Le projet de loi Faraoun va transformer l’e-commerce en Algérie

Houda-Imane Faraoun, ministre de la Poste et des Télécommunications, a présenté récemment un projet de loi visant à encadrer l’activité du commerce électronique en Algérie. Ce texte, annoncé par la Radio Algérienne, marque une étape clé pour les entrepreneurs et les plateformes numériques du pays. Il intervient dans un contexte où le e-commerce algérien, bien que dynamique, reste confronté à des défis juridiques et logistiques majeurs.

Un cadre légal attendu depuis des années

Parmi les mesures phares, le texte prévoit l’obligation pour les sites de e-commerce d’afficher clairement les conditions générales de vente, les délais de livraison et les modalités de rétractation. Il impose également la traçabilité des transactions et la sécurisation des paiements, un enjeu crucial dans un pays où seulement 15 % des adultes possèdent un compte bancaire, selon la Banque d’Algérie. Les plateformes devront aussi désigner un représentant légal en Algérie, une mesure qui vise à éviter les fraudes et à faciliter les recours en cas de litige.

Protection des consommateurs et responsabilisation des acteurs

Pour les entrepreneurs, cette réglementation représente à la fois une opportunité et un défi. D’un côté, elle offre une sécurité juridique qui pourrait attirer davantage d’investisseurs, notamment dans la diaspora algérienne. De l’autre, elle impose des contraintes supplémentaires, comme la mise en conformité des sites web et la gestion des retours, qui pourraient alourdir les coûts pour les petites structures. « Les startups algériennes vont devoir se professionnaliser rapidement », estime un expert du secteur interrogé par TSA. « Celles qui ne le feront pas risquent de disparaître. »

Logistique et paiements en ligne : les défis persistants

Autre enjeu : les paiements en ligne. Bien que le code-barres ait été adopté par plus de 10 000 entreprises en Algérie, selon la Radio Algérienne, les transactions électroniques restent marginales. La plupart des Algériens préfèrent encore le paiement à la livraison, une pratique qui limite la croissance des plateformes. Le projet de loi encourage l’utilisation des moyens de paiement électroniques, mais son succès dépendra aussi de l’évolution des habitudes des consommateurs et de l’offre des banques.

La diaspora algérienne, un levier sous-exploité

Le projet de loi Faraoun pourrait faciliter l’accès des entrepreneurs de la diaspora au marché algérien en clarifiant les règles d’importation et de vente en ligne. Il pourrait aussi encourager les investissements dans des solutions de paiement transfrontalier, comme les portefeuilles électroniques ou les transferts d’argent en ligne. « Les Algériens de l’étranger sont prêts à consommer local, mais il faut leur offrir des garanties », explique un entrepreneur basé en France. « Un cadre légal clair serait un premier pas. »

Vers une économie numérique plus mature

Pour les entrepreneurs, ces changements sont une bonne nouvelle. Ils devraient faciliter la création d’entreprises, réduire les risques juridiques et ouvrir de nouvelles opportunités dans le e-commerce. Cependant, leur succès dépendra aussi de la capacité des acteurs locaux à s’adapter rapidement. Les plateformes devront investir dans la formation, la logistique et les technologies pour rivaliser avec les géants internationaux.

À retenir pour les entrepreneurs
Le projet de loi Faraoun va imposer de nouvelles obligations aux acteurs du e-commerce, mais il offre aussi une sécurité juridique qui pourrait booster le secteur. Les entrepreneurs devront se préparer à se conformer aux règles de traçabilité et de protection des consommateurs, tout en exploitant les opportunités liées à la diaspora. La logistique et les paiements en ligne restent des défis majeurs à relever.

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