L’Algérie renforce son dispositif militaire tout en ciblant les réseaux criminels transfrontaliers. Cette semaine, le ministère de la Défense a annoncé l’ouverture de l’exercice naval multilatéral « PHOENIX EXPRESS 26 », tandis que les douanes et l’ANP ont saisi plus de 3 kg de cocaïne à Oran. Ces opérations s’inscrivent dans une stratégie globale visant à sécuriser les frontières et les flux économiques, un enjeu crucial pour les entrepreneurs locaux et la diaspora.
Sécurité maritime et coopération internationale
Le ministère de la Défense a confirmé cette semaine le lancement de « PHOENIX EXPRESS 26 », un exercice naval multilatéral réunissant plusieurs pays méditerranéens. Selon Nessma TV, cette manœuvre vise à améliorer la coordination entre les marines militaires pour lutter contre les trafics illicites, la migration irrégulière et les menaces asymétriques. Pour les entrepreneurs algériens, cette initiative renforce la stabilité régionale, un facteur clé pour les investissements étrangers et les échanges commerciaux.
Les ports algériens, notamment celui d’Oran, sont des hubs stratégiques pour les échanges avec l’Europe et l’Afrique subsaharienne. Une sécurité maritime renforcée réduit les risques de piraterie et de contrebande, deux fléaux qui pèsent sur les coûts logistiques. Les entreprises locales spécialisées dans l’import-export, comme celles du secteur agroalimentaire ou des technologies, pourraient ainsi bénéficier d’une baisse des primes d’assurance et d’une accélération des délais de livraison.
Lutte contre les trafics et impact économique
Cette semaine encore, les douanes et l’ANP ont démantelé un réseau de trafic de cocaïne à Oran, saisissant plus de 3 kg de drogue. Selon Horizons, cette opération s’inscrit dans une série de mesures contre les narcotrafiquants, dont un autre narcotrafiquant a été neutralisé à Tamanrasset il y a quelques jours, d’après l’Édition algérienne. Ces actions visent à couper les circuits de financement du crime organisé, qui perturbent l’économie légale.
Pour les entrepreneurs, ces trafics représentent un coût indirect : corruption des fonctionnaires, hausse des prix des matières premières contrôlées par les réseaux criminels, et perte de crédibilité des institutions. Une économie souterraine florissante se traduit par une concurrence déloyale pour les PME et les startups. En 2025, l’Algérie a intensifié ses contrôles aux frontières, notamment avec le Mali et la Libye, deux zones où les flux illicites sont les plus actifs.
Cyberdéfense et protection des entreprises
Le cyberespace est devenu une nouvelle ligne de front, comme le souligne El Moudjahid. Piratage, trolls et guerre de l’information menacent désormais les entreprises locales. Les startups algériennes, souvent vulnérables face aux cyberattaques, doivent intégrer des protocoles de sécurité renforcés. L’ANP collabore avec des partenaires internationaux pour former des spécialistes en cybersécurité, un secteur en plein essor.
Les entrepreneurs algériens, en particulier ceux du numérique, doivent anticiper ces risques. Selon des experts, une cyberattaque peut coûter jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires annuel d’une PME. Les incubateurs comme ceux de l’Agence nationale de valorisation des résultats de la recherche (ANVREDET) commencent à proposer des formations en cybersécurité, mais leur portée reste limitée.
Diaspora et transferts d’argent
L’armée algérienne joue aussi un rôle indirect dans la stabilité économique en sécurisant les routes des transferts de fonds de la diaspora. Ces flux, estimés à plusieurs milliards de dollars par an, sont vitaux pour l’économie nationale. En luttant contre les trafics et la corruption, l’État rassure les investisseurs et les travailleurs expatriés, encourageant ainsi les remises de fonds vers les projets locaux.
Les entrepreneurs de la diaspora, notamment ceux installés en France ou au Canada, peuvent désormais investir en Algérie avec plus de confiance. Les secteurs porteurs comme les énergies renouvelables, les technologies vertes ou l’agribusiness bénéficient de ces capitaux. Cependant, les lourdeurs administratives et les délais de rapatriement des bénéfices restent des freins majeurs.
À retenir pour les entrepreneurs
La sécurisation des frontières et des flux économiques par l’ANP réduit les coûts logistiques et sécuritaires. Les entrepreneurs doivent surveiller les opportunités offertes par les exercices navals régionaux et les formations en cybersécurité. La diaspora peut jouer un rôle clé en investissant dans des secteurs stratégiques, à condition que les réformes administratives suivent.
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