Tendances de la semaine
Fiscalité : Nouvelles règles pour les entreprises et les non-résidents
La Loi de finances 2026 (LF 2026) suscite des réactions dans le secteur automobile. Moez Belkhiria, président de l’Association des concessionnaires automobiles (ACA), a alerté sur un avantage fiscal accordé à un segment spécifique du marché. Selon lui, cette mesure crée un déséquilibre concurrentiel entre les acteurs locaux et les importateurs. Aucun détail chiffré n’a été communiqué sur l’ampleur de cet avantage.
Pour les non-résidents, les obligations déclaratives évoluent :
– Déclaration 2024 : Les revenus perçus en Algérie doivent être déclarés selon un formulaire spécifique, disponible sur le site de la Direction générale des impôts (DGI). Les non-résidents sont soumis à une retenue à la source de 15 % sur les revenus fonciers et 20 % sur les dividendes.
– Double imposition : Les dividendes étrangers perçus par des résidents algériens sont imposables en Algérie, sauf si une convention fiscale prévoit un crédit d’impôt. L’Algérie a signé des accords avec 28 pays, dont la France, la Tunisie et la Chine.
Les freelances et entrepreneurs étrangers doivent ouvrir un compte bancaire non-résident pour facturer des clients algériens. Les banques locales (BNA, BADR, CPA) proposent des comptes en devises (EUR, USD) avec des frais de gestion annuels de 5 000 à 10 000 DZD. Les transferts vers l’étranger sont plafonnés à 10 000 USD par an pour les particuliers.
Financement des PME : Le capital-risque et le participatif en première ligne
Le financement participatif (crowdfunding) est présenté comme une alternative aux prêts bancaires. En Algérie, ce modèle reste marginal : seuls 3 plateformes sont agréées par la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de bourse (COSOB). Les montants levés en 2023 n’ont pas dépassé 50 millions DZD, contre 1,2 milliard DZD pour les prêts bancaires classiques.
Nouveauté majeure : La COSOB a délivré le premier agrément pour un fonds de capital-risque en juin 2024. Ce fonds, dont le nom n’a pas été révélé, cible les startups technologiques et les PME innovantes. Son capital initial est estimé à 2 milliards DZD, avec une participation attendue de la Banque africaine de développement (BAD) et du Fonds OPEP.
L’ANGEM (Agence nationale de gestion du microcrédit) reste le principal levier de financement pour les très petites entreprises (TPE). En 2023, elle a accordé 120 000 crédits, pour un montant total de 45 milliards DZD. Le plafond par bénéficiaire est de 10 millions DZD pour les projets industriels et 5 millions DZD pour les services.
Partenariats Chine-Algérie : Sidérurgie et agro-industrie en tête
Les relations économiques entre l’Algérie et la Chine s’intensifient, avec trois projets structurants en discussion :
1. Sidérurgie bas carbone : Une délégation du groupe chinois Baowu (1er producteur mondial d’acier) a rencontré Abdelmadjid Tebboune et Mohamed Arkab (ministre de l’Industrie) en juillet 2024. L’objectif est de moderniser les complexes sidérurgiques algériens (El Hadjar, Bellara) avec des technologies réduisant les émissions de CO₂. Aucun calendrier ni montant d’investissement n’a été communiqué.
2. Banane : Un projet d’unité de production de 10 millions de plants de banane par an est à l’étude. Il s’inscrit dans le cadre du Plan national de développement agricole 2020-2024, qui vise à réduire les importations (400 000 tonnes en 2023, pour un coût de 200 millions USD).
3. Zones agro-industrielles : L’Algérie a rejoint l’Alliance pour les Zones spéciales de transformation agro-industrielle (AZSTI), lancée par la BAD, le Fonds OPEP et la Banque de développement du commerce (TDB). Ce programme prévoit des investissements de 1,5 milliard USD en Afrique d’ici 2027, dont une partie pourrait être allouée à l’Algérie.
Ces partenariats s’accompagnent d’une coopération industrielle renforcée. Une délégation algérienne, menée par Yacine Adjal (ministre de l’Industrie), a discuté avec Baowu des transferts de technologie et de la formation de main-d’œuvre locale. En 2023, la Chine était le 1er fournisseur de l’Algérie (10,2 milliards USD d’importations), devant la France (4,8 milliards USD).
Création d’entreprise : Simplifications administratives et métiers en tension
Le Centre national du registre du commerce (CNRC) a mis à jour le registre des bénéficiaires effectifs en mai 2024. Les entreprises doivent désormais déclarer leurs actionnaires détenant plus de 25 % du capital ou exerçant un contrôle effectif. Le non-respect de cette obligation est passible d’une amende de 500 000 DZD.
Les entreprises de production sont soumises à une nouvelle obligation : la transmission d’un rapport semestriel sur leurs activités. Ce document, à envoyer au ministère de l’Industrie, doit inclure :
– Chiffre d’affaires
– Effectifs
– Investissements réalisés
– Difficultés rencontrées (pénuries, réglementation, etc.)
Liste des métiers en tension 2026 : Le ministère du Travail a publié une liste régionale des secteurs confrontés à des pénuries de main-d’œuvre. Les plus touchés sont :
– BTP : 30 000 postes vacants (maçons, électriciens, plombiers)
– Santé : 12 000 infirmiers et aides-soignants manquants
– Agroalimentaire : 8 000 ouvriers qualifiés
– Numérique : 5 000 développeurs et data analysts
Pour attirer des candidats, des aides à l’embauche sont proposées :
– Exonération de cotisations sociales pendant 12 mois pour les recrutements dans ces secteurs.
– Prise en charge de 50 % du salaire pendant 6 mois pour les jeunes diplômés.
Innovation et diaspora : L’Algérie en retard sur l’IA et le capital humain
L’actualité internationale met en lumière des dynamiques absentes en Algérie :
– Guerre des talents en IA : Mark Zuckerberg a proposé 1,5 milliard USD à un ancien cadre d’OpenAI, qui a refusé. Ce type d’offre illustre la compétition mondiale pour les profils tech, un marché où l’Algérie est peu présente. En 2023, seulement 200 startups algériennes étaient actives dans le numérique, contre 1 200 en Tunisie et 800 au Maroc.
– Innovation ouverte : Le Vietnam développe des écosystèmes collaboratifs entre entreprises, universités et État. En Algérie, ce modèle reste embryonnaire : seuls 3 incubateurs (dont celui de l’USTHB) proposent des programmes structurés.
Pour la diaspora, les opportunités de retour sont limitées. Les secteurs les plus porteurs (énergies renouvelables, agro-industrie, numérique) manquent de cadres expérimentés. Les non-résidents peuvent investir via :
– Des comptes en devises (plafond de dépôt : 100 000 USD)
– La création d’une EURL (capital minimum : 100 000 DZD)
– Des fonds de capital-risque (comme le nouveau fonds agréé par la COSOB)
Bilan de la semaine
1. Fiscalité :
– La LF 2026 introduit des mesures ciblant l’automobile et les non-résidents, avec des risques de distorsion concurrentielle.
– Les dividendes étrangers sont soumis à une double imposition, sauf convention spécifique.
2. Financement :
– Premier agrément pour un fonds de capital-risque en Algérie, avec un capital initial de 2 milliards DZD.
– Le financement participatif reste marginal (50 millions DZD levés en 2023).
3. Partenariats Chine-Algérie :
– Projets dans la sidérurgie bas carbone, la banane et les zones agro-industrielles.
– La Chine est le 1er fournisseur de l’Algérie (10,2 milliards USD en 2023).
4. Création d’entreprise :
– Mise à jour du registre des bénéficiaires effectifs (seuil : 25 % du capital).
– Rapport semestriel obligatoire pour les entreprises de production.
5. Métiers en tension :
– 30 000 postes vacants dans le BTP, 12 000 dans la santé.
– Aides à l’embauche (exonérations, prise en charge partielle des salaires).
6. Innovation :
– Retard algérien dans l’IA et l’innovation ouverte (200 startups numériques en 2023).
À retenir pour les entrepreneurs
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