Algérie renforce la régulation des influenceurs en ligne

Le ministère du Commerce algérien a récemment durci le cadre juridique encadrant les activités des influenceurs sur les réseaux sociaux. Une nouvelle loi, entrée en vigueur en 2025, impose désormais des obligations strictes aux créateurs de contenu en matière de transparence commerciale et de lutte contre les pratiques trompeuses. Selon Maghreb Émergent, cette réglementation vise à protéger les consommateurs algériens des publicités déguisées et des promotions mensongères, un fléau en croissance sur des plateformes comme Instagram, TikTok ou YouTube.

Des obligations claires pour les influenceurs

Les influenceurs doivent également fournir des preuves tangibles des produits ou services qu’ils promeuvent. Par exemple, un test de produit cosmétique ou une vérification des performances d’un service bancaire devient obligatoire avant toute recommandation. Cette mesure répond à des cas récents de fraudes, comme celui de l’influenceuse Ryma Beautyaddict, qui avait annoncé en 2022 un partenariat avec une marque internationale sans en avoir obtenu l’autorisation formelle.

Un cadre juridique inspiré des modèles internationaux

Le ministère du Commerce a également créé une cellule de surveillance dédiée, chargée de traquer les contenus frauduleux. Selon El Watan, cette unité collabore avec les plateformes sociales pour signaler et supprimer les comptes impliqués dans des arnaques, comme les fausses promotions ou les escroqueries aux cartes bancaires. En février 2026, la police algérienne a d’ailleurs alerté sur une vague d’envois de fausses cartes bancaires par courrier, une technique utilisée pour soutirer des informations personnelles aux victimes.

Les réactions des influenceurs et des plateformes

En revanche, des voix critiques pointent du doigt les difficultés d’application. Un avocat spécialisé en droit numérique, interrogé par TSA, souligne que « la loi manque de mécanismes concrets pour contrôler les influenceurs basés à l’étranger mais ciblant le marché algérien ». TikTok et Instagram, les deux plateformes les plus utilisées en Algérie, n’ont pas encore réagi officiellement à ces nouvelles dispositions.

Un enjeu économique et social

Le ministère de la Poste et des Télécommunications, dirigé par Karim Bibi Triki, a récemment organisé une rencontre avec les responsables locaux pour discuter des moyens de renforcer la cybersécurité. D’après l’APS, ces échanges visent à « sensibiliser les citoyens aux risques liés aux transactions en ligne » et à « promouvoir un écosystème numérique plus sûr ».

Prochaines étapes

Pour les influenceurs, l’adaptation à ce nouveau cadre juridique sera cruciale. Ceux qui respectent les règles pourraient bénéficier d’une crédibilité accrue, tandis que les fraudeurs risquent de disparaître du paysage médiatique algérien. Comme le résume un expert en marketing digital : « La loi ne tue pas la créativité, elle la protège. »

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