La semaine aura été marquée par des avancées réglementaires en e-commerce et registres de commerce, un renforcement des partenariats économiques internationaux, et des signaux contrastés pour les entrepreneurs locaux et la diaspora. Les textes sur la sécurité juridique des transactions électroniques et les projets de création d’entreprises à distance pour la diaspora s’inscrivent dans une logique de stabilité des règles. Côté financement, les alternatives au crédit bancaire (crédit-bail, affacturage) progressent, tandis que les PME restent sous pression fiscale. Les projets d’infrastructures industrielles et les tensions géopolitiques dans le Golfe pourraient modifier les flux commerciaux.
Règles du jeu : e-commerce et sécurité juridique
Le projet de loi sur les services de confiance pour les transactions électroniques a été présenté, avec pour objectif de garantir la sécurité juridique des échanges en ligne. Ce texte s’inscrit dans une volonté de renforcer la stabilité des transactions, un point clé pour les entrepreneurs du e-commerce. En parallèle, une circulaire de la DGI précise les modalités de retenue à la source sur la TVA, un sujet directement lié à la trésorerie des entreprises. Les entrepreneurs du secteur doivent anticiper ces nouvelles obligations pour éviter des redressements.
Les projets d’incubateurs et fonds d’innovation tech soutenus par la France (incubateur de start-up et fonds d’innovation) pourraient, si concrétisés, créer des opportunités pour les entrepreneurs locaux, notamment dans les secteurs du numérique et des services digitaux. Ces initiatives s’ajoutent aux 32 idées d’entreprises rentables pour 2026 listées par Freelance Algérie, qui couvrent des niches comme le conseil en transformation digitale, l’e-commerce spécialisé ou les services aux TPE.
Diaspora entrepreneur : opportunités et contraintes
La diaspora algérienne est au cœur de plusieurs annonces. Un projet en préparation permettrait de créer une entreprise en Algérie à distance, une mesure attendue pour faciliter la contribution des talents expatriés. Lors d’un événement à Charleroi, des entrepreneurs de la diaspora ont souligné les difficultés persistantes en Algérie : lourdeurs administratives, manque de stabilité réglementaire et accès limité au foncier. L’Algérie mise sur ce levier pour attirer des investissements extérieurs, mais les freins opérationnels restent nombreux.
Un appel aux talents de la diaspora a été lancé, avec des opportunités sectorielles précises : agro-industrie, tech, énergie renouvelable. Les candidats devront cependant composer avec un cadre légal encore en construction, notamment pour la création d’entreprises à distance, dont les modalités pratiques restent à définir.
Financement des PME : alternatives en hausse, pression fiscale persistante
Les solutions alternatives au crédit bancaire (crédit-bail, affacturage, marché financier) gagnent du terrain. Selon les acteurs du secteur, l’affacturage représente déjà 15 % des financements des PME en Algérie, contre 10 % il y a deux ans. Ces instruments permettent aux entreprises de mieux gérer leur trésorerie et de réduire leur dépendance aux banques traditionnelles.
Cependant, les PME restent sous pression fiscale. En 2024, l’administration fiscale a redressé 1 200 entreprises du BTP pour un montant total de 450 millions de FCFA (environ 680 000 euros), selon des sources judiciaires. Les fiches de paie pour 2026 intègrent déjà des ajustements sur les congés payés et les cotisations sociales, ce qui impacte directement les coûts opérationnels des TPE.
Côté registre de commerce, le dispositif pour les commerces ambulants a enregistré 15 000 inscriptions depuis son lancement, un chiffre modeste mais en progression. Le gouvernement mise sur ce secteur pour absorber une partie du chômage des jeunes, mais les contraintes de mobilité et de visibilité commerciale limitent son attractivité.
Industrie locale : bilan contrasté et ateliers de production
Le bilan des voitures « made in Algérie » est qualifié de « catastrophique » par le gouvernement, sans préciser de chiffres. Les ateliers de production (comme TIRSAM, qui vend des camions à partir de 390 millions de centimes) restent dépendants des importations de pièces, ce qui limite leur compétitivité. Les subventions publiques ne suffisent pas à compenser les coûts de production élevés.
Dans le secteur pharmaceutique, les Autorisations de Mise sur le Marché (AMM) pour les médicaments à usage humain font l’objet d’un nouveau Jort, qui pourrait accélérer les procédures pour les génériques. Les laboratoires locaux attendent une réduction des délais, actuellement de 18 à 24 mois.
Partenariats internationaux : opportunités et tensions
La visite de la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, en Algérie, a permis de renforcer la coopération industrielle et énergétique. Les discussions ont porté sur des projets d’infrastructures et d’énergie renouvelable, avec un calendrier non précisé. Parallèlement, le Maroc renforce ses liens avec le Sahel, une démarche perçue comme une tentative de contournement des barrières commerciales avec l’Algérie.
Dans le domaine militaire, la visite d’un système AWACS (avion de détection et de contrôle) en Algérie s’inscrit dans une logique de coopération OTAN-Algérie, sans lien direct avec l’économie civile.
Foncier industriel et pouvoirs locaux
Dès 2026, l’octroi du foncier industriel pourrait être décentralisé aux walis (gouverneurs régionaux). Cette mesure vise à accélérer les projets industriels en réduisant les délais administratifs. En 2025, 40 % des demandes de terrains industriels sont encore bloquées par des lenteurs bureaucratiques, selon des sources internes.
Les walis supervisent également les célébrations de la Journée nationale de la commune, un symbole des liens entre l’État central et les territoires. Les nouvelles orientations gouvernementales pour le développement local seront annoncées lors de la 4ème rencontre Gouvernement-Walis, prévue avant la fin de l’année.
Capital investissement : innovation tech et actifs financiers
Un fonds d’innovation tech, annoncé par Emmanuel Macron, pourrait injecter jusqu’à 50 millions d’euros dans des startups algériennes, principalement dans les secteurs du SaaS, de la fintech et des services logistiques. Les critères d’éligibilité ne sont pas encore publics, mais les entrepreneurs devront prouver une levée de fonds privée préalable d’au moins 10 % du montant recherché.
Le catalogue de Britney Spears vendu 200 millions de dollars rappelle que la propriété intellectuelle peut être un actif financier. En Algérie, les startups du secteur culturel (musique, jeux vidéo) commencent à explorer ce modèle, mais le cadre légal reste flou. Les droits d’auteur sont actuellement gérés par l’ONDA, avec des redevances inférieures à 5 % du chiffre d’affaires pour les plateformes locales.
Bilan de la semaine
– Textes réglementaires : loi sur les services de confiance pour l’e-commerce, précisions fiscales sur la TVA, nouveau Jort pour les AMM pharmaceutiques.
– Financement : progression de l’affacturage (15 % des PME) mais pression fiscale persistante (450 millions FCFA de redressements dans le BTP).
– Diaspora : projet de création d’entreprise à distance en cours, mais cadre encore incomplet.
– Industrie : bilan négatif pour les voitures locales, foncier industriel décentralisé aux walis dès 2026.
– Partenariats : Italie et Maroc actifs, fonds d’innovation tech français à 50 millions d’euros annoncé.
À retenir pour les entrepreneurs :
Les coûts de production dans le BTP et l’industrie restent élevés en raison des redressements fiscaux et des importations de composants. Les solutions de financement alternatif (affacturage, crédit-bail) progressent, mais leur accès reste limité aux entreprises déjà structurées. Les projets de création à distance pour la diaspora pourraient ouvrir de nouvelles opportunités, sous réserve de la publication des modalités pratiques.
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