Premier Sommet fintech e-commerce Algérie

La première édition du Sommet national de la fintech et de l’e-commerce en Algérie, organisée récemment par le ministère de l’Économie, des Finances et de la Relance numérique, a marqué un tournant pour l’écosystème entrepreneurial algérien. Réunissant plus de 500 acteurs du secteur, dont des startups, des banques, des opérateurs télécoms et des représentants de la diaspora, cet événement a confirmé l’ambition du gouvernement de moderniser les paiements en ligne et de stimuler l’économie numérique.

Une plateforme pour les acteurs locaux

L’événement, qui s’est tenu à Alger, a permis aux entreprises algériennes de présenter des solutions innovantes en matière de paiement électronique, de logistique et de services financiers. Parmi les participants figuraient Paymee, Yassir, DzPay, et Aman, des acteurs émergents du secteur. Selon les organisateurs, le nombre de transactions en ligne en Algérie a progressé de 40 % entre 2022 et 2025, passant de 12 millions à plus de 17 millions par mois. Cette croissance s’explique en partie par l’adoption croissante des cartes bancaires émises par la Banque d’Algérie (BDL) et la généralisation du paiement par mobile.

Le rôle de la diaspora dans l’e-commerce

Un volet important du sommet a été consacré aux services en ligne pour les Algériens de l’étranger, un marché estimé à plus de 10 milliards de dollars en envois de fonds annuels. À cette occasion, plusieurs banques et fintechs ont annoncé des partenariats pour faciliter les transactions transfrontalières. La Banque Extérieure d’Algérie (BEA) et Flutterwave ont notamment présenté un nouveau service de paiement international via MasterCard, permettant aux émigrés d’effectuer des achats en ligne sans frais supplémentaires.

Pour les entrepreneurs algériens, cette ouverture représente une opportunité majeure. « Les transferts des diasporas sont une manne financière sous-exploitée », a déclaré un expert en économie numérique présent lors du sommet. Les plateformes locales pourraient ainsi capter une part de ces flux en proposant des produits adaptés, comme des marketplaces dédiées aux produits algériens ou des services de livraison transfrontalière.

Un cadre réglementaire enfin adapté ?

Longtemps critiqué pour son retard en matière de digitalisation, le secteur bancaire algérien a connu des avancées significatives ces dernières années. La BDL a récemment autorisé les établissements financiers à émettre des cartes virtuelles pour le commerce en ligne, et plusieurs fintechs ont obtenu des agréments pour proposer des solutions de paiement mobile. Cependant, des obstacles persistent, notamment en matière de fraude en ligne et de manque de confiance des consommateurs.

Le sommet a mis en lumière ces défis, avec des ateliers dédiés à la cybersécurité et à la protection des données. « Sans confiance, l’e-commerce ne décollera pas », a souligné un représentant de l’Agence nationale de certification électronique (ANCE). Des initiatives comme le cryptage des transactions et la sensibilisation des utilisateurs ont été présentées comme des priorités.

Quelles retombées pour les entrepreneurs ?

Pour les créateurs d’entreprise, cet événement a confirmé que l’Algérie est entrée dans une phase de maturation de son écosystème numérique. Plusieurs startups ont annoncé des levées de fonds ou des partenariats avec des acteurs internationaux, tandis que des incubateurs comme Start-Up Your Life et 212Founders ont mis en avant leurs programmes d’accompagnement.

Un exemple concret : Yassir, la licorne algérienne, a révélé son intention de lancer une nouvelle marketplace en 2026, en collaboration avec des partenaires locaux et internationaux. « L’e-commerce en Algérie a encore un potentiel énorme, mais il faut des infrastructures solides et une réglementation claire », a expliqué son PDG lors d’une table ronde.

Le défi de la logistique

Un autre point abordé lors du sommet concerne la logistique, souvent citée comme un frein majeur pour les e-commerçants. Les livraisons transfrontalières, notamment vers les pays voisins, restent lentes et coûteuses. Plusieurs opérateurs comme DHL Algérie et Aramex ont présenté des solutions pour accélérer les délais, mais les coûts élevés des transports aériens et routiers limitent encore la compétitivité des entreprises locales.

À retenir pour les entrepreneurs
L’Algérie compte désormais plus de 300 startups fintech et e-commerce, avec une croissance annuelle de 25 % depuis 2022. Les services de paiement mobile et les marketplaces sont les segments les plus dynamiques. La diaspora représente un marché clé, avec des opportunités pour les plateformes proposant des solutions adaptées aux transferts et aux achats transfrontaliers.

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