Le fléau des arrêts maladie frauduleux pèse sur l'économie
En Algérie, les arrêts de travail abusifs coûtent des centaines de millions de dinars chaque année à l’État et aux entreprises. Récemment, des voix se sont élevées pour dénoncer ce phénomène qui touche particulièrement les secteurs public et parapublic. Selon des sources proches du ministère de la Santé, ces abus concerneraient jusqu’à 15 % des certificats médicaux délivrés chaque mois dans certaines wilayas. Pour les entrepreneurs, privés comme publics, cette situation représente un manque à gagner colossal, sans parler des perturbations organisationnelles.
Un système à bout de souffle
Les arrêts de complaisance, souvent appelés « arrêts de complaisance », se multiplient depuis la fin des restrictions sanitaires liées au Covid-19. Des médecins de wilaya de Tizi Ouzou ont confirmé à la radio nationale que certains salariés sollicitent des arrêts de quelques jours, voire de quelques semaines, pour des motifs parfois douteux. « On reçoit des patients qui viennent avec des certificats déjà rédigés, sans même avoir été examinés », a révélé un généraliste d’Alger.
Le système actuel repose sur la confiance accordée aux médecins du secteur public, mais les failles sont nombreuses. Les caisses de sécurité sociale, comme la CNR, enregistrent des dépenses en hausse constante. En 2024, les indemnités journalières versées pour maladie ont dépassé les 300 milliards de dinars, un chiffre en augmentation de 8 % par rapport à 2023. Pour les petites et moyennes entreprises (PME), ces coûts indirects pèsent lourd dans la balance financière.
Les solutions envisagées par les autorités
Le gouvernement algérien a annoncé cette semaine un projet de loi visant à durcir les contrôles sur les certificats médicaux. Selon le ministère du Travail, les employeurs pourront désormais contester les arrêts de travail via une plateforme numérique dédiée. « Nous allons mettre en place un système de vérification systématique avec les services de santé régionaux », a déclaré le ministre.
Des sanctions sont aussi prévues pour les médecins complices. Le conseil de l’ordre des médecins a été saisi pour renforcer les sanctions déontologiques. Pour les entrepreneurs, cette réforme pourrait réduire les absences prolongées, mais son efficacité dépendra de sa mise en œuvre rapide.
Impact sur les entreprises et la productivité
Les PME algériennes, déjà fragilisées par la hausse des coûts, subissent de plein fouet ces absences non justifiées. À Constantine, un patron de TPE dans le BTP a perdu 12 jours ouvrés en trois mois à cause d’un salarié en arrêt maladie douteux. « Cela coûte cher en heures supplémentaires et en recrutement temporaire », explique-t-il.
Dans le secteur public, les retards de paiement des indemnités sont aussi un problème. La CNR a reconnu des délais de traitement dépassant parfois trois mois pour certains dossiers. Pour les entrepreneurs de la diaspora investissant en Algérie, cette situation renforce l’image d’un marché difficile à sécuriser.
La diaspora face aux risques économiques
Les entrepreneurs algériens de l’étranger, souvent impliqués dans des projets locaux, s’inquiètent de ces dysfonctionnements. « Quand un partenaire local a des absences répétées, cela impacte directement notre chiffre d’affaires », témoigne un investisseur basé à Marseille.
Le gouvernement mise sur la digitalisation pour améliorer la transparence. Une application mobile permettra bientôt aux employeurs de vérifier en temps réel la validité d’un arrêt maladie. Mais pour les entrepreneurs, la confiance dans le système reste à reconstruire.
À retenir pour les entrepreneurs
Les arrêts maladie frauduleux coûtent des centaines de millions de dinars annuellement à l’économie algérienne. Les réformes annoncées par le ministère du Travail pourraient réduire les abus, mais leur application reste à surveiller. Les entrepreneurs doivent exiger des contrôles stricts dans leurs entreprises pour limiter l’impact financier.
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