Un accord qui coûte cher à l’Algérie
L’accord de 2005, négocié sous la présidence de Abdelaziz Bouteflika, autorisait les flottes européennes à pêcher dans les eaux algériennes contre des compensations financières. À l’époque, l’argument était de soutenir les quotas de pêche et de générer des devises. Mais vingt ans plus tard, les entrepreneurs algériens pointent du doigt un manque à gagner colossal pour l’économie nationale.
Des compensations dérisoires pour des ressources épuisées
Pour les créateurs d’entreprise dans le secteur agroalimentaire, ce déséquilibre est une double peine. D’un côté, les quotas de pêche sont limités pour les bateaux algériens, tandis que de l’autre, les usines de transformation locales manquent de matières premières. Résultat : des PME comme celles de Boumerdès ou d’Oran, spécialisées dans la conserve de poisson, subissent des pénuries de stock et des coûts de production élevés.
La pêche mauritanienne, un modèle à éviter ?
Le secteur de la pêche emploie plus de 200 000 personnes en Algérie, selon les chiffres de la DGPF (Direction générale de la pêche et de l’aquaculture). Un accord mal négocié pourrait donc détruire des emplois et affaiblir une filière déjà fragilisée par la concurrence étrangère et le changement climatique.
Les entrepreneurs algériens lésés par l’UE et les voisins
Cette situation crée un paradoxe économique : l’Algérie exporte du gaz et du pétrole pour importer du poisson transformé, souvent à un coût bien supérieur à celui des produits locaux. Pour Karim B., dirigeant d’une PME de transformation à Alger, « Nous payons deux fois : d’abord en ressources naturelles, ensuite en devises pour importer ce que nous aurions pu produire nous-mêmes. »
Que faire pour inverser la tendance ?
Le gouvernement algérien a récemment évoqué la possibilité de renégocier les accords de pêche avec l’UE, mais les négociations traînent. En attendant, les entrepreneurs algériens doivent diversifier leurs sources d’approvisionnement et réduire leur dépendance aux importations.
À retenir pour les entrepreneurs
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