Aïn El Fouara menacé par l’urbanisation sauvage

La fontaine d’Aïn El Fouara, joyau historique de Sétif, subit les assauts d’un développement urbain anarchique qui met en péril son intégrité. Selon El Watan, ce monument emblématique, classé patrimoine national depuis 1997, est aujourd’hui cerné par des constructions illégales et un manque criant de mesures de préservation. Les autorités locales et les défenseurs du patrimoine tirent la sonnette d’alarme, mais les solutions tardent à se concrétiser.

Un symbole historique en péril

Des immeubles résidentiels et des commerces ont poussé à quelques mètres seulement de la fontaine, en violation des règles d’urbanisme. « Ces constructions illégales modifient le paysage historique et menacent la structure même du monument », déplore un architecte du patrimoine cité par El Watan. Les eaux usées des bâtiments voisins s’infiltrent dans le sol, risquant d’endommager les fondations de la fontaine. Par ailleurs, l’éclairage public défectueux et le manque d’entretien des abords favorisent les actes de vandalisme.

L’État et les collectivités locales pointés du doigt

Les associations locales, comme l’Association pour la protection du patrimoine sétifien (APPS), dénoncent une « négligence coupable ». « Nous avons alerté à plusieurs reprises sur la dégradation du site, mais aucune action concrète n’a été entreprise », affirme son président, Mohamed Khelifi. Les demandes de création d’une zone tampon autour du monument, pour empêcher toute construction à proximité, sont restées lettre morte.

Un enjeu national pour le patrimoine algérien

Pourtant, ces sites constituent une richesse inestimable. Ils sont non seulement des témoins de l’histoire du pays, mais aussi des leviers économiques et touristiques. Aïn El Fouara, par exemple, pourrait devenir un pôle d’attraction majeur si elle était intégrée à un circuit touristique structuré. « Un patrimoine bien préservé attire des visiteurs, crée des emplois et dynamise l’économie locale », souligne un expert en tourisme culturel.

Quelles solutions pour sauver Aïn El Fouara ?

La seconde piste est la sensibilisation. Les habitants et les commerçants doivent prendre conscience de l’importance du monument. Des campagnes d’information, des visites guidées et des ateliers pédagogiques pourraient être organisés pour impliquer la population dans sa préservation.

Enfin, un partenariat public-privé pourrait être mis en place pour financer la restauration et l’aménagement des abords. Des entreprises locales ou des mécènes pourraient contribuer, en échange de contreparties fiscales ou de visibilité. Cette approche a fait ses preuves dans d’autres pays, comme au Maroc avec la médina de Fès.

Un test pour la politique patrimoniale algérienne

Les prochains mois seront décisifs. Les défenseurs du patrimoine espèrent que les promesses récentes du ministère de la Culture, qui a annoncé un plan de sauvegarde des sites historiques, se traduiront par des actions concrètes. Pour Aïn El Fouara, le temps presse. Chaque jour sans intervention rapproche un peu plus ce symbole de la disparition.

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