La wilaya d’Alger a annoncé récemment des mesures concrètes pour garantir l’approvisionnement des abattoirs et des marchés de gros de la capitale. Selon Horizons, ces initiatives visent à stabiliser les prix et à assurer une disponibilité continue des produits alimentaires de base, notamment la viande rouge et les légumes. Cette décision intervient dans un contexte marqué par des tensions sur les chaînes d’approvisionnement et une inflation persistante des denrées essentielles.
Un plan d’urgence pour éviter les pénuries
Le wali d’Alger, Mohamed Bouderbali, a insisté sur l’importance de cette mesure pour prévenir les hausses de prix artificielles. « Nous avons identifié des goulots d’étranglement dans la distribution, notamment au niveau des transporteurs et des intermédiaires. Des solutions ont été trouvées pour fluidifier les circuits », a-t-il déclaré. Parmi ces solutions, la wilaya a renforcé les contrôles sur les prix à la sortie des abattoirs et des marchés de gros, afin d’éviter les spéculations.
Des partenariats avec les professionnels du secteur
Par ailleurs, la wilaya a lancé une campagne de sensibilisation auprès des grossistes pour les inciter à respecter les quotas de stockage et à éviter les pratiques de rétention de marchandises. Des sanctions ont été prévues pour les contrevenants, avec des amendes pouvant aller jusqu’à 5 millions de dinars pour les fraudeurs récidivistes.
Un impact direct sur les prix et la disponibilité
Les consommateurs interrogés par Horizons ont salué ces efforts, tout en soulignant la nécessité de maintenir la vigilance. « Les prix restent élevés, mais on voit une amélioration. Il faut que ça continue », a déclaré Fatima, une habitante de Bab El Oued. Les autorités locales ont assuré que ces mesures seraient renforcées pendant les périodes de forte demande, comme le mois de Ramadan ou les fêtes religieuses.
Des défis persistants à surmonter
Pour réduire cette dépendance, le ministère de l’Agriculture a lancé un plan de relance de l’élevage local, avec des subventions pour les éleveurs et des incitations à l’investissement dans les wilayas du Sud. « Nous visons une autosuffisance à 70 % d’ici 2030 », a indiqué le ministre de l’Agriculture, Youcef Cherfa, lors d’une récente visite dans la wilaya de Tiaret.
En parallèle, la wilaya d’Alger prévoit d’étendre son dispositif aux autres wilayas du pays, en collaboration avec le ministère du Commerce. « Ce qui marche à Alger peut être reproduit ailleurs. L’objectif est d’avoir une approche nationale pour sécuriser l’approvisionnement alimentaire », a souligné Mohamed Bouderbali.
Une réponse à une crise structurelle
Cependant, les experts soulignent que ces efforts doivent être accompagnés d’une réforme plus profonde du secteur agricole. « Il ne suffit pas de contrôler les prix ou de sécuriser les approvisionnements. Il faut investir dans les infrastructures, moderniser les abattoirs et améliorer les conditions de stockage », a expliqué un économiste algérien, interrogé par El Watan.
Pour l’instant, la wilaya d’Alger semble déterminée à poursuivre sur cette voie. Les prochains mois seront décisifs pour évaluer l’efficacité de ces mesures et leur impact sur le pouvoir d’achat des Algérois.