Le port d’Annaba a expédié 22 000 tonnes de ciment blanc vers le Guatemala cette semaine, une opération qui confirme son rôle croissant dans les exportations algériennes vers l’Amérique latine. Pour les entrepreneurs locaux, cette performance ouvre des opportunités concrètes, mais aussi des défis logistiques et commerciaux à maîtriser.
Un record qui relance les ambitions industrielles
Pour les cimentiers algériens, ce volume représente un signal fort. Le Guatemala, pays en pleine expansion urbaine, importe 80 % de son ciment, et la demande locale reste insatisfaite. Les usines d’Annaba, comme celles de la région de Jijel ou de Skikda, pourraient ainsi cibler d’autres marchés latins : le Honduras, le Salvador ou le Nicaragua, où les coûts de transport maritime restent compétitifs depuis le port est-algérien.
Pourquoi Annaba séduit les exportateurs ?
Enfin, la stabilité des liaisons maritimes vers le Guatemala, assurées par des armateurs comme la compagnie algérienne SONATRACH Logistics, réduit les risques de retard. « Les délais moyens sont de 22 jours contre 30 pour une route vers l’Europe », précise un responsable du port consulté par Algerie Eco.
Quels marchés pour les entrepreneurs algériens ?
1. Les normes techniques : Les pays d’Amérique centrale exigent des certifications spécifiques (normes ASTM ou DIN), que seules quelques usines algériennes détiennent. La société Ciments de Béni Saf, par exemple, a obtenu en 2025 un label équivalent pour exporter vers le Mexique.
2. La concurrence turque et marocaine : La Turquie domine le marché avec 40 % des parts, suivie du Maroc (25 %). Pour rivaliser, les cimentiers algériens misent sur des prix inférieurs de 10 à 15 %, grâce à des coûts de production locaux moins élevés.
Comment les PME peuvent-elles en profiter ?
– Se rapprocher des coopératives locales : Des réseaux comme la Fédération des entreprises de construction (FEC) organisent des missions commerciales vers l’Amérique latine. Une délégation de 15 PME a visité le Guatemala en 2025 pour négocier des contrats clés en main.
– Investir dans la certification : Le Centre de développement des industries (CDI) propose des subventions pour les tests de conformité. Une PME de Constantine a ainsi obtenu un financement de 500 000 dinars pour adapter sa production aux normes guatémaltèques.
– Cibler les appels d’offres publics : Le Guatemala lance chaque année des marchés publics pour des infrastructures routières et scolaires. Les entreprises algériennes peuvent postuler via le site ComprasPublicas.gt, avec l’appui de l’Agence de promotion de l’export (APEX).
Un effet d’entraînement pour la diaspora ?
Cette semaine, une entreprise familiale de Jijel a signé un partenariat avec un sous-traitant guatémaltèque grâce à ce réseau. Les contrats portent souvent sur des livraisons régulières de ciment pour des chantiers publics, avec des clauses de paiement anticipé.
Risques à surveiller pour éviter les pièges
Autre écueil : les taxes à l’importation. Le Guatemala applique un droit de douane de 10 % sur le ciment, mais des exemptions existent pour les projets sociaux. Une PME d’Oran a bénéficié d’une réduction à 5 % en 2025 en ciblant un hôpital public.
À retenir pour les entrepreneurs
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