73% de droits de douane aux États-Unis : l’AQS étouffe sous le protectionnisme américain

Les exportateurs algériens de fil machine, déjà fragilisés par la concurrence internationale, subissent désormais un coup dur : un droit compensateur de 73,33% imposé par les États-Unis sur leurs ventes. Une mesure qui vise directement Algerian Qatar Steel (AQS), seule entreprise algérienne examinée individuellement dans cette procédure. Pour les entrepreneurs locaux, cette décision illustre les risques croissants liés à la dépendance aux marchés étrangers et souligne l’urgence de diversifier les débouchés.

Un coup de massue pour AQS et les sidérurgistes algériens

Le département américain du Commerce a justifié cette sanction par des subventions publiques accordées à AQS, estimant que l’entreprise bénéficiait d’un avantage déloyal. Le taux de 73,33% s’applique aussi à tous les autres exportateurs algériens du secteur, placés sous la catégorie « tous les autres ». Une décision qui intervient après une plainte déposée par cinq géants américains du secteur (Charter Steel, Nucor, Liberty Steel USA, etc.), accusant Alger de distordre les échanges.

Pour AQS, filiale du groupe SNS (Société nationale de sidérurgie), cette mesure aggrave une situation déjà difficile. En 2025, l’entreprise avait dû faire face à une baisse de 15% de ses exportations vers les États-Unis en raison de la concurrence asiatique et des tensions commerciales. Le droit de 73% rend désormais les ventes quasi impossibles sans une révision des coûts de production ou une recherche de nouveaux marchés.

Un avertissement pour les PME algériennes dépendantes des exportations

Cette décision américaine n’est pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans une tendance croissante des pays occidentaux à protéger leurs industries via des droits de douane ou des enquêtes antidumping. Pour les entrepreneurs algériens, notamment ceux des secteurs sidérurgique, textile ou agroalimentaire, cela envoie un signal clair : la diversification des marchés est vitale.

Prenons l’exemple des PME sidérurgiques de l’Est algérien, comme celles de Béjaïa ou Annaba, qui exportent une partie de leur production vers l’Europe. Si les États-Unis appliquent des mesures similaires à celles de l’UE (qui a déjà imposé des droits de douane sur certains aciers algériens en 2024), ces entreprises pourraient se retrouver asphyxiées. La solution ? Développer des partenariats avec l’Afrique subsaharienne, où la demande en acier et en fil machine est en hausse, ou miser sur des niche marchés moins exposés aux barrières commerciales.

Diaspora et investisseurs : vers une relocalisation des chaînes de valeur ?

Cette crise pourrait aussi accélérer le retour des compétences de la diaspora algérienne. Beaucoup d’ingénieurs et d’experts en métallurgie, formés en Europe ou aux États-Unis, pourraient être tentés de créer des usines en Algérie plutôt que de dépendre de marchés instables. À condition que les coûts énergétiques (électricité, gaz) et les délais administratifs (obtention de licences, douanes) soient maîtrisés.

Un exemple encourageant vient du secteur du marbre, où des entreprises comme SARL Nour ont réussi à percer sur le marché chinois après leur participation au salon Marmomac en Italie. Une preuve que l’innovation et les salons internationaux peuvent compenser les risques géopolitiques. Pour les entrepreneurs, le message est simple : ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier.

Sources

À retenir pour les entrepreneurs
Les droits de douane américains de 73% sur le fil machine algérien rappellent que la dépendance à un seul marché est un risque mortel. Pour limiter les impacts, les PME doivent diversifier leurs clients (Afrique, Moyen-Orient) et réduire les coûts logistiques via des partenariats locaux. Une occasion aussi de mobiliser la diaspora pour des projets industriels moins exposés aux barrières commerciales.

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