L’Algérie et le Maroc au cœur d’une crise qui pèse sur l’économie
Les relations entre l’Algérie et le Maroc, déjà tendues depuis des décennies, connaissent une nouvelle escalade diplomatique cette semaine. Alors que les deux pays partagent une frontière de près de 1 500 kilomètres et des enjeux économiques majeurs, les tensions récentes risquent d’impacter directement les entrepreneurs des deux côtés, ainsi que la diaspora algérienne installée au Maroc.
D’après Le360, Alger a accusé Rabat et Abu Dhabi de soutenir des actions hostiles à l’encontre de l’Algérie. Ces accusations interviennent dans un contexte où les échanges commerciaux entre les deux pays restent à l’arrêt depuis la fermeture de la frontière en 1994. Selon l’APS, les flux informels entre les deux pays, estimés à plusieurs milliards de dollars par an, pourraient être perturbés davantage. Les entrepreneurs algériens opérant dans les régions frontalières, comme Tlemcen ou Béchar, risquent de subir des pertes financières importantes.
Des frontières fermées depuis 30 ans, un frein économique
La fermeture de la frontière terrestre entre l’Algérie et le Maroc, décidée en 1994, a gelé les échanges commerciaux directs. Pourtant, selon l’Office national des statistiques (ONS), les exportations algériennes vers le Maroc via des circuits parallèles dépassaient 300 millions de dollars en 2023. Ces échanges concernent principalement des produits agricoles, pharmaceutiques et des hydrocarbures. Une partie de ces transactions passe par des ports espagnols ou italiens, augmentant les coûts logistiques pour les entrepreneurs.
Les tensions actuelles pourraient aggraver cette situation. Les entreprises algériennes exportatrices, comme celles du groupe public SONATRACH, pourraient voir leurs coûts de transport augmenter. SONATRACH, qui exporte du gaz vers l’Europe via des gazoducs passant par le Maroc, pourrait aussi être affectée. Selon El Watan, les contrats d’exportation pourraient être réévalués, voire suspendus, en cas de dégradation des relations diplomatiques.
Un impact sur la diaspora algérienne au Maroc
La diaspora algérienne, forte d’environ 2 millions de personnes au Maroc, est également touchée par cette crise. Beaucoup d’entre eux travaillent dans le commerce, les services ou l’artisanat. Selon la Chambre de commerce de Casablanca, ces travailleurs envoient chaque année des centaines de millions de dollars en Algérie sous forme de transferts informels.
Avec la montée des tensions, les transferts pourraient devenir plus difficiles, voire risqués. Les banques des deux pays, déjà limitées dans leurs transactions, pourraient renforcer leurs contrôles. Les entrepreneurs de la diaspora, souvent impliqués dans des activités transfrontalières, pourraient voir leurs activités perturbées. Certains pourraient être contraints de fermer leurs commerces ou de rapatrier leurs fonds vers d’autres pays, comme la Tunisie ou l’Espagne.
Des opportunités pour les entrepreneurs algériens ?
Malgré ce contexte difficile, certains entrepreneurs algériens pourraient tirer parti de cette situation. La fermeture des frontières pourrait encourager le développement de filières alternatives, notamment via la Tunisie ou la Libye. Selon African Manager, les pays du Maghreb pourraient renforcer leur coopération pour sécuriser les frontières communes, ce qui pourrait ouvrir de nouvelles opportunités logistiques.
Les entreprises algériennes spécialisées dans le transport ou la logistique pourraient bénéficier de cette demande accrue. Par exemple, les sociétés comme Algeria Post ou des transporteurs privés pourraient voir leur activité augmenter. Cependant, ces opportunités restent limitées sans un cadre légal clair et une stabilité politique.
À retenir pour les entrepreneurs
Les tensions entre l’Algérie et le Maroc pourraient perturber les échanges commerciaux et les transferts financiers. Les entrepreneurs des deux pays devraient anticiper des coûts logistiques plus élevés et explorer des alternatives via d’autres pays du Maghreb. La diaspora algérienne au Maroc doit surveiller l’évolution des transferts bancaires pour éviter des blocages imprévus.
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