L’Algérie renforce sa recherche contre le cancer du sein

Cette semaine, l’Algérie a mis en lumière les avancées de sa recherche médicale dans la lutte contre le cancer du sein, notamment grâce à l’apport de la biologie moléculaire. Une conférence organisée par l’Agence nationale de développement de la recherche en santé (ANDRS) et l’Institut Pasteur d’Algérie a réuni des oncologues, des biologistes et des chercheurs pour présenter les dernières innovations diagnostiques et thérapeutiques. Selon les participants, ces outils pourraient transformer la prise en charge des patientes algériennes d’ici deux à trois ans.

Des tests moléculaires pour un diagnostic précis

L’Institut Pasteur d’Algérie, en collaboration avec le Centre Pierre et Marie Curie (CPMC) d’Alger, a lancé en 2024 un programme pilote pour intégrer ces tests dans le parcours de soins. Actuellement, une centaine de patientes ont bénéficié de cette approche, avec des résultats encourageants : une réduction de 30 % des traitements inutiles, selon une étude présentée lors de la conférence. « Avant, nous traitions toutes les patientes de la même manière. Aujourd’hui, nous adaptons les protocoles en fonction du profil génétique de la tumeur », ajoute le Dr Bouzid.

Des traitements ciblés accessibles localement

Le Pr Kamel Bouzid, directeur de l’EHS de Batna, souligne que ces avancées s’accompagnent d’une formation accrue des médecins. « Nous avons formé 40 oncologues en 2024 à l’utilisation des thérapies ciblées. L’objectif est de généraliser ces compétences à l’ensemble des centres anti-cancer du pays d’ici 2026 », indique-t-il. Par ailleurs, l’ANDRS a lancé un appel à projets pour développer des biosimilaires, des versions moins coûteuses de ces médicaments, afin de réduire la dépendance aux importations.

La recherche algérienne s’internationalise

D’autres partenariats sont en cours avec des institutions marocaines et tunisiennes, malgré les tensions diplomatiques entre l’Algérie et le Maroc. « La science ne connaît pas de frontières. Nous échangeons des échantillons et des données avec nos homologues maghrébins pour faire avancer la recherche », confie un chercheur sous couvert d’anonymat.

Des défis logistiques et financiers

Le financement de la recherche reste également un enjeu. Si l’État a augmenté son budget dédié à la santé en 2025, une partie des fonds est absorbée par l’achat de médicaments et d’équipements. « Nous avons besoin de plus de moyens pour recruter des chercheurs et moderniser nos infrastructures », souligne le Pr Bouzid. L’ANDRS a toutefois annoncé le lancement d’un fonds dédié à l’innovation en oncologie, doté de 500 millions de dinars, qui devrait permettre de financer une dizaine de projets d’ici la fin de l’année.

Vers une stratégie nationale intégrée

Parmi les priorités figurent l’extension du dépistage organisé à toutes les wilayas, la formation de 200 oncologues supplémentaires d’ici 2027 et la création de trois nouveaux centres anti-cancer dans le Sud. « Nous voulons que chaque Algérienne, où qu’elle se trouve, ait accès aux mêmes soins », affirme le Dr Saihi.

Les prochains mois seront décisifs pour concrétiser ces ambitions. Si les moyens suivent, l’Algérie pourrait devenir un modèle en matière de recherche contre le cancer en Afrique du Nord.

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