Maroc Maurice leaders TIC Afrique

Le dernier classement des pays africains les plus connectés en technologies de l’information et de la communication (TIC) place le Maroc et Maurice en tête d’un continent encore considéré comme le moins connecté au monde. Selon Le360 Afrique, cette position reflète des investissements soutenus dans les infrastructures numériques et une stratégie nationale ambitieuse pour accélérer la transformation digitale.

Le Maroc, avec une couverture mobile de 97 % et un taux de pénétration internet de 80 %, devance Maurice, dont le réseau 5G couvre déjà 90 % de la population. Cette performance contraste avec la moyenne africaine, où seulement 40 % des habitants ont accès à internet et où l’infrastructure fixe reste limitée. Les deux pays partagent des similitudes dans leurs politiques : subventions publiques pour l’accès aux smartphones, partenariats public-privé pour le déploiement de la fibre optique, et création d’écosystèmes favorables aux startups technologiques.

Pour les entrepreneurs algériens, ces résultats offrent des enseignements concrets. D’abord, l’importance d’une vision nationale claire. Le Maroc a lancé en 2022 son plan « Digital Morocco 2030 », avec un budget de 30 milliards de dirhams (2,7 milliards d’euros), visant à doubler le nombre de startups technologiques d’ici 2030. En Algérie, malgré des initiatives comme le fonds d’investissement « Algeria Venture » lancé en 2021, les retards persistent. Le pays compte moins de 10 000 startups actives, contre plus de 15 000 au Maroc, et son taux de pénétration internet stagne autour de 65 %, selon des données officielles.

L’écosystème numérique algérien souffre aussi d’un manque d’infrastructures robustes. Le déploiement de la fibre optique reste inégal, avec des zones rurales encore non desservies. Le taux d’utilisateurs de smartphones atteint à peine 70 %, contre 85 % au Maroc. Les coûts élevés des forfaits mobiles et la lenteur de la connexion freinent l’adoption des services digitaux, essentiels pour les jeunes entreprises. Par exemple, une startup algérienne souhaitant développer une application mobile doit souvent composer avec des latences importantes et des coûts prohibitifs pour héberger ses données localement.

Un autre point clé concerne l’attractivité pour les investisseurs. Maurice, avec son régime fiscal avantageux et son statut de hub financier, attire chaque année des centaines de startups africaines. Le pays a enregistré une croissance de 12 % des investissements étrangers dans les TIC entre 2024 et 2025. En Algérie, malgré la création de zones économiques spéciales comme celle de Sidi Abdallah, les formalités administratives et les lourdeurs bureaucratiques dissuadent souvent les entrepreneurs étrangers. Les délais pour obtenir une licence d’exploitation peuvent s’étendre sur plusieurs mois, là où Maurice propose des procédures en ligne en 48 heures.

La diaspora algérienne, souvent en première ligne pour soutenir l’innovation technologique, pourrait jouer un rôle décisif. Les transferts de fonds via des plateformes fintech restent coûteux et complexes en Algérie, contrairement à Maurice où les services de paiement mobile comme « MyMo » sont largement adoptés. Une coopération accrue entre la diaspora et les acteurs locaux pourrait accélérer le transfert de technologies et de capitaux. Des initiatives comme le « Digital Algeria Summit », organisé depuis 2023, tentent de créer des ponts, mais leur impact reste limité sans un cadre réglementaire plus flexible.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2025, l’Afrique a représenté seulement 3 % des investissements mondiaux en capital-risque dans les TIC, selon un rapport de Partech Africa. Le Maroc et Maurice captent à eux seuls 40 % de ces investissements sur le continent. Pour l’Algérie, cette course n’est pas perdue d’avance, mais le rattrapage exigera des décisions rapides. Prioriser le déploiement de la 5G, simplifier les procédures pour les startups, et encourager les partenariats internationaux pourraient inverser la tendance.

À retenir pour les entrepreneurs
Le Maroc et Maurice montrent que des politiques volontaristes et des investissements ciblés dans les TIC peuvent transformer un secteur. En Algérie, la faible densité des connexions en zones rurales et les coûts élevés des services numériques freinent l’innovation. La diaspora algérienne pourrait apporter un soutien décisif via des transferts de technologie et de fonds, à condition que les barrières administratives soient levées.

💡 Vous créez votre entreprise en Algérie ? GlobalStart vous accompagne pas à pas : démarches, coûts réels, statuts juridiques (SARL, EURL, SPA) et immatriculation CNRC.

Créer mon entreprise Pack 10 Fiches Business — diaspora

Laisser un commentaire