Algérie : actualité économique et entrepreneuriale

Contexte économique de la semaine
L’Algérie enregistre une intensification des initiatives en capital investissement, avec des partenariats internationaux ciblant l’agro-industrie et la sidérurgie bas carbone. Les réformes fiscales et réglementaires se poursuivent, tandis que le financement alternatif des PME gagne en visibilité. Les flux d’investissement directs (IDE) vers le Maroc en 2025 (+91 %) rappellent la concurrence régionale pour les capitaux. Les zones frontalières et les métiers en tension font l’objet de plans sectoriels.

Emploi et recrutement : métiers en tension et recrutement humanitaire

La liste des métiers en tension pour 2026, publiée par le ministère du Travail, identifie 23 secteurs critiques répartis par wilaya. Les régions de l’Est (Annaba, Constantine) concentrent des besoins en ingénierie mécanique et logistique, tandis que l’Ouest (Oran, Tlemcen) affiche des pénuries en santé et agroalimentaire. Les solutions proposées incluent des formations accélérées et des partenariats avec les universités locales.

Par ailleurs, deux postes sont ouverts par l’ONG Norwegian Refugee Council (NRC) en Algérie :
11 juillet 2024 : responsable logistique à YOP L (Wilaya de Laghouat)
16 avril 2024 : chargé de projet protection à YOP L

Ces recrutements ciblent des profils opérationnels, avec des salaires compétitifs pour le secteur. Pour les entrepreneurs, cette demande en ressources humaines spécialisées souligne l’opportunité de monter des formations certifiantes en partenariat avec les acteurs publics.

Création d’entreprise : innovation et écosystème

L’implantation progressive de l’innovation ouverte au Vietnam, évoquée dans les médias algériens, rappelle que les modèles collaboratifs gagnent en adoption en Asie. Parallèlement, les mouvements dans le secteur de l’IA attirent l’attention :
Mark Zuckerberg propose 1,5 milliard de dollars à un ex-dirigeant d’OpenAI, qui refuse l’offre.
– Les tensions autour des talents en intelligence artificielle s’intensifient, avec des salaires records et des clauses de non-concurrence strictes.

En Algérie, cette dynamique externe peut inspirer des initiatives locales en fintech ou santé digitale, où les compétences en IA sont recherchées. Les entrepreneurs doivent surveiller les programmes de subventions pour l’innovation, comme ceux soutenus par la Banque africaine de développement (BAD).

Capital investissement et IDE : nouveaux partenariats et concurrence régionale

La Banque africaine de développement (BAD) accueille deux nouveaux membres dans son Alliance pour les Zones spéciales de transformation agro-industrielle :
– Le Fonds OPEP
– Le groupe Trade and Development Bank (TDB)

Ces acteurs visent à financer des projets en Afrique, avec un focus sur la transformation locale des matières premières. Le développeur Arise IIP, soutenu par le fonds saoudien Vision Invest, annonce une expansion de ses zones industrielles en Afrique, avec des projets en Côte d’Ivoire et Éthiopie.

Côté IDE, le Maroc enregistre une hausse de 91 % en 2025, selon Hespress Français. Les secteurs porteurs incluent :
Automobile (+150 % en 5 ans)
Énergies renouvelables (+120 % en 3 ans)
Pharmacie (+80 % en 2 ans)

Pour les entrepreneurs algériens, ces chiffres rappellent la nécessité d’accélérer les réformes pour attirer les investissements, notamment dans les zones franches et les secteurs exportateurs.

Fiscalité et réglementation : adaptations et obligations

Trois sujets fiscaux marquent la semaine :
1. Retenue à la source : Les dépenses engagées pour le compte de filiales étrangères et non refacturées font l’objet de contrôles renforcés.
2. Déclaration d’impôt 2024 pour non-résidents : Un guide actualisé précise les modalités de remplissage.
3. Dividendes étrangers : La double imposition est désormais strictement encadrée. Les entreprises doivent déclarer les revenus perçus à l’étranger et justifier leur imposition locale.

Côté registre de commerce, la mise à jour du registre des bénéficiaires effectifs (mai 2024) impose aux entreprises de communiquer un rapport semestriel sur leurs activités. Les entreprises de production sont particulièrement ciblées. Un nouveau formulaire est désormais obligatoire pour les sociétés en activité.

Impact pour les entrepreneurs :
– Les PME exportatrices doivent documenter leurs transactions internationales pour éviter les redressements.
– Les startups en phase de levée de fonds doivent anticiper les obligations de transparence sur leurs bénéficiaires effectifs.

Financement des PME : diversification des sources

Le financement participatif (crowdfunding) est présenté comme une alternative pour les entrepreneurs, avec des plateformes locales émergentes (ex. Yomken pour les projets innovants). La Cosob délivre le premier agrément à un fonds de capital-risque national, marquant une étape pour le financement de l’économie réelle.

Par ailleurs, un rapport sur les zones frontalières propose de remplacer le discours sur la subsistance par des modèles innovants, notamment dans l’agroalimentaire et l’artisanat. Les exemples incluent des coopératives exportatrices vers le Niger et le Mali.

E-commerce et tendances marché

Trois tendances se dégagent pour le commerce en ligne à horizon 2026 :
1. Les influenceurs deviennent des relais de vente pour la mode, avec des commissions pouvant atteindre 15 % du CA généré.
2. Une liste de 20 produits tendance est publiée, dominée par :
– Accessoires mode (sacs, bijoux)
– Produits de beauté naturelle
– Équipements sportifs
3. Facebook reste la plateforme la plus rentable pour les petits vendeurs, avec 7 méthodes récurrentes :
– Vente directe via groupes locaux
– Marketplace intégré
– Publicités ciblées
– Collaborations avec micro-influenceurs

Chiffres clés :
– Le marché algérien de l’e-commerce a progressé de 22 % en 2023, avec un panier moyen de 8 500 DZD.
68 % des acheteurs utilisent des canaux sociaux pour rechercher des produits.

Coopération internationale : Algérie-Chine et sidérurgie bas carbone

Une délégation du groupe chinois Baowu examine avec l’ANGM des partenariats d’investissement en Algérie, notamment dans :
Sidérurgie bas carbone : projets pilotes à Arzew et Skikda
Mines : exploration conjointe de gisements de fer
Infrastructures : modernisation des zones portuaires

Parallèlement, des nouveaux partenariats dans la sidérurgie sont annoncés, avec un focus sur la réduction des émissions de CO₂.

Contexte :
– La Chine est le 1er fournisseur de l’Algérie (18 % des importations en 2024).
– Les IDE chinois en Algérie ont atteint 1,2 milliard de dollars en 2023, principalement dans les hydrocarbures et les infrastructures.

Bilan de la semaine : points marquants

1. Emploi : 23 métiers en tension identifiés pour 2026, avec des besoins par wilaya. Les ONG recrutent des profils opérationnels.
2. IDE : Le Maroc attire 91 % d’IDE en plus en 2025, poussant l’Algérie à accélérer ses réformes.
3. Fiscalité : Contrôles renforcés sur les dépenses des filiales étrangères et la double imposition des dividendes.
4. Financement : Premier fonds de capital-risque agréé par la Cosob, et émergence du crowdfunding.
5. E-commerce : 20 produits en hausse, avec les influenceurs comme leviers de vente.
6. Partenariats : La Chine cible la sidérurgie bas carbone et les mines, avec des projets concrets.

À retenir pour les entrepreneurs
Les entrepreneurs doivent vérifier leur conformité aux nouvelles obligations du registre des bénéficiaires effectifs et anticiper les contrôles fiscaux sur les transactions internationales. Dans l’e-commerce, les influenceurs et Facebook restent les canaux les plus rentables. Les partenariats avec des acteurs chinois en sidérurgie bas carbone pourraient offrir des opportunités, sous réserve de maîtriser les normes environnementales.

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