La 18e édition du Salon national de l’emploi et de l’entrepreneuriat s’ouvre vendredi 29 mai à Alger, jusqu’au dimanche 31 mai 2025, au Palais des Expositions des Pins Maritimes. Organisé par l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes (ANSEJ), ce rendez-vous annuel attire chaque année plus de 100 000 visiteurs et 500 exposants. Pour les créateurs d’entreprise et la diaspora algérienne, l’événement représente bien plus qu’une vitrine d’offres d’emploi : c’est un laboratoire d’opportunités concrètes, un espace de networking et une plateforme pour accéder à des financements et des accompagnements adaptés.
Une plateforme dédiée aux porteurs de projets
Cette année, l’espace dédié aux entrepreneurs occupe une place centrale dans le salon. Selon les organisateurs, plus de 200 stands seront réservés aux incubateurs, banques, microfinances et structures d’accompagnement comme l’ANSEJ, l’Agence de développement de l’économie sociale (ADES) et la Caisse nationale de solidarité et de garantie des crédits aux petites et moyennes entreprises (CASGPC). Les porteurs de projets pourront y rencontrer directement des conseillers, déposer des demandes de financements et participer à des ateliers sur les démarches administratives, la gestion financière et la digitalisation des activités.
La CASGPC, par exemple, propose des garanties pouvant couvrir jusqu’à 70 % des crédits bancaires pour les jeunes entrepreneurs. « En 2024, nous avons accompagné plus de 12 000 projets avec un taux de défaillance inférieur à 5 %, » indique un responsable de l’agence. Pour les start-up, des partenariats avec des incubateurs comme Algeria Venture ou Startup Your Life offrent des espaces de coworking et des programmes de mentorat sur trois à six mois.
Des secteurs porteurs et des financements ciblés
Les organisateurs mettent en avant plusieurs niches où les opportunités sont particulièrement fortes. L’agroalimentaire reste un secteur privilégié, avec des subventions pouvant atteindre 3 millions de dinars pour les projets innovants dans la transformation des produits locaux. Les énergies renouvelables, notamment le solaire, bénéficient d’un engouement croissant, avec des appels à projets lancés par le ministère de l’Énergie pour des installations de moins de 1 MW.
Pour les entrepreneurs de la diaspora, le salon représente une porte d’entrée vers le marché algérien. Plusieurs stands sont dédiés aux programmes de retour comme « Algeria Diaspora Investment » ou « Investir en Algérie », qui facilitent les investissements étrangers dans des secteurs comme les technologies, le tourisme ou les services. « Nous avons enregistré une hausse de 25 % des investisseurs de la diaspora en 2024 par rapport à 2023, » précise un représentant du ministère de l’Industrie et des Mines.
Des chiffres qui parlent
L’impact du salon sur l’emploi et l’entrepreneuriat est mesurable. En 2023, plus de 1 500 contrats de travail ont été signés lors de l’événement, et 800 projets ont été financés directement sur place grâce aux partenariats avec les banques publiques. Cette année, les organisateurs visent 2 000 embauches et 1 000 projets financés. Les montants alloués pour les microcrédits ont également augmenté : la Banque de l’agriculture et du développement rural (BADR) propose désormais des prêts jusqu’à 5 millions de dinars pour les projets agricoles, avec des taux préférentiels.
Un autre indicateur montre l’évolution du profil des entrepreneurs : 40 % des participants en 2024 étaient des femmes, contre 25 % en 2020. Les secteurs les plus plébiscités par les femmes restent la mode, l’artisanat et les services digitaux. Les organisateurs ont donc renforcé les ateliers dédiés à l’entrepreneuriat féminin, avec des modules sur la gestion de projet et l’accès aux marchés publics.
Un réseau à exploiter au-delà du salon
Les entrepreneurs qui participent au salon ne se contentent pas de profiter des deux jours sur place. Les structures d’accompagnement proposent un suivi post-événement. L’ANSEJ, par exemple, offre un accompagnement gratuit pendant six mois aux porteurs de projets, incluant un mentorat personnalisé et un accès à des marchés via des plateformes comme « Algeria Market ».
De même, la plateforme « Jeune Entreprise Innovante » (JEI), lancée en 2022 par le ministère de l’Enseignement supérieur, permet aux start-up de bénéficier d’exonérations fiscales pendant trois ans. « Nous avons déjà labellisé 300 entreprises en 2024, avec un taux de survie de 85 % après deux ans, » explique un responsable du projet.
Pour la diaspora, les associations comme « Entrepreneurs de la Diaspora Algérienne » (EDA) organisent des webinaires après le salon pour aider les investisseurs à finaliser leurs projets. « L’objectif est de transformer les contacts pris sur place en partenariats réels, » souligne un membre de l’association.
À retenir pour les entrepreneurs
Le Salon de l’emploi 2024 à Alger offre un accès direct à des financements (jusqu’à 5 millions de dinars pour les projets agricoles) et à des accompagnements gratuits pendant six mois via l’ANSEJ. Les secteurs porteurs incluent l’agroalimentaire, les énergies renouvelables et les services digitaux, avec un taux de survie des start-up labellisées à 85 % après deux ans. Les entrepreneurs de la diaspora peuvent explorer des programmes comme « Algeria Diaspora Investment » et bénéficier d’exonérations fiscales via la plateforme JEI.
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