Contexte général
La semaine a été marquée par des annonces fiscales en Algérie et en Tunisie, des initiatives de la diaspora pour le développement local, des contrôles accrus sur les arrêts de travail et une valorisation du patrimoine industriel par l’ANADE. Les entrepreneurs doivent suivre ces évolutions pour adapter leurs stratégies.
Fiscalité : Assad confirme l’année 2024 sous tension, la Tunisie prépare une amnistie en 2025
Le ministre des Finances algérien, Abderahmane Raouya, a évoqué une année 2024 « sous pression fiscale » lors d’une réunion avec les inspections régionales des impôts. Les entreprises ont subi 12 500 contrôles fiscaux en 2023, selon les dernières statistiques du ministère, avec un taux de redressement moyen de 18 % sur les vérifications complètes. Les secteurs les plus ciblés restent le commerce de gros, la construction et les services aux entreprises.
En parallèle, la Tunisie prépare une amnistie fiscale pour 2025, avec des conditions similaires à celle de 2022 : régularisation des revenus non déclarés pour les particuliers et les entreprises, avec un taux de régularisation fixé à 10 % du montant éludé pour les professionnels. Les entrepreneurs algériens exportateurs vers la Tunisie pourraient être concernés par cette mesure, notamment pour les transactions en devises.
Chiffres clés :
– 12 500 contrôles fiscaux en Algérie en 2023
– Taux de redressement moyen : 18 %
– Amnistie tunisienne 2025 : taux de régularisation à 10 %
Freelance : La solution des cartes bancaires virtuelles pour recevoir depuis l’Afrique
Un guide publié cette semaine détaille les étapes pour créer une carte bancaire virtuelle permettant de recevoir des paiements via mobile money en Afrique. Les freelances algériens travaillant pour des clients africains (Nigeria, Côte d’Ivoire, Sénégal) peuvent désormais contourner les restrictions locales de transfert. Les plateformes recommandées (Wave, Orange Money) imposent des frais de 1 à 2 % par transaction, avec des plafonds de 500 000 à 1 million de dinars par mois selon les pays.
Détails pratiques :
– Frais : 1 à 2 % par transaction
– Plafond mensuel : 500 000 à 1 million DZD
– Compatible avec les banques locales (BNA, BDL, BEA)
Registre de commerce : Sanctions accrues pour les entreprises non conformes
Zahir Bettache, directeur des éditions Pro Cible, a rappelé lors d’un entretien au Jeune Indépendant que les entreprises violant la législation sur le registre de commerce encourent des sanctions allant jusqu’à 500 000 DZD d’amende et la suspension de leur activité pour une durée maximale de 6 mois. Les manquements les plus fréquents concernent l’absence de mise à jour annuelle du statut juridique ou l’exercice d’une activité non conforme à l’objet social déclaré.
Sanctions précises :
– Amende : jusqu’à 500 000 DZD
– Suspension : jusqu’à 6 mois
– Contrôles renforcés depuis 2023 (+22 % par rapport à 2022)
Diaspora entrepreneuriale : Investissements locaux et lacunes persistantes
Trois communes rurales illustrent des dynamiques contrastées de la diaspora dans le développement local :
– Boussouma (wilaya de Bordj Bou Arreridj) : La diaspora finance des projets agricoles (serres solaires, stockage frigorifique) à hauteur de 150 millions DZD depuis 2021, selon la commune. Deux coopératives laitières ont été créées avec un apport de 40 millions DZD.
– Tlemcen : La Sonelgaz investit 250 millions DZD dans des mini-réseaux électriques pour 18 villages isolés, avec un appui logistique de la diaspora via des associations locales.
– Aïn-el-Melh (M’sila) : Les insuffisances en infrastructures (routes, eau potable) sont pointées du doigt par les élus locaux, malgré les fonds alloués par l’État (120 millions DZD en 2024).
Montants engagés :
– Boussouma : 150 millions DZD (diaspora)
– Tlemcen : 250 millions DZD (Sonelgaz)
– Aïn-el-Melh : 120 millions DZD (État)
SARL : Lutte contre les arrêts de travail "de complaisance" et parcours d’un jeune ministre
Le gouvernement a annoncé un renforcement des contrôles sur les arrêts maladie, avec un objectif de réduction de 30 % des abus d’ici fin 2024. Les entreprises peuvent désormais signaler les cas suspects via une plateforme dédiée de la CNAS, avec un délai de traitement de 5 jours ouvrés. Les fraudes identifiées concernent principalement les secteurs du BTP et du commerce.
Par ailleurs, le plus jeune ministre du gouvernement, âgé de 36 ans, a détaillé son parcours : ancien entrepreneur dans les énergies renouvelables (50 salariés en 2020), il a vendu son entreprise pour rejoindre l’administration en 2022. Son programme actuel inclut un volet sur la simplification des démarches pour les SARL.
Données :
– Cible des contrôles : BTP et commerce
– Plateforme CNAS : délai de traitement de 5 jours
– Nombre de signalements en 2023 : 2 800
Financement PME : Nouveaux thèmes pour les investissements alternatifs en 2026
Trois thèmes majeurs devraient influencer les levées de fonds pour les PME en 2026 :
1. Transition énergétique : Les fonds d’investissement publics (Fonds de participation, Fonds Soummam) ciblent 150 millions USD pour les startups green tech.
2. Agroalimentaire durable : Le Fonds de garantie des PME (FGAR) a alloué 1 milliard DZD pour les projets certifiés bio.
3. Tech & services : Les business angels algériens ont investi 800 millions DZD en 2023, avec une croissance de 15 % par an depuis 2020.
Chiffres :
– Transition énergétique : 150 millions USD ciblés
– Agroalimentaire : 1 milliard DZD (FGAR)
– Tech : 800 millions DZD investis (2023)
Capital investissement : Le Maroc progresse, l’Algérie reste en retrait
Le Maroc a lancé en 2024 un fonds souverain dédié aux startups (Ithmar Capital), avec un capital initial de 5 milliards MAD (450 millions EUR). Ce fonds cible les secteurs de la fintech, de la santé et des énergies renouvelables, avec des tickets d’investissement allant de 10 à 50 millions MAD. En Algérie, aucun fonds souverain équivalent n’a été annoncé, malgré les discussions en cours depuis 2021.
Comparaison :
– Maroc : 5 milliards MAD (450 M EUR) pour les startups
– Algérie : Aucun fonds souverain annoncé
ANADE : Valorisation du patrimoine et salons internationaux
L’Algérie a mis en avant son savoir-faire artisanal lors de deux événements :
– Salon international de la production artisanale (26ᵉ édition) : 1 200 exposants, dont 30 % de femmes, avec un chiffre d’affaires estimé à 1,5 milliard DZD sur 5 jours.
– Salon Artigiano in Fiera (Milan) : 45 artisans algériens ont participé, générant des commandes à l’export pour 2,3 millions EUR.
Données :
– Salon artisanat Algérie : 1 200 exposants, 1,5 Md DZD de CA
– Salon Milan : 45 artisans, 2,3 M EUR de commandes
CNRC : Usine Sinotruk à Batna et gestion des déchets
Sinotruk a annoncé un investissement de 300 millions USD dans son usine de Batna (Tirsam), pour une capacité de production de 10 000 camions/an d’ici 2026. Parallèlement, 4 080 entreprises sont actives dans la gestion des déchets en Algérie, selon le ministère de l’Environnement, avec un marché évalué à 12 milliards DZD en 2024.
Chiffres :
– Sinotruk Batna : 300 M USD, 10 000 camions/an
– Entreprises déchets : 4 080, marché à 12 Md DZD
ANGEM : Protection civile dans le top 10 mondial, mais risques industriels persistants
Une étude de Harvard classe la Protection civile algérienne à la 10ᵉ place mondiale pour son efficacité opérationnelle, avec un budget de 18 milliards DZD en 2024. Cependant, l’Algérie compte toujours 12 sites classés « Seveso » (risque chimique), selon l’ANDE. Parmi eux, une usine de pesticides à Annaba et un complexe pétrochimique à Skikda.
Données :
– Protection civile : 10ᵉ mondiale, budget 18 Md DZD
– Sites Seveso : 12, dont Annaba et Skikda
Bilan de la semaine
– Fiscalité : Contrôles accrus en Algérie, amnistie en Tunisie pour 2025.
– Freelance : Solutions de cartes virtuelles pour les paiements africains.
– Registre de commerce : Sanctions renforcées pour les entreprises non conformes.
– Diaspora : Investissements contrastés selon les wilayas.
– SARL : Lutte contre les arrêts maladie abusifs et profil d’un jeune ministre entrepreneur.
– Financement PME : Trois thèmes clés pour 2026 (énergie, agroalimentaire, tech).
– Capital investissement : Le Maroc avance, l’Algérie reste en attente.
– ANADE : Succès à l’export pour l’artisanat.
– CNRC : Sinotruk à Batna et secteur des déchets en croissance.
– ANGEM : Protection civile distinguée, mais risques industriels maintenus.
À retenir pour les entrepreneurs
Les entrepreneurs doivent anticiper les contrôles fiscaux accrus en Algérie et surveiller les opportunités en Tunisie. Les solutions de paiement via mobile money pour l’Afrique se multiplient, avec des
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