Rappel des tendances
La semaine a été marquée par des annonces fiscales ciblées, une accélération des dispositifs pour les entrepreneurs, et des signaux contradictoires sur les secteurs clés. Les réformes du registre de commerce, les initiatives pour la diaspora et les tensions géopolitiques (Maroc, Sahel) restent des variables d’ajustement pour les créateurs d’entreprise.
Fiscalité : l’Administration réaffirme ses leviers
L’Administration fiscale a précisé sa politique de différenciation des taux d’IBS (Impôt sur les Bénéfices des Sociétés), sans communiquer de taux exacts. Cette clarification intervient après les bonnes performances de certains groupes : GBH affiche 227 millions de dinars de bénéfices en 2023, tandis qu’Air Algérie cumule 3,2 milliards de dinars de dettes malgré des bénéfices records (380 millions en 2023).
Lien avec les PME : Les taux différenciés pourraient concerner les secteurs prioritaires (numérique, agroalimentaire) et les entreprises exportatrices, comme le suggère la circulaire DGI sur la TVA en matière de retenue à la source. Les entrepreneurs en freelance et les SARL devront anticiper des ajustements pour 2026, notamment sur la fiche de paie BTP (exemples disponibles pour ouvriers, ETAM).
Freelance et création d’entreprise : des pistes concrètes pour 2026
Le secteur freelance et les startups restent sous tension. 32 idées d’entreprises rentables à créer en 2026 ont été recensées, incluant les services en ligne (Saas, conseil), la logistique locale et l’agriculture urbaine. Les critères retenus : faible investissement initial, demande en hausse (e-commerce, santé), et alignement avec les priorités gouvernementales (numérisation, substitution aux importations).
Contexte : Ces propositions s’inscrivent dans un écosystème où le registre de commerce ambulant compte 15 000 jeunes inscrits depuis son lancement. Les secteurs porteurs (énergie renouvelable, BTP) sont mis en avant, mais leur rentabilité dépendra de l’accès aux financements alternatifs.
Registre de commerce : accélération et contraintes
Plusieurs évolutions réglementaires impactent directement les entrepreneurs :
– TIRSAM commercialise des camions « made in Algeria » à partir de 3,9 millions de dinars, avec un objectif de modernisation du parc roulant pour les transporteurs.
– Les médicaments à usage humain voient leur procédure d’AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) simplifiée, mais les exigences de conformité restent strictes pour les laboratoires locaux.
– 15 000 jeunes ont utilisé le registre ambulant depuis sa création, un chiffre en progression mais encore marginal face aux besoins du marché.
Conséquence : Les entrepreneurs du BTP et de la santé doivent anticiper des délais administratifs réduits pour les AMM, mais aussi des coûts de conformité élevés (ex : certification ISO pour les médicaments).
Capital investissement : l’État et la diaspora en première ligne
Deux dynamiques simultanées :
1. Projet français : Emmanuel Macron annonce un fonds d’innovation tech et un incubateur de startups en Algérie, sans préciser le montant. Ce dispositif cible les secteurs high-tech, mais son articulation avec les fonds locaux (ANSEJ, CNAN) reste à clarifier.
2. Startups algériennes : Les avancées mentionnées concernent principalement les incubateurs existants (El Ghazali, Alger Business Angels), avec un accent sur les secteurs fintech et green tech.
Lien avec la diaspora : Les initiatives comme MEET Africa 2 visent à attirer les repats, mais les retours d’expérience (ex : Charleroi) montrent un décalage entre les promesses et les réalités du marché algérien (bureaucratie, accès au financement).
Diaspora entrepreneuriale : entre opportunités et réalités locales
Les appels à la diaspora se multiplient :
– Opportunités entrepreneuriales : Les talents sont invités à investir dans les niches sous-exploitées (agroalimentaire, énergies renouvelables).
– Retours bloqués : Les entrepreneurs de la diaspora (ex : Charleroi) soulignent les obstacles à l’implantation (complexité des procédures, méconnaissance des marchés locaux).
Chiffre clé : Le projet de fonds français pourrait apporter 10 à 50 millions d’euros selon les estimations, mais son impact dépendra de la capacité des startups à lever des fonds complémentaires en Algérie.
E-commerce : vers un cadre juridique stabilisé
Le projet de loi sur les services de confiance pour les transactions électroniques est en discussion. Objectif : sécuriser les paiements en ligne et réduire les litiges, avec deux mesures phares :
– Fin de la criminalisation automatique des chèques sans provision pour les particuliers (sauf fraude avérée).
– Certification des plateformes : Obligation pour les marketplaces de prouver leur conformité (sécurité des données, traçabilité des transactions).
Impact pour les entrepreneurs :
– Les PME en e-commerce pourront accéder à des solutions de paiement plus fiables (ex : intégration avec les banques locales).
– Les freins juridiques (recouvrement des créances) devraient diminuer, mais les coûts de conformité pourraient augmenter pour les petits acteurs.
Financement : diversification des outils, mais risques persistants
Les PME algériennes explorent des alternatives au crédit bancaire :
– Crédit-bail : En hausse de 12 % en 2023 (source : Banque d’Algérie), utilisé pour l’acquisition de matériel.
– Affacturage : Croissance de 8 % pour les PME exportatrices, mais limité aux secteurs à cycle de paiement long (BTP, agroalimentaire).
– Marché financier : Lancement de nouveaux instruments (obligations corporates), mais réservé aux grandes entreprises.
Contexte géopolitique : La guerre en Iran et les tensions dans le Golfe pourraient perturber les chaînes d’approvisionnement des PME importatrices (ex : pièces détachées), incitant à une relocalisation partielle.
ANADE et géopolitique : l’Algérie entre alliances et isolement
– Italie : Visite de Giorgia Meloni en Algérie pour renforcer le partenariat énergétique (gaz, hydrogène vert). Un accord de 10 milliards d’euros est évoqué, avec des retombées attendues pour les PME locales (sous-traitance, logistique).
– Maroc : Le pays consolide ses liens avec le Sahel (Sénégal, Côte d’Ivoire), en réponse à l’isolement relatif de l’Algérie dans la région. Ce blocage affecte les projets transsahariens (ex : la ligne ferroviaire Casablanca-Alger-Tunis, gelée par la frontière marocaine).
– OTAN : Les AWACS (systèmes de surveillance aérienne) surveillent les tensions en Méditerranée, sans impact direct sur l’économie.
SARL et BTP : normes sociales et contentieux
– Fiche de paie BTP 2026 : Les nouvelles grilles salariales pour ouvriers, ETAM et cadres sont publiées, avec des hausses de 5 à 8 % pour les qualifications. Les congés payés passent à 30 jours pour les ouvriers, contre 24 auparavant.
– Contentieux fiscal : Decathlon Sénégal fait face à un redressement de 450 millions FCFA, contesté en justice. Ce cas illustre les risques de double imposition pour les entreprises opérant en Afrique de l’Ouest.
ANGEM et politiques industrielles : un bilan contrasté
– Voitures « made in Algeria » : Le gouvernement souligne un bilan catastrophique (chiffres non communiqués), avec des usines sous-utilisées (ex : Renault Tiaret) et une dépendance aux importations de pièces.
– Train transsaharien : Le projet Casablanca-Alger-Tunis (4 milliards de dollars) est bloqué par la fermeture de la frontière marocaine. Les alternatives (Tunis-Djerba) sont à l’étude.
Bilan de la semaine
– Fiscalité : Clarification des taux d’IBS, mais incertitude sur leur application aux PME.
– Financement : Diversification des outils (crédit-bail, affacturage), mais accès limité pour les petits entrepreneurs.
– Numérique : Cadre juridique pour l’e-commerce en discussion, avec un focus sur la sécurité des transactions.
– Diaspora : Appels à l’investissement, mais obstacles persistants (bureaucratie, méconnaissance du marché).
– Géopolitique : Partenariats avec l’Italie, mais tensions régionales (Maroc, Sahel) qui freinent les projets transfrontaliers.
À retenir pour les entrepreneurs
Les entrepreneurs doivent :
– Anticiper les ajustements fiscaux (TVA, IBS) et les normes sociales (fiche de paie BTP 2026).
– Explorer les dispositifs de financement alternatifs (crédit-bail, affacturage) pour contourner les limites du crédit bancaire.
– Surveiller l’évolution des projets de loi sur l’e-commerce et les transactions électroniques, clés pour les activités en ligne.
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