations de phosphate et de produits sidérurgiques, deux secteurs clés de l’économie locale. En 2023, le port a enregistré une hausse de 12 % de son trafic conteneurisé, selon les données de l’Office National des Statistiques (ONS).
Des retards et des défis techniques
Autre défi : la coordination entre les différents acteurs. Le projet implique plusieurs entreprises publiques et privées, dont l’Entreprise Nationale des Travaux Maritimes (ENTM) et des sous-traitants locaux. « La complexité logistique est réelle, mais les équipes sont mobilisées pour respecter le nouveau calendrier », assure un cadre de l’EPA.
Un levier pour l’économie régionale
Le projet s’accompagne également de la modernisation des infrastructures routières et ferroviaires. Un nouveau tronçon de la rocade Est, reliant le port à l’autoroute Est-Ouest, est en cours de construction. Par ailleurs, la Société Nationale des Transports Ferroviaires (SNTF) prévoit d’étendre sa ligne de fret jusqu’aux quais pour fluidifier le transit des marchandises.
Concurrence méditerranéenne et enjeux géopolitiques
Le projet s’inscrit aussi dans le cadre des accords de coopération signés avec des pays comme la Tunisie et la Libye. En 2023, l’Algérie a lancé un appel d’offres pour la gestion de terminaux conteneurs en partenariat avec des opérateurs internationaux, une première dans le pays. « L’objectif est d’attirer des investisseurs pour exploiter les nouvelles infrastructures », indique un communiqué du ministère des Transports.
Perspectives et impacts environnementaux
Par ailleurs, le port prévoit d’adopter des technologies vertes, comme des systèmes de récupération des eaux de ballast et des quais équipés de bornes électriques pour les navires. « C’est une exigence des normes internationales, mais aussi une opportunité pour réduire notre empreinte carbone », explique un cadre de l’EPA.
Réactions locales et attentes
Les autorités promettent des compensations, comme des aides à la reconversion et des subventions pour l’achat de nouveaux équipements. « Nous travaillons avec les associations locales pour limiter l’impact sur les activités traditionnelles », affirme le wali d’Annaba, Brahim Merad, lors d’une réunion publique en avril 2024.
Prochaines étapes
L’extension du port d’Annaba s’ajoute à d’autres grands chantiers portuaires en Algérie, comme ceux d’Oran et de Béjaïa. Ces investissements reflètent la volonté du gouvernement de faire des infrastructures maritimes un pilier de la croissance économique. Reste à savoir si les retombées promises se concrétiseront pour les populations locales.