Le 14 janvier 2026, les autorités américaines ont annoncé la suspension du traitement des visas pour les ressortissants de 75 pays, dont l’Algérie. Cette décision, effective immédiatement, place les entrepreneurs algériens dans une situation délicate alors que les échanges économiques transatlantiques restent vitaux pour l’écosystème local.
Selon Nessma TV, les raisons invoquées par Washington concernent des « lacunes dans les procédures de vérification » des demandeurs. Pour les professionnels algériens, cette mesure ne se limite pas à un simple retard administratif : elle menace des projets en cours, des partenariats internationaux et la mobilité des talents.
Les entrepreneurs font face à une incertitude immédiate. Les visas B1/B2, indispensables pour les déplacements d’affaires et les rencontres avec des partenaires, sont directement impactés. Les startups en phase de levée de fonds ou les PME exportatrices voient leurs plans perturbés. « Un fondateur de startup à Alger m’a confié que son rendez-vous avec un investisseur américain la semaine prochaine est compromis », relate un avocat spécialisé en droit des affaires à Alger, sous couvert d’anonymat. Les délais d’attente, déjà longs, devraient s’allonger considérablement, avec des coûts supplémentaires pour les dossiers prioritaires.
Les chiffres sont alarmants : selon la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI), 12% des exportations algériennes transitent par les États-Unis. Les secteurs les plus exposés sont l’agroalimentaire, les technologies et les services. Une PME exportatrice de dattes basée à Ouargla signale une perte potentielle de 300 000 dollars par mois si son représentant ne peut se rendre à New York pour finaliser un contrat avec un distributeur américain.
La diaspora algérienne n’est pas épargnée. Les entrepreneurs installés aux États-Unis ou souhaitant y développer leurs activités doivent désormais anticiper des mois d’attente pour régulariser leur statut. « Un entrepreneur installé à Houston attend depuis trois mois un visa pour son épouse, qui doit rejoindre leur projet de restaurant franco-algérien », explique un membre de l’Association des Algériens aux États-Unis (AAEU).
Les recours existent, mais ils sont coûteux et incertains. Les avocats en immigration conseillent de constituer des dossiers « irréfutables » avec preuves de liens économiques avec l’Algérie. Les frais de dossier, passés de 160 à 205 dollars début 2025, s’ajoutent aux coûts déjà élevés des procédures accélérées (jusqu’à 600 dollars supplémentaires).
Les alternatives se réduisent. Le Canada et l’Union européenne restent des options, mais avec des procédures tout aussi strictes. « Les entrepreneurs se tournent vers Dubai ou la Turquie pour les déplacements professionnels, mais les coûts logistiques grèvent leurs marges », confie un consultant en stratégie à Alger.
Cette suspension intervient dans un contexte déjà tendu pour les entrepreneurs algériens. Les restrictions bancaires sur les transferts internationaux, imposées par la Banque d’Algérie en 2024, avaient déjà compliqué les transactions avec l’étranger. Les entrepreneurs doivent désormais gérer deux fronts : la mobilité physique et les flux financiers.
Pour les startups en particulier, cette mesure pourrait freiner leur croissance. Les jeunes pousses algériennes, qui comptent sur les marchés américains pour tester leurs solutions, voient leurs opportunités se réduire. « Un fondateur de startup à Oran a annulé son participation à un salon tech à Las Vegas, où il devait rencontrer 50 investisseurs potentiels », rapporte un incubateur local.
Les autorités algériennes n’ont pas encore réagi officiellement, mais des discussions seraient en cours avec Washington pour trouver une solution. Une réunion entre le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, et l’ambassadeur américain en Algérie est attendue cette semaine.
À retenir pour les entrepreneurs:
La suspension des visas USA concerne principalement les visas d’affaires et touristiques. Les entrepreneurs doivent anticiper des délais prolongés pour leurs déplacements et sécuriser leurs contrats à distance. Les alternatives comme le Canada ou l’Europe exigent des préparations anticipées et des budgets renforcés.
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