Cette semaine, l’Algérie et la Tunisie ont officialisé un projet commun de câble sous-marin de données reliant les deux pays à l’Italie. Selon Kapitalis, ce projet vise à renforcer les infrastructures numériques en Afrique du Nord et à améliorer la connectivité internationale. Le câble, dont les détails techniques restent confidentiels, devrait traverser la Méditerranée pour se connecter aux réseaux européens, offrant une alternative aux routes existantes.
Le ministre algérien des Postes et des Télécommunications, Karim Bibi Triki, a souligné l’importance stratégique de cette initiative lors d’une rencontre avec son homologue tunisien. « Ce câble sous-marin positionnera l’Algérie comme un hub numérique régional », a-t-il déclaré, ajoutant que le projet s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation digitale. La Banque mondiale et l’Union européenne ont exprimé leur soutien à cette infrastructure, qui pourrait attirer des investissements étrangers dans les technologies de l’information et de la communication (TIC).
Un enjeu de souveraineté numérique
Le projet s’accompagne d’un volet industriel. Le groupe algérien Condor, spécialisé dans l’électronique, a annoncé son intention de produire localement des équipements de transmission pour le câble. Une première en Algérie, où la fabrication de matériel high-tech reste limitée. « C’est une opportunité pour développer une filière industrielle autour des TIC », affirme un responsable de Condor.
Retombées économiques et emplois
Le projet inclut aussi la création de centres de données en Algérie, comme celui en construction à Sidi Abdallah, près d’Alger. Ces infrastructures permettront de stocker et traiter les données des administrations et des entreprises sans dépendre de serveurs étrangers. « C’est un pas vers l’autonomie numérique », estime un cadre de l’Agence nationale de la promotion des investissements (ANPRI).
Défis techniques et financiers
Sur le plan technique, le câble devra traverser des zones sismiques en Méditerranée, ce qui nécessite des technologies de protection avancées. Les ingénieurs algériens et tunisiens collaborent avec des experts italiens pour concevoir une infrastructure résistante aux séismes et aux ancrages de bateaux. « La fiabilité est notre priorité », assure un responsable du ministère des Télécommunications.
Calendrier et perspectives
Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation des infrastructures numériques en Algérie. En décembre dernier, la Banque d’Algérie (BDL) a lancé un service de paiement électronique international, une première dans le pays. « Ces initiatives montrent que l’Algérie avance vers une économie digitale », analyse un économiste algérien.
Pour les citoyens, les bénéfices se traduiront par une meilleure qualité de service internet, notamment pour les zones éloignées des grands centres urbains. « Les régions du Sud pourraient enfin avoir un accès haut débit stable », espère un habitant de Tamanrasset.
Reste à voir si ce projet tiendra ses promesses. Les retards et les surcoûts sont fréquents dans les grands chantiers d’infrastructures en Algérie. Mais pour une fois, le pays mise sur la technologie pour se positionner comme un acteur clé du numérique en Afrique.