Contexte général
La semaine a été marquée par deux axes centraux : l’adoption de mesures juridiques pour sécuriser l’e-commerce et le renforcement des alternatives de financement pour les PME. Les projets de loi sur les services de confiance électronique et les fonds d’investissement public-privé s’inscrivent dans une logique de stabilisation du cadre réglementaire. Parallèlement, les discussions sur les frontières commerciales en Afrique du Nord et les pressions fiscales sur les entreprises étrangères rappellent les contraintes structurelles pesant sur l’entrepreneuriat local.
Cadre juridique : e-commerce et registres publics
Côté registres publics, 15 000 jeunes ont été inscrits au registre de commerce ambulant depuis son lancement en 2022, selon les données du ministère du Commerce. Ce dispositif cible les micro-entrepreneurs, avec des frais d’immatriculation fixés à 3 900 dinars (environ 27 euros). Par ailleurs, le Jort a publié de nouvelles directives pour les autorisations de mise sur le marché (AMM) des médicaments, avec une accélération des délais pour les génériques, passant de 90 à 60 jours en moyenne pour les dossiers complets.
Lien avec l’ANGEM
L’ANGEM a annoncé la reprise du projet de train Casablanca-Alger-Tunis, estimé à 4 milliards de dollars, mais le passage par le Maroc reste conditionné à la réouverture de la frontière terrestre, fermée depuis 1994. Ce corridor ferroviaire est présenté comme une opportunité pour les transporteurs algériens, mais son coût logistique et les incertitudes diplomatiques en limitent l’impact immédiat. En parallèle, le gouvernement a dressé un bilan catastrophique (terme officiel) de la production automobile locale, avec des volumes vendus en 2024 inférieurs à 5 000 unités malgré des investissements publics de plus de 20 milliards de dinars depuis 2020.
Financement et investissement : entre innovation et rigidités
Risques et opportunités pour la diaspora
Un scandale de transfert illégal d’argent a impliqué une entreprise algéro-émiratie, révélant des lacunes dans le contrôle des flux financiers. Les montants concernés s’élèveraient à plus de 450 millions de dirhams (environ 38 millions d’euros), selon une enquête de la Cour des comptes. Ce cas illustre les défis persistants pour les entrepreneurs expatriés souhaitant rapatrier des fonds ou investir en Algérie sans passer par des canaux officiels.
Environnement des affaires : fiscalité et coopération régionale
Côté coopération internationale, la visite de la Première ministre italienne Giorgia Meloni a abouti à des accords pour renforcer les investissements dans les infrastructures (ports, énergies renouvelables). En revanche, les tensions avec le Maroc s’accentuent : Rabat a signé des partenariats avec le Niger et le Burkina Faso pour contourner l’isolement de l’Algérie, réduisant les opportunités pour les transporteurs algériens dans la région du Sahel.
Création d’entreprise : dynamiques et blocages
Pressions sectorielles
Dans le BTP, la fiche de paie 2026 intègre de nouvelles cotisations pour les congés payés, avec un coût additionnel estimé à 12 000 dinars par an et par ouvrier. Les ETAM (employés et techniciens) seront aussi soumis à des prélèvements accrus pour les régimes de retraite complémentaire.
Investissements étrangers : opportunités et alertes
Bilan de la semaine : points clés
À retenir pour les entrepreneurs
Les entreprises doivent anticiper les délais de mise en conformité avec les nouvelles règles e-commerce (12 à 18 mois). Les PME gagnent à explorer les solutions de financement non bancaires (crédit-bail, affacturage), mais les coûts salariaux dans le BTP augmenteront de 3 à 5 % en 2025. Les projets d’export vers l’Afrique subsaharienne restent pénalisés par les restrictions logistiques liées à la fermeture de la frontière marocaine.
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