Mécanismes de corruption partagés
Selon Orient XXI, les systèmes de corruption en Algérie et en Irak reposent sur des mécanismes similaires : l’instrumentalisation des institutions pour des intérêts privés. En Algérie, la Sonatrach, géant pétrolier national, sert de terrain privilégié à ces pratiques. L’ancien ministre de l’Énergie et des Mines, Mohamed Arkab, a dénoncé en 2021 des « réseaux de corruption » au sein de l’entreprise. Ces réseaux, selon lui, impliquent des cadres et des intermédiaires qui surfacturent des contrats ou détournent des fonds publics.
En Irak, la corruption touche davantage les secteurs des infrastructures et de la reconstruction. L’ancien premier ministre Adel Abdel Mahdi a reconnu en 2019 que des milliards de dollars avaient été détournés dans des projets de reconstruction après la guerre contre Daech. Ces fonds, destinés à relancer l’économie, ont souvent été siphonnés par des responsables politiques et des entreprises fantômes.
Rôle des intermédiaires et des "facilitateurs"
Les deux pays partagent un même schéma : l’utilisation d’intermédiaires ou de « facilitateurs » pour contourner les procédures légales. En Algérie, ces intermédiaires, souvent appelés « conseillers » ou « consultants », agissent comme des relais entre les entreprises et les décideurs. Selon Orient XXI, ces acteurs exigent des commissions pouvant atteindre 10 à 15 % du montant des contrats.
En Irak, ces pratiques sont encore plus systématiques. Les contrats publics sont souvent attribués à des entreprises liées à des hommes politiques ou à des milices. Par exemple, le projet de reconstruction de la ville de Mossoul, estimé à 1 milliard de dollars, a été marqué par des surfacturations massives et des détournements.
Impact sur les entrepreneurs algériens
Pour les entrepreneurs algériens, ces pratiques représentent un frein majeur à la compétitivité. Les PME locales, qui ne peuvent pas rivaliser avec les commissions exigées par les intermédiaires, sont souvent exclues des appels d’offres publics. En 2020, selon la Banque mondiale, seulement 12 % des contrats publics en Algérie étaient attribués à des PME nationales.
Les start-up innovantes, souvent porteuses de solutions pour moderniser l’économie, sont particulièrement touchées. En 2021, le ministre de la Poste et des Télécommunications, Karim Bibi Triki, a alerté sur les difficultés des entrepreneurs du numérique à accéder aux marchés publics en raison des « obstacles bureaucratiques et des corruptibles ».
Diaspora algérienne et opportunités perdues
La diaspora algérienne, qui représente près de 10 % de la population, pourrait jouer un rôle clé dans l’économie nationale. Pourtant, les opportunités sont limitées par la corruption. Des entrepreneurs de la diaspora, souhaitant investir en Algérie, se heurtent à des exigences de pots-de-vin ou à des procédures opaques.
En Irak, la diaspora irakienne a tenté de contourner ces obstacles en créant des entreprises offshore. Mais ces initiatives restent marginales en raison de la méfiance des autorités locales. En Algérie, des initiatives comme le programme « Algérie Startup » visent à attirer les entrepreneurs de la diaspora, mais leur succès dépendra de la capacité à réduire la corruption.
À retenir pour les entrepreneurs
Les entrepreneurs doivent exiger des appels d’offres transparents et des garanties contre les surfacturations. Les start-up innovantes peuvent se tourner vers les marchés privés ou les partenariats internationaux pour contourner les obstacles. La lutte contre la corruption reste un levier essentiel pour libérer le potentiel économique de l’Algérie.
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