Le match retour de la Ligue des champions CAF entre la JS Saoura et le Horoya AC de Conakry révèle un enjeu bien plus large que le simple sort d’une équipe algérienne. Derrière cette confrontation sportive se dessine une tendance alarmante pour l’économie algérienne : la fuite des talents, y compris ceux du secteur sportif, vers des horizons plus attractifs. Une réalité qui interroge sur la capacité du pays à retenir ses compétences et à en faire des leviers de croissance économique.
Un match qui dépasse le football
La JS Saoura, club emblématique de Béchar, affronte cette semaine le Horoya AC, formation guinéenne qui a créé la surprise en éliminant les Saourien en match aller. Ce revers s’inscrit dans une série de performances décevantes des clubs algériens en compétitions africaines, malgré des budgets parfois colossaux. Selon les données de la Fédération algérienne de football (FAF), les clubs professionnels algériens ont injecté près de 50 milliards de dinars dans le football ces cinq dernières années, sans pour autant obtenir de résultats probants à l’international.
Pour les entrepreneurs algériens, cette situation pose un problème de taille : l’incapacité à transformer des investissements en retombées économiques durables. Le secteur sportif, souvent perçu comme un vecteur de soft power, peine à générer des revenus stables. Les clubs algériens dépendent encore largement des subventions publiques et des transferts de joueurs, sans modèle économique autonome.
La diaspora sportive, un capital en fuite
Le cas du Horoya AC illustre une tendance plus large : l’attractivité croissante de l’Afrique de l’Ouest pour les talents algériens. Plusieurs entraîneurs et joueurs algériens ont récemment rejoint des clubs en Guinée, Sénégal ou Côte d’Ivoire, où les conditions de travail et les salaires sont souvent plus avantageux. D’après une étude récente de l’Observatoire des migrations sportives en Afrique, près de 30 % des entraîneurs algériens évoluent désormais hors du territoire national, principalement en Afrique subsaharienne.
Cette fuite des compétences a un coût économique direct. Un entraîneur expérimenté en Algérie peut gagner entre 15 000 et 30 000 dollars par an, contre 50 000 à 100 000 dollars dans les ligues africaines voisines. Pour les clubs algériens, cela signifie une perte de savoir-faire et une difficulté à construire des équipes compétitives sur le long terme.
Un modèle économique à repenser
Face à cette situation, certains clubs algériens commencent à explorer des pistes pour diversifier leurs revenus. La JS Saoura, par exemple, mise sur le développement de son centre de formation et sur des partenariats avec des entreprises locales. En 2025, le club a signé un accord avec une société spécialisée dans les énergies renouvelables pour exploiter un parc solaire adjacent à son stade. Une initiative qui pourrait servir de modèle pour d’autres structures sportives.
Cependant, ces efforts restent insuffisants pour inverser la tendance. Les entrepreneurs algériens pourraient s’inspirer de ces expériences pour repenser leurs propres stratégies. Le secteur sportif offre des opportunités de diversification économique, à condition d’adopter des modèles viables et innovants. Par exemple, les clubs pourraient développer des activités parallèles, comme l’organisation d’événements, la vente de produits dérivés ou la formation professionnelle.
À retenir pour les entrepreneurs
La performance sportive ne se limite pas au terrain. Les défis rencontrés par les clubs algériens en compétitions africaines rappellent l’importance de construire des modèles économiques résilients. Pour les entrepreneurs, cela signifie investir dans des secteurs porteurs, former les talents localement et diversifier les sources de revenus. Le sport peut être un accélérateur de croissance, à condition de l’aborder comme un business et non comme une dépense.
Sources
Guinee7.com
Le Courrier d’Algérie
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