Alger étouffe : 10 milliards de dinars perdus chaque année par l’artis

L’Algérie dépense des milliards pour construire des villes nouvelles, mais son artisanat, pilier économique et source d’emplois, s’étiole faute d’urbanisme adapté. Résultat : un marché parallèle qui coûte 10 milliards de dinars par an aux collectivités locales, selon une étude récente de l’Office national des statistiques (ONS). Pour les entrepreneurs, la diaspora et les créateurs d’entreprise, cette situation révèle un paradoxe criant : l’État investit dans des mégaprojets immobiliers, mais ignore les besoins concrets des petits commerces et ateliers, condamnant des milliers de PME à la survie dans l’informel.

L’artisanat algérien étouffé par des règles d’urbanisme qui tuent l’économie

Pour les entrepreneurs, ce manque de cadre légal se traduit par des coûts cachés :
Pénalités pour non-respect des normes (jusqu’à 500 000 dinars par infraction).
Difficulté à accéder aux crédits (les banques refusent les prêts pour des locaux non déclarés).
Perte de marchés publics, réservés aux entreprises installées en zones industrielles agréées.

La diaspora algérienne investit… mais où s’installer ?

Les investisseurs de la diaspora misent souvent sur des secteurs porteurs comme l’agroalimentaire ou le textile, mais l’absence de zones dédiées les force à contourner les règles. Certains optent pour des partenariats avec des coopératives locales, mais cela limite leur croissance. « Sans infrastructure adaptée, on reste des petits joueurs », résume un entrepreneur tunisien installé à Constantine.

Les villes nouvelles, un échec pour les PME ?

Pour les créateurs d’entreprise, ces zones sont des pièges à investissements :
Pas de réseaux d’eau ou d’électricité fiables (les artisans doivent payer des groupes électrogènes, +20 % de coûts).
Aucun accompagnement (contrairement aux zones franches, où des incubateurs existent).
Isolement géographique : les livraisons deviennent coûteuses, ce qui réduit la compétitivité.

Que font les collectivités locales ? Des timides avancées, mais trop lentes

Le problème ? Les budgets des communes sont bloqués par l’État central, qui priorise les grands projets. « On nous demande de créer des emplois, mais on ne nous donne pas les moyens de loger les entreprises », dénonce un élu de Blida. Résultat : les artisans paient des loyers 2 à 3 fois plus chers dans l’ancien centre-ville que dans des zones industrielles vides.

Comment les entrepreneurs peuvent-ils contourner le système ?

Mais ces solutions restent limitées. « Sans cadre légal clair, on reste dans l’informel, et ça freine l’innovation », souligne un entrepreneur spécialisé dans les énergies renouvelables à Tlemcen.

À retenir pour les entrepreneurs

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