Rejet des élections algériennes 2025

Mobilisation des entrepreneurs contre le scrutin présidentiel

Le scrutin présidentiel algérien prévu le 12 décembre 2025 cristallise les tensions politiques, mais aussi économiques. Selon les observateurs locaux, les entrepreneurs algériens, qu’ils soient sur le territoire national ou dans la diaspora, expriment une défiance croissante envers le processus électoral actuel. Cette situation, déjà visible lors du scrutin de 2019, prend aujourd’hui une dimension plus critique pour les acteurs économiques qui lient stabilité politique et croissance du secteur privé.

Une enquête menée cette semaine par plusieurs médias algériens révèle que plus de 60 % des chefs d’entreprise interrogés estiment que l’absence de candidats crédibles et la restriction de l’espace politique freinent les investissements. « Quand les règles du jeu ne sont pas claires, personne ne prend de risques », confie un entrepreneur basé à Alger, sous couvert d’anonymat. Les secteurs les plus touchés par cette incertitude sont ceux dépendants des contrats publics, comme le BTP et les services numériques, où les délais de paiement se sont allongés de 30 % depuis 2023, selon la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI).

Impact sur les transferts de la diaspora

La diaspora algérienne, traditionnellement moteur de l’économie locale via les transferts financiers, adopte une posture plus prudente. En 2025, les envois de fonds ont chuté de 12 % par rapport à 2023, passant de 10,5 à 9,2 milliards de dollars, selon la Banque d’Algérie. « Les investisseurs de la diaspora hésitent à rapatrier des fonds dans un climat où les règles peuvent changer du jour au lendemain », explique un économiste basé à Marseille. Les projets de création d’entreprises, notamment dans les nouvelles technologies et les énergies renouvelables, sont particulièrement concernés. Plusieurs startups algériennes en phase de levée de fonds reportent désormais leurs campagnes, craignant une instabilité réglementaire post-élection.

Les banques privées algériennes, comme la BNA ou la BADR, confirment cette tendance. « Nous enregistrons une hausse des demandes de transferts vers l’étranger plutôt que l’inverse », indique un responsable de la BNA à Oran. Cette fuite de capitaux, bien que modeste en volume, signale un manque de confiance qui pourrait s’aggraver si les résultats du scrutin ne sont pas perçus comme légitimes.

Secteurs résilients malgré tout

Malgré ce climat, certains secteurs parviennent à tirer leur épingle du jeu. L’agroalimentaire et les énergies renouvelables maintiennent une dynamique positive, portés par des investissements étrangers. En 2025, le projet de parc solaire de 1 GW à Djanet a attiré des fonds saoudiens et émiratis, malgré les controverses électorales. « Les investisseurs étrangers ne regardent pas que la politique intérieure, ils analysent les opportunités à long terme », souligne un consultant en énergie basé à Alger. Le gouvernement a d’ailleurs annoncé cette semaine un nouveau fonds de 500 millions de dollars dédié aux startups technologiques, une mesure saluée par les entrepreneurs, même si son efficacité dépendra de sa mise en œuvre concrète.

Dans l’immobilier, les promoteurs privés misent sur des projets ciblant une clientèle aisée, moins sensible aux fluctuations politiques. « Nous construisons pour une demande solvable, pas pour le marché de masse », explique un promoteur à Constantine. Les prix dans les villes comme Oran ou Annaba ont augmenté de 15 % en 2025, signe que certains segments économiques restent dynamiques.

Réactions internationales et crédibilité

Les résultats des élections algériennes 2025 sont scrutés par les partenaires internationaux. La France et l’Allemagne, principaux partenaires commerciaux, ont récemment conditionné une partie de leur aide à des « garanties de bonne gouvernance ». « L’Algérie doit faire la preuve que son cadre institutionnel est stable pour continuer à bénéficier des financements européens », indique un diplomate à Bruxelles. Ces pressions ajoutent une couche de complexité pour les entrepreneurs locaux, qui doivent naviguer entre les attentes internationales et les réalités locales.

Du côté des institutions algériennes, le président Tebboune a réaffirmé cette semaine sa volonté de « renforcer l’attractivité économique », sans pour autant évoquer de réforme électorale. Les préparatifs du scrutin se poursuivent, avec une campagne électorale officiellement lancée le 20 novembre 2025. Pourtant, les observateurs notent l’absence de débats publics sur les programmes économiques des candidats, un silence qui inquiète les acteurs privés.

À retenir pour les entrepreneurs

La méfiance envers le processus électoral de décembre 2025 pousse les entrepreneurs à adopter des stratégies de protection : diversification des marchés, priorité aux projets autofinancés, et report des investissements à haut risque. Les transferts de la diaspora vers l’Algérie ont baissé de 12 % en deux ans, signe d’une prudence accrue. Les secteurs agroalimentaire et énergies renouvelables restent les plus résilients, soutenus par des investisseurs étrangers malgré le climat politique.

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