Myriam Fréval défend le sale and lease back en Algérie

Le marché immobilier algérien explore de nouvelles stratégies pour stimuler l’investissement et libérer des liquidités, notamment à travers le mécanisme du sale and lease back. Myriam Fréval, experte en immobilier d’entreprise, a récemment mis en avant les avantages de ce dispositif lors d’un entretien accordé à Lepetitjournal.com. Selon elle, cette pratique, encore peu répandue en Algérie, pourrait offrir aux entreprises locales une alternative pour financer leur croissance sans alourdir leur endettement.

Un outil méconnu mais prometteur

En Algérie, où l’accès au crédit reste contraint pour de nombreuses sociétés, ce mécanisme pourrait représenter une solution pour contourner les difficultés de financement. Les secteurs industriels, commerciaux et même publics pourraient y trouver un intérêt, notamment pour moderniser leurs infrastructures ou investir dans de nouveaux projets. Fréval insiste sur le fait que cette pratique est déjà courante dans les économies développées, où elle a fait ses preuves en matière de flexibilité financière.

Des avantages concrets pour les entreprises algériennes

Un autre atout réside dans la possibilité de négocier des baux longs, offrant une stabilité opérationnelle. Contrairement à un crédit classique, où les remboursements peuvent peser sur la trésorerie, le sale and lease back étale les coûts sur plusieurs années, avec des échéances prévisibles. Fréval précise que cette approche est particulièrement pertinente pour les PME algériennes, souvent limitées par des contraintes de garanties bancaires.

Un cadre juridique à clarifier

Par ailleurs, la fiscalité algérienne pourrait être ajustée pour rendre cette pratique plus attractive. Actuellement, les plus-values réalisées lors de la vente d’un bien immobilier sont soumises à imposition, ce qui peut dissuader certaines entreprises. Une exonération temporaire ou des taux réduits pourraient inciter davantage d’acteurs à recourir à cette solution.

Un levier pour l’investissement immobilier

Myriam Fréval souligne que cette pratique pourrait aussi bénéficier aux collectivités locales, qui pourraient céder des biens publics tout en les louant pour des usages administratifs ou sociaux. Une telle approche permettrait de dégager des ressources pour des projets d’infrastructure, sans perdre le contrôle des actifs stratégiques.

Des défis à relever

Pour les investisseurs, le principal défi réside dans l’évaluation des risques liés aux locataires. Une entreprise en difficulté pourrait ne pas honorer ses loyers, ce qui nécessiterait des garanties solides. Dans ce contexte, le développement d’un marché secondaire pour ces actifs pourrait offrir une sortie en cas de besoin.

Une piste à explorer pour l’Algérie

Pour que cette pratique se généralise, une collaboration entre les acteurs publics et privés sera nécessaire. Les banques, les assureurs et les institutions financières pourraient jouer un rôle clé en proposant des solutions adaptées, tandis que les pouvoirs publics devraient travailler à un cadre juridique plus favorable. Si ces conditions sont réunies, le sale and lease back pourrait devenir un levier de croissance pour l’économie algérienne, en offrant aux entreprises une nouvelle marge de manœuvre financière.

Laisser un commentaire