Contexte global
La semaine a été marquée par des évolutions réglementaires et des annonces politiques influençant le climat des affaires. Le registre de commerce enregistre une hausse des inscriptions pour les activités ambulantes, tandis que les réformes douanières et les partenariats internationaux redéfinissent les opportunités d’investissement. Les aides publiques ciblent désormais les micro-entreprises, et les règles de rapatriement des devises pour les exportateurs hors hydrocarbures ont été précisées.
Registre de commerce : dynamique des inscriptions et contraintes logistiques
Le registre de commerce ambulant, mis en place il y a 18 mois, compte 15 000 jeunes inscrits, selon les dernières données officielles. Cette mesure s’inscrit dans la stratégie de formalisation des activités informelles, avec un coût d’inscription minimal (quelques centaines de milliers de centimes). Parallèlement, TIRSAM, filiale du groupe public SNVI, lance la commercialisation de camions produits localement à partir de 390 millions de centimes l’unité. Ce projet s’appuie sur une capacité de production annuelle de 5 000 véhicules, mais reste contraint par les délais de livraison des composants importés.
Côté santé, les médicaments à usage humain voient leur procédure d’autorisation de mise sur le marché (AMM) simplifiée, avec un nouveau cadre réglementaire applicable depuis début mai. Les laboratoires locaux, comme Saidal ou Pharmal, pourront ainsi accélérer leurs lancements, sous réserve de respecter les normes de qualité imposées par l’ANPPA.
Partenariats internationaux : entre opportunités et rivalités régionales
La visite de Giorgia Meloni en Algérie a acté le renforcement du partenariat algéro-italien, avec des accords portant sur l’énergie, les infrastructures et les transferts technologiques. L’Italie, premier partenaire commercial de l’Algérie en Europe, mise sur les projets d’énergies renouvelables et la modernisation des ports. En parallèle, le Maroc développe des coopérations alternatives avec les pays du Sahel, notamment via le projet de ligne ferroviaire Casablanca-Alger-Tunis (coût estimé à 4 milliards de dollars). Cependant, le verrou de la frontière maroco-algérienne bloque toute avancée concrète, limitant l’intégration régionale.
L’Algérie, via ANADE, continue de promouvoir ses capacités industrielles et logistiques, notamment dans le secteur militaire. Les systèmes AWACS, utilisés par l’OTAN pour la surveillance aérienne, pourraient intéresser des pays africains cherchant à renforcer leur souveraineté aérienne.
ANGEM et création d’entreprise : bilans contrastés et réformes en cours
L’ANGEM a publié un bilan mitigé sur le programme des voitures « made in Algérie », soulignant des retards importants dans la production locale. Les coûts de fabrication, supérieurs de 30% à peine aux modèles importés, n’ont pas suffi à attirer les consommateurs, malgré les incitations fiscales.
Le projet de train transmaghrébin (Casablanca-Alger-Tunis) reste suspendu en raison du blocage politique entre l’Algérie et le Maroc. Les études techniques, financées par la Banque africaine de développement, sont achevées, mais la viabilité économique dépendra de la réouverture des frontières.
Côté entrepreneuriat, Issad Rebrab, figure historique de l’industrie algérienne, est mentionné comme repreneur potentiel d’entreprises en difficulté dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Son retour dans le secteur privé pourrait relancer des filières locales, notamment l’agroalimentaire.
Statuts juridiques et micro-entreprises : formalisation et fiscalités
Les EURL voient leurs procédures de cession de parts sociales modifiées, avec un nouveau formalisme incluant :
– Une déclaration obligatoire auprès du registre de commerce sous 15 jours.
– Une fiscalité ajustée : imposition à 23% sur les plus-values, contre 19% auparavant.
Les micro-entreprises, cible prioritaire des aides publiques, bénéficient désormais d’un abattement de 50% sur les charges sociales pendant les 12 premiers mois d’activité. Cette mesure, couplée aux 100 000 DA d’aide aux « familles productives », vise à stimuler l’entrepreneuriat rural. Les critères d’éligibilité incluent :
– Un chiffre d’affaires annuel inférieur à 5 millions DA.
– Une activité dans l’agriculture, l’artisanat ou les services locaux.
Rapatriement des devises et investissements étrangers : règles précisées
La Banque d’Algérie a publié de nouvelles directives pour le rapatriement des devises issues des exportations hors hydrocarbures. Les entreprises doivent désormais :
– Déclarer les recettes sous 48 heures après encaisement.
– Utiliser des comptes devises dédiés, avec un plafond de 10% des fonds pouvant être conservés en Algérie pour réinvestissement.
– Payer une commission de 0,5% sur les transferts vers l’étranger.
Ces règles visent à limiter les fuites de capitaux tout en incitant à l’investissement local. Les secteurs concernés incluent :
– L’agroalimentaire (export de dattes, huile d’olive).
– Les textiles et cuirs (sous-traitance européenne).
– Les technologies (startups IT).
Pour les investisseurs étrangers, les transferts illégaux de fonds restent un risque, comme l’illustre le cas d’une entreprise algéro-émiratie mise en cause pour corruption, avec des flux financiers non déclarés estimés à plusieurs millions d’euros.
Aides et innovation : dispositifs ciblés et accompagnement
L’accélérateur DIANA (OTAN) a lancé un appel à projets pour les startups spécialisées en défense et sécurité, avec un budget de 5 millions d’euros pour les lauréats. Priorité aux solutions logicielles et cybersecurity, secteurs où l’Algérie cherche à combler son retard.
L’ANDEA recrute pour des postes liés au développement rural, tandis que l’ONG allemande HELP propose un contrat de 18 mois pour coordonner des projets d’entrepreneuriat féminin dans les zones frontalières.
Bilan factuel de la semaine
– 15 000 inscriptions au registre de commerce ambulant.
– 390 millions de centimes pour un camion TIRSAM local.
– 4 milliards de dollars pour le projet ferroviaire transmaghrébin, bloqué par la frontière marocaine.
– 100 000 DA d’aide aux micro-entreprises rurales.
– Nouvelles règles pour le rapatriement des devises : déclaration sous 48h, commission de 0,5%.
– 5 millions d’euros alloués par l’OTAN pour l’innovation en défense.
À retenir pour les entrepreneurs
Les inscriptions au registre de commerce ambulant progressent, avec 15 000 jeunes formalisés depuis 2023. Les aides aux micro-entreprises s’élèvent désormais à 100 000 DA pour les projets ruraux. Les exportateurs hors hydrocarbures doivent déclarer leurs recettes sous 48 heures pour rapatrier leurs devises.
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