En janvier 2025, le président Abdelmadjid Tebboune a signé un décret prolongeant la durée du congé maternité en Algérie. Cette mesure, annoncée par African Manager, porte le congé de 14 à 28 semaines pour les salariées du secteur public et privé. Une décision qui place l’Algérie parmi les pays les plus avancés du continent en matière de protection sociale des mères.
Une réforme attendue depuis des années
D’après les chiffres du ministère du Travail, près de 300 000 femmes actives bénéficieront chaque année de cette mesure. Le décret précise que le congé peut être pris en deux parties : six semaines avant l’accouchement et 22 semaines après. Une flexibilité qui vise à s’adapter aux besoins médicaux et familiaux.
Un impact économique et social mesurable
Les entreprises privées, notamment les PME, expriment toutefois des réserves. La Confédération algérienne du patronat (CAP) craint une hausse des charges pour les employeurs, déjà touchés par la crise économique. « Cette mesure est louable, mais elle doit s’accompagner d’aides fiscales pour les entreprises », déclare son président, Ali Haddad, dans une interview accordée à El Watan en février 2025.
Comparaison avec les pays voisins
Cependant, des défis persistent. Selon une étude de l’Office national des statistiques (ONS) publiée en 2024, 40 % des femmes algériennes quittent leur emploi après un accouchement, faute de structures d’accueil pour les enfants. Le gouvernement a annoncé la création de 500 crèches publiques d’ici 2027, mais leur mise en place tarde.
Réactions des associations et des citoyennes
Sur les réseaux sociaux, les réactions sont partagées. Certaines Algériennes y voient une reconnaissance de leur rôle dans la société, tandis que d’autres critiquent le manque de mesures complémentaires, comme des aides financières pour les mères célibataires. « 28 semaines, c’est bien, mais comment payer le loyer si mon employeur me licencie après ? », écrit une internaute sur Facebook.
Prochaines étapes
Le gouvernement prévoit désormais d’étendre le congé maternité aux travailleuses indépendantes et aux agricultrices, un secteur où les femmes représentent 30 % de la main-d’œuvre. Une commission mixte, réunissant ministères, syndicats et associations, doit rendre ses propositions d’ici fin 2025.
Cette réforme marque une étape, mais son succès dépendra de sa mise en œuvre concrète et des mesures d’accompagnement. Pour l’Algérie, il s’agit aussi de montrer que modernisation sociale et stabilité économique peuvent aller de pair.