Anuradha Mitra Chenoy, économiste et spécialiste des géopolitiques émergentes, a récemment souligné le rôle potentiel de l’Algérie dans l’arène internationale. Dans une interview accordée à Algerie Patriotique, elle a expliqué pourquoi ce pays pourrait occuper une place centrale au sein du Sud Global, ce bloc de nations cherchant à peser davantage dans l’économie mondiale. Pour les entrepreneurs algériens et la diaspora économique, ces propos ne sont pas anodins : ils ouvrent des pistes concrètes pour capter des investissements et des partenariats stratégiques.
Une position géoéconomique clé
Selon Anuradha Mitra Chenoy, l’Algérie bénéficie d’atouts majeurs pour s’imposer comme un acteur incontournable du Sud Global. Son positionnement géographique, au carrefour de l’Afrique et de la Méditerranée, ainsi que ses ressources naturelles – notamment le gaz et les minerais stratégiques – en font un partenaire de choix pour les pays émergents. L’économiste cite l’exemple des pays du BRICS+, qui multiplient les initiatives pour contourner les dépendances aux grandes puissances économiques traditionnelles. Dans ce contexte, l’Algérie, membre de l’OPEP et de l’Union africaine, pourrait jouer un rôle de médiateur et de stabilisateur dans les échanges Sud-Sud.
Pour les entrepreneurs locaux, cette dynamique représente une opportunité de diversifier leurs marchés. Les secteurs de l’énergie, des infrastructures et des technologies vertes pourraient bénéficier de cette nouvelle visibilité. Déjà, des startups algériennes spécialisées dans les énergies renouvelables ou les solutions logistiques en Afrique subsaharienne pourraient voir leur portefeuille clients s’élargir. La diaspora algérienne, forte de ses réseaux internationaux, a ici un rôle à jouer en facilitant les contacts avec les investisseurs des pays du Sud.
Un modèle économique à réinventer ?
Anuradha Mitra Chenoy a également mis en avant la nécessité pour l’Algérie de repenser son modèle économique. Malgré ses ressources, le pays reste tributaire des fluctuations des prix des hydrocarbures. L’économiste souligne que le Sud Global, en pleine expansion, offre des alternatives pour réduire cette dépendance. Les échanges intra-africains, par exemple, pourraient être boostés par des accords commerciaux renforcés entre l’Algérie et ses voisins. Le secteur agricole, souvent négligé, pourrait aussi tirer profit de cette dynamique, notamment avec la demande croissante en produits alimentaires en Afrique subsaharienne.
Pour les créateurs d’entreprise, cela signifie qu’investir dans des niches comme l’agro-industrie, la transformation locale ou les services numériques pourrait s’avérer stratégique. Des initiatives comme le Fonds d’Investissement pour les Startups Algériennes (FISA) pourraient être renforcées pour soutenir ces projets. La diaspora, quant à elle, pourrait apporter des capitaux et des expertises en développant des fonds d’investissement ciblant les jeunes pousses algériennes.
La diplomatie économique comme levier
L’interview de Anuradha Mitra Chenoy a aussi souligné l’importance de la diplomatie économique pour l’Algérie. Le pays multiplie les partenariats avec des pays comme l’Inde, le Brésil ou l’Indonésie, tous membres du Sud Global. Ces collaborations pourraient se traduire par des joint-ventures dans des secteurs clés, comme les énergies renouvelables ou les technologies de l’information. Les entrepreneurs algériens pourraient ainsi bénéficier de transferts de technologie ou de cofinancements pour leurs projets.
Un exemple concret : les entreprises algériennes spécialisées dans la maintenance industrielle pourraient étendre leurs services vers d’autres pays africains, en s’appuyant sur des accords bilatéraux. De même, les professionnels de la santé ou de l’éducation pourraient proposer des solutions innovantes dans des pays où les besoins sont immenses. La diaspora, grâce à ses connexions internationales, pourrait servir de pont entre ces acteurs et les marchés émergents.
Des défis persistants
Malgré ces opportunités, Anuradha Mitra Chenoy n’a pas éludé les obstacles. Elle a rappelé que l’Algérie doit surmonter des freins structurels comme la bureaucratie, les taux d’intérêt élevés ou encore la difficulté d’accès au crédit pour les PME. Ces défis, si ils ne sont pas relevés, pourraient limiter la capacité du pays à tirer pleinement profit de sa nouvelle visibilité. Les entrepreneurs algériens devront donc faire preuve de résilience et s’appuyer sur des réseaux solides pour contourner ces obstacles.
La question de la formation des compétences a également été évoquée. Pour que l’Algérie devienne une voix majeure du Sud Global, elle devra investir massivement dans l’éducation et l’innovation. Les incubateurs d’entreprises et les accélérateurs de startups, comme ceux soutenus par l’Agence Nationale de Valorisation des Résultats de la Recherche (ANVREDET), devront être renforcés pour produire une nouvelle génération d’entrepreneurs prêts à rivaliser à l’international.
À retenir pour les entrepreneurs
L’Algérie peut capitaliser sur sa position géoéconomique pour renforcer ses échanges avec le Sud Global. Les secteurs de l’énergie, des infrastructures et des technologies vertes offrent des opportunités pour les entrepreneurs locaux. La diaspora algérienne a un rôle à jouer en facilitant les partenariats internationaux et en soutenant les startups algériennes.
💡 Vous créez votre entreprise en Algérie ? GlobalStart vous accompagne pas à pas : démarches, coûts réels, statuts juridiques (SARL, EURL, SPA) et immatriculation CNRC.