Cette semaine, le site spécialisé TSA a révélé que les trois premiers investisseurs étrangers en Algérie pour l’année 2024 proviennent du Golfe. Les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et le Qatar concentrent à eux seuls près de 60 % des investissements directs étrangers (IDE) enregistrés dans le pays. Un chiffre qui marque un tournant dans la stratégie économique algérienne, jusqu’ici dépendante des partenariats européens et, dans une moindre mesure, asiatiques.
Des secteurs clés ciblés par les capitaux du Golfe
Ces investissements s’inscrivent dans une dynamique plus large : celle d’une diversification des partenariats économiques de l’Algérie, qui cherche à réduire sa dépendance aux hydrocarbures. Le ministre de l’Économie, Laaziz Faid, a d’ailleurs souligné lors d’un forum économique à Dubaï en juin 2024 que « l’Algérie offre des opportunités uniques dans les secteurs non pétroliers, avec un cadre juridique attractif pour les investisseurs du Golfe ».
Un cadre juridique en évolution, mais des défis persistants
Cependant, des obstacles subsistent. Les entrepreneurs algériens et les investisseurs étrangers pointent régulièrement la lenteur des procédures administratives et l’opacité de certains appels d’offres. Un rapport de la Banque mondiale publié en 2023 classe l’Algérie au 169e rang mondial pour la facilité à faire des affaires, derrière des pays comme la Tunisie (79e) ou le Maroc (53e). « Les investisseurs du Golfe ont les moyens de contourner ces difficultés, mais pour les PME algériennes ou les start-up, c’est un frein majeur », explique un consultant en stratégie basé à Alger.
La diaspora algérienne, un relais sous-exploité
Pour inverser cette tendance, le gouvernement a lancé en 2024 un fonds d’investissement dédié à la diaspora, doté de 500 millions de dollars. L’objectif : financer des projets dans les secteurs de la technologie, l’agroalimentaire et les énergies vertes. « C’est une bonne initiative, mais il faut aller plus loin en simplifiant les démarches pour les entrepreneurs de la diaspora et en leur offrant des garanties juridiques », estime un membre de l’Association des entrepreneurs algériens de France.
Une concurrence régionale qui s’intensifie
Pour l’Algérie, le défi est double : attirer davantage d’IDE tout en les orientant vers des secteurs créateurs d’emplois et de valeur ajoutée. « Les investissements du Golfe sont une opportunité, mais ils ne suffiront pas à transformer l’économie algérienne. Il faut aussi miser sur l’innovation et les PME locales », analyse un expert en développement économique.
À retenir pour les entrepreneurs
Les investissements du Golfe en Algérie se concentrent sur l’énergie, l’immobilier et les infrastructures, avec des opportunités pour les sous-traitants locaux. Les réformes fiscales récentes offrent des avantages, mais les lourdeurs administratives restent un frein. La diaspora algérienne dispose d’un fonds dédié pour investir dans les secteurs innovants, mais les démarches doivent être simplifiées pour en maximiser l’impact.
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