Algérie-Tunisie : la bataille des 5 milliards de dollars qui change la

L’Algérie mise sur deux secteurs clés pour s’imposer en Tunisie et capter des parts de marché juteuses. Une stratégie qui pourrait redessiner les opportunités pour les entrepreneurs algériens et la diaspora, mais aussi les forcer à s’adapter à une concurrence accrue. Voici comment cette dynamique impacte directement les créateurs d’entreprise et les investisseurs.

Un plan ambitieux pour doubler la Tunisie sur ses propres terrains

Pour les entrepreneurs algériens, cette offensive représente une double opportunité : d’abord, des appels d’offres publics massifs pour les sous-traitants locaux ; ensuite, une pression accrue sur les prix et la qualité, poussant les PME à innover. « Les Tunisiennes ont déjà une avance technologique dans le solaire, mais l’Algérie mise sur des coûts de production inférieurs de 15 à 20 % grâce à ses ressources en gaz et son électricité subventionnée », explique un expert en énergie renouvelable contacté par El Watan.

Le solaire : un marché de 1,2 milliard de dollars où l’Algérie veut prendre 30 %

Pour les PME algériennes, cela signifie :
Des appels d’offres publics pour la fabrication de panneaux, les études techniques ou la maintenance. Le Centre de Développement des Énergies Renouvelables (CDER) a déjà lancé des consultations pour des projets pilotes.
Une baisse des marges si les prix algériens sont trop élevés. Les entrepreneurs devront justifier leur compétitivité par des coûts réduits ou une expertise locale.
Un risque de dépendance : les grands groupes tunisiens (comme Gardeo ou Tunisian Solar) pourraient préférer des fournisseurs algériens moins chers, marginalisant les acteurs locaux moins efficaces.

« Les PME qui ne se digitalisent pas ou qui ne réduisent pas leurs coûts logistiques seront écrasées », avertit un dirigeant de l’Association des Entrepreneurs Algériens (AEA).

Les ports : une guerre commerciale où Alger mise sur la vitesse

Les conséquences pour les entrepreneurs :
Des appels d’offres pour les services portuaires : manutention, logistique, maintenance. Le Port d’Alger a déjà lancé un appel pour des partenariats publics-privés (PPP) d’ici fin 2026.
Une pression sur les prix : les armateurs tunisiens pourraient basculer vers les ports algériens si les tarifs sont 10 à 15 % moins chers.
Un besoin accru en main-d’œuvre qualifiée : les entreprises devront former des ouvriers ou recruter à l’étranger, notamment dans la diaspora algérienne en France ou en Belgique, où des compétences en logistique sont disponibles.

« Les ports algériens ont un avantage : des coûts salariaux inférieurs de 30 % à ceux de la Tunisie, mais ils doivent améliorer leur efficacité pour attirer les clients », souligne un consultant en transport maritime cité par APS.

La diaspora algérienne : un atout sous-exploité face à Tunis

Le solaire : Des ingénieurs et techniciens algériens en Tunisie pourraient créer des startups spécialisées dans l’installation ou la maintenance, mais ils manquent souvent de fonds.
Les ports : Les compétences en gestion logistique des diasporiques (notamment ceux revenus travailler en Algérie) pourraient être mobilisées, mais les guichets de financement (comme FONAL) restent lents.
Les freins : Méconnaissance des appels d’offres tunisiens, bureaucratie algérienne, et concurrence des groupes tunisiens bien établis.

« La diaspora a les compétences, mais elle n’a pas les réseaux. Il faudrait un programme spécifique pour les accompagner dans ces secteurs », propose un membre de l’Association des Algériens de Tunisie (AAT).

Comment les entrepreneurs algériens peuvent-ils tirer leur épingle du jeu ?

À retenir pour les entrepreneurs

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