L’enquête nationale STEPwise de l’OMS révèle un constat alarmant : 48 % des Algériens âgés de 25 à 64 ans présentent au moins un facteur de risque majeur pour les maladies non transmissibles (MNT). Hypertension, diabète, tabagisme, sédentarité… Ces données, publiées récemment par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique, sonnent comme un signal d’alarme pour l’économie algérienne. Entre coûts sanitaires insoutenables pour les entreprises et perte de productivité, les MNT pèsent déjà sur la compétitivité des PME et la diaspora algérienne, qui investit massivement dans des secteurs fragilisés par cette épidémie silencieuse.
L’Algérie, championne africaine des risques cardiovasculaires
Pour les entrepreneurs locaux, cette réalité se traduit par des absentéismes records et des coûts indirects explosifs. Selon la Chambre de commerce d’Alger (CCI), les arrêts maladie liés aux MNT ont augmenté de 22 % en trois ans dans les PME industrielles. Un patron de sous-traitance automobile dans la région d’Oran explique : « Un ouvrier hypertendu coûte 15 % de plus en primes d’assurance qu’un salarié en bonne santé. Avec des marges déjà serrées, c’est un fardeau. » Les secteurs les plus touchés ? L’agroalimentaire, la construction et les services, où la pénibilité physique aggrave les risques métaboliques.
La diaspora algérienne investit… dans des secteurs sous pression
Les investissements de la diaspora, traditionnellement orientés vers l’immobilier ou les services, pourraient se détourner vers des secteurs moins exposés. Les startups algériennes dans la tech ou l’agriculture urbaine – moins dépendantes d’une main-d’œuvre physique – attirent désormais davantage de fonds. « Les business angels algériens privilégient aujourd’hui les projets avec un impact social, comme les applications de télémédecine ou les gyms connectés », note un rapport de la Banque mondiale sur les investissements de la diaspora.
L’État et les entreprises face à un coût invisible
Certaines sociétés tentent de s’adapter. La Sonatrach a lancé en 2024 un programme de prévention dans ses usines, avec des check-ups gratuits et des ateliers nutrition. Résultat ? Une baisse de 10 % des arrêts maladie dans ses sites pilotes. Mais pour les PME, ces initiatives restent hors de portée. « Nous n’avons pas les moyens de payer des médecins en interne », regrette un patron de PME textile à Constantine.
Opportunités cachées dans la crise
Les entrepreneurs algériens qui misent sur la prévention et les technologies médicales pourraient en tirer profit. Les applications de suivi médical, comme DocCare ou Medis, connaissent une croissance fulgurante. « Nous avons triplé notre nombre d’utilisateurs en un an », indique un fondateur basé à Alger. Les investisseurs étrangers, notamment français et américains, scrutent aussi ces opportunités. Un fonds d’investissement marocain a récemment acquis une participation dans une startup algérienne de télémédecine, un signe que le marché est désormais mature.
À retenir pour les entrepreneurs
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