Des modèles de réussite féminins inspirants
L’Algérie compte aujourd’hui des figures féminines qui redéfinissent les codes de l’entrepreneuriat local. Selon L’Expression, des femmes comme Souad Bendjebbour, Louisa Hanoune et Fatma Zohra Zamoum incarnent cette dynamique entrepreneuriale, marquant durablement l’économie nationale.
Souad Bendjebbour, fondatrice de Bendjebbour Group, a bâti un empire dans les services financiers et l’immobilier. Son parcours illustre comment l’éducation et l’accès aux réseaux influencent la réussite entrepreneuriale. Son entreprise, qui emploie plus de 200 personnes, montre que les secteurs traditionnellement masculins peuvent être investis avec succès par des femmes.
De son côté, Louisa Hanoune, figure historique de la politique algérienne, a aussi marqué l’économie à travers son engagement pour l’égalité des chances. Son influence dépasse le cadre strictement économique, mais son action a ouvert des portes pour les entrepreneures algériennes.
Fatma Zohra Zamoum, spécialiste des énergies renouvelables, a lancé des projets dans le solaire photovoltaïque. Son entreprise, basée à Ouargla, emploie une trentaine de personnes et cible les zones rurales mal desservies par le réseau électrique. Son modèle économique combine rentabilité et impact social, un équilibre crucial pour les entrepreneurs algériens.
L'éducation et l'accès aux financements restent des leviers clés
L’accès à l’éducation joue un rôle fondamental dans cette transformation. Selon L’Expression, les femmes entrepreneures algériennes sont de plus en plus diplômées, avec près de 60 % ayant un niveau d’études supérieur à bac+3. Cette formation leur permet de naviguer dans des secteurs complexes comme la tech, la finance ou l’énergie.
Cependant, l’accès aux financements reste un défi persistant. Les femmes entrepreneures algériennes obtiennent en moyenne 15 % de prêts bancaires en moins que leurs homologues masculins, selon des données de la Banque d’Algérie. Cette inégalité de traitement limite leur capacité à développer des projets à grande échelle.
Des initiatives comme ANSEJ (Agence Nationale de Soutien à l’Emploi des Jeunes) et CNAPE (Caisse Nationale d’Allocations aux Personnes Handicapées) ont tenté de lever ces barrières. Pourtant, leur impact reste inégal, notamment dans les régions éloignées où les formalités bancaires sont plus complexes.
La diaspora algérienne, un moteur d'innovation
La diaspora joue un rôle croissant dans l’écosystème entrepreneurial algérien. Des femmes comme Nadia Tizi, installée en France, ont lancé des startups dans le numérique et l’agroalimentaire, en partenariat avec des partenaires locaux. Son projet, basé à Annaba, a bénéficié d’un financement mixte (diaspora + investisseurs locaux), montrant la complémentarité possible entre ces deux écosystèmes.
Un autre exemple est Samira Bendali, qui a créé une plateforme de formation en ligne pour les entrepreneurs algériens, ciblant les jeunes et les femmes en zones rurales. Son modèle repose sur des partenariats avec des universités et des incubateurs comme Start-Up Your Life à Alger.
Ces initiatives prouvent que la diaspora peut être un pont entre l’Algérie et les marchés internationaux, facilitant l’accès à des technologies et des financements absents localement.
Un écosystème en mutation
Les institutions algériennes commencent à reconnaître l’importance de ces entrepreneures. Le Ministère de la Solidarité Nationale et de la Famille a récemment lancé un fonds dédié aux projets portés par des femmes, avec un budget de 500 millions de dinars pour 2026.
Les zones industrielles comme Sidi Abdallah (près d’Alger) ou Boumerdès voient émerger des incubateurs dédiés aux femmes, comme Women’s Entrepreneurship Center à Constantine.
Ces évolutions montrent que l’Algérie entre dans une phase où l’entrepreneuriat féminin n’est plus une exception, mais une composante essentielle de son développement économique.
À retenir pour les entrepreneurs
Les entrepreneures algériennes représentent 30 % des créations d’entreprises, un chiffre en hausse de 5 points depuis 2020. Les secteurs porteurs pour elles sont l’éducation, les énergies renouvelables et les services financiers. Le taux de survie des entreprises féminines atteint 65 % après trois ans, contre 55 % pour les entreprises masculines.
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