Le gouvernement algérien, en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), vient de lancer une initiative ambitieuse : former 1 000 jeunes Algériens aux métiers du numérique d’ici la fin 2025. Cette annonce, faite cette semaine par le PNUD, s’inscrit dans une stratégie plus large visant à réduire le chômage des jeunes et à préparer les talents locaux aux emplois de demain. Pour les entrepreneurs algériens, cette mesure représente une opportunité concrète, à condition d’en comprendre les enjeux et les limites.
Une réponse à l’urgence du chômage des jeunes
Avec un taux de chômage des jeunes dépassant les 29 % en 2024 selon l’Office National des Statistiques (ONS), l’Algérie fait face à une pression sociale et économique croissante. Les métiers du numérique, en pleine expansion, pourraient absorber une partie de cette main-d’œuvre. Le programme, coordonné par des experts locaux et internationaux, propose des formations certifiantes dans des domaines comme le développement web, la cybersécurité, et l’intelligence artificielle. Les candidats sélectionnés bénéficieront de bourses couvrant jusqu’à 70 % des frais de formation, un détail crucial pour les jeunes issus de milieux modestes.
Selon les données du PNUD, 60 % des emplois créés d’ici 2030 dans le monde seront liés au numérique. En Algérie, où le secteur reste sous-développé, cette initiative pourrait combler un retard structurel. Les entreprises locales, qu’elles soient des startups ou des PME, pourraient ainsi trouver des profils adaptés sans avoir à recruter à l’étranger, souvent à des coûts prohibitifs.
Des partenariats qui interrogent
Le programme est soutenu par plusieurs acteurs institutionnels, dont le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique. Cependant, des questions subsistent sur la durée des formations et leur adéquation avec les besoins réels du marché. Les entrepreneurs algériens, notamment ceux du secteur tech, soulignent régulièrement l’écart entre les compétences enseignées dans les universités et celles requises par les entreprises. « Les formations universitaires algériennes restent trop théoriques », déplore un fondateur de startup à Alger. « Il faut des programmes en phase avec les réalités du terrain, comme ceux proposés par les bootcamps internationaux. »
Le PNUD a précisé que les formations incluront des modules pratiques, avec des projets concrets à réaliser en collaboration avec des entreprises locales. Une initiative louable, mais qui dépendra de l’engagement réel des acteurs économiques. À ce stade, aucune liste d’entreprises partenaires n’a été publiée, ce qui laisse planer un doute sur la viabilité à long terme du projet.
Une opportunité pour la diaspora tech
La diaspora algérienne, forte de plusieurs milliers de professionnels qualifiés dans le numérique, pourrait jouer un rôle clé dans ce programme. Certains, comme les ingénieurs installés en France ou au Canada, pourraient participer en tant que mentors ou formateurs à distance. Le gouvernement a d’ailleurs annoncé la création d’une plateforme dédiée pour faciliter ces échanges, mais les détails concrets manquent encore.
Pour les entrepreneurs expatriés souhaitant investir en Algérie, cette initiative pourrait être un signal positif. Elle montre une volonté de structurer un écosystème numérique local, ce qui est un prérequis pour attirer des fonds étrangers. Cependant, les lourdeurs administratives et les barrières fiscales restent des freins majeurs. Comme le rappelle un investisseur basé à Paris : « Sans un cadre juridique clair pour les startups, même les meilleurs talents auront du mal à créer des entreprises pérennes. »
Les défis à relever
Plusieurs obstacles pourraient compromettre l’efficacité du programme. D’abord, la question de l’employabilité : former 1 000 jeunes ne suffira pas si ces derniers ne trouvent pas d’emplois à l’issue de leur cursus. Le secteur privé algérien, en particulier les TPE et PME, manque souvent de ressources pour recruter et former de nouveaux talents. « Nous sommes prêts à embaucher, mais les candidats manquent souvent de soft skills », confie un chef d’entreprise à Oran.
Ensuite, l’accès aux équipements : beaucoup de jeunes Algériens n’ont pas les moyens d’acheter un ordinateur ou une connexion internet stable. Le PNUD a promis des aides matérielles, mais leur déploiement reste flou. Enfin, la concurrence des formations en ligne, souvent moins chères et plus flexibles, pourrait détourner une partie des bénéficiaires.
À retenir pour les entrepreneurs
Cette initiative du PNUD et du gouvernement algérien représente une avancée, mais sa réussite dépendra de l’implication du secteur privé. Les entrepreneurs locaux doivent saisir cette opportunité pour co-construire des programmes adaptés à leurs besoins. Pour les jeunes formés, l’enjeu sera double : trouver un emploi rémunérateur et éviter l’exode des compétences vers l’étranger.
💡 Vous créez votre entreprise en Algérie ? GlobalStart vous accompagne pas à pas : démarches, coûts réels, statuts juridiques (SARL, EURL, SPA) et immatriculation CNRC.