Le Fonds africain de développement (FAD) a annoncé récemment un don de 42,9 millions de dollars pour renforcer l’accès aux financements des jeunes et des femmes en Éthiopie. Selon African Development Bank Group, cette enveloppe vise à stimuler l’entrepreneuriat local en ciblant deux groupes souvent exclus du système bancaire traditionnel.
L’Éthiopie, deuxième pays le plus peuplé d’Afrique, fait face à un taux de chômage élevé chez les jeunes, estimé à plus de 25 % en 2023, et à des inégalités d’accès au crédit pour les femmes. Le projet s’inscrit dans le cadre du programme Jobs for Youth in Africa (JfYA), une initiative du FAD qui soutient des solutions innovantes pour l’emploi des jeunes et l’autonomisation économique des femmes. Les fonds serviront à créer des structures de microfinance, à former des entrepreneurs et à faciliter l’accès aux prêts pour les porteurs de projets à petite échelle.
Pour les entrepreneurs algériens, cette initiative soulève plusieurs questions. D’abord, elle illustre une tendance continentale où les institutions panafricaines placent les femmes et les jeunes au cœur de leurs stratégies de développement. L’Algérie, qui compte près de 30 % de sa population active en chômage et où les femmes représentent seulement 19 % des créateurs d’entreprise, selon la Banque mondiale, pourrait s’inspirer de tels modèles.
Le FAD mise sur des instruments financiers adaptés, comme les garanties de crédit et les fonds de contrepartie, pour réduire les risques perçus par les banques. En Éthiopie, des partenariats avec des institutions locales permettront de démultiplier l’impact des subventions. En Algérie, l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes (ANSEJ) et le Fonds de garantie des crédits aux petites et moyennes entreprises (FGAR) pourraient étudier des mécanismes similaires pour élargir l’accès au financement.
Les secteurs prioritaires en Éthiopie incluent l’agriculture, les technologies de l’information et les énergies renouvelables. Ces domaines correspondent aussi aux opportunités identifiées en Algérie, où les start-ups innovantes et les projets agricoles durables attirent de plus en plus d’investisseurs. Le don du FAD montre que le financement participatif et les fonds dédiés peuvent catalyser l’émergence de nouvelles entreprises, même dans des économies en transition.
Un autre aspect clé est la formation. Le projet éthiopien prévoit des programmes de mentorat et d’accompagnement pour les entrepreneurs. L’Algérie dispose déjà de structures comme l’Incubateur national de start-ups (INS) et les pépinières d’entreprises, mais leur efficacité dépend souvent de leur capacité à toucher les zones rurales et les profils défavorisés. Le modèle éthiopien pourrait servir de référence pour renforcer l’écosystème local.
La diaspora algérienne, qui investit chaque année des milliards de dollars dans l’économie nationale grâce aux transferts de fonds, pourrait aussi jouer un rôle dans la duplication de tels mécanismes. En facilitant l’accès des jeunes et des femmes aux financements, ces transferts pourraient être orientés vers des projets productifs plutôt que vers la consommation. Des initiatives comme le Fonds Souima, créé pour soutenir les start-ups portées par des Algériens de l’étranger, montrent que des solutions existent, mais leur portée reste limitée.
Les chiffres de l’Éthiopie rappellent que l’Afrique a besoin de 20 millions d’emplois par an pour absorber sa croissance démographique. Sans accès au crédit, les femmes et les jeunes, qui représentent la majorité de la population, restent cantonnées à des activités informelles peu rentables. En Algérie, où le secteur informel emploie près de 40 % de la population active, selon l’ONS, une telle approche pourrait contribuer à formaliser l’économie et à créer des emplois stables.
Le FAD a déjà testé des programmes similaires au Sénégal et au Kenya, avec des résultats encourageants. En Éthiopie, le projet durera trois ans et bénéficiera à plus de 50 000 bénéficiaires directs. Pour l’Algérie, l’enjeu est de transposer ces solutions en adaptant les outils aux réalités locales, notamment en renforçant la collaboration entre les banques, les institutions publiques et les acteurs de la société civile.
À retenir pour les entrepreneurs
Le don de 42,9 millions de dollars accordé par le Fonds africain de développement à l’Éthiopie pour financer les jeunes et les femmes entrepreneurs montre l’importance des fonds dédiés dans les économies émergentes. Les mécanismes de garantie de crédit et d’accompagnement technique pourraient inspirer des ajustements dans les dispositifs de financement existants en Algérie.
💡 Vous créez votre entreprise en Algérie ? GlobalStart vous accompagne pas à pas : démarches, coûts réels, statuts juridiques (SARL, EURL, SPA) et immatriculation CNRC.